Offrez un coup d’avance à vos collaborateurs

Transports - Auto

La SNCF et la RATP prêtes à privatiser Systra

Les deux groupes publics voulaient faire entrer un investisseur minoritaire dans leur filiale d’ingénierie, dédiée à la conception des réseaux de métro et de train . Mais le peu d’appétit des candidats les incite à lâcher le contrôle.

Photo
JEWEL SAMAD / AFP

Le scénario d’une vraie privatisation est-il en train de se préciser pour Systra ? Spécialisée dans la conception de réseaux de transport en commun en France comme à l’étranger, la filiale d’ingénierie de la SNCF et de la RATP cherchait initialement à faire grimper à son capital un fonds prêt à prendre une participation minoritaire, comme l’Informé l’avait déjà révélé il y a un an. Mais la perspective de coexister avec deux entreprises publiques majoritaires n’a pas déchaîné les passions, chez les acteurs du private equity, même si quelques-uns ont montré des marques d’intérêt... Les deux actionnaires publics, qui détiennent aujourd’hui chacun 43 % de l’entreprise, ont décidé de jouer la carte du pragmatisme : selon plusieurs sources, ils sont désormais prêts à céder une part majoritaire du capital, histoire d’attirer plus de candidats. En possession des 14 % restants, BNP Paribas, Société Générale, le Crédit Agricole et Natixis devraient sortir du tour de table.

Le schéma testé précédemment par Nomura - la banque qui pilote les négociations - prévoyait déjà de conférer des droits prépondérants au futur investisseur sur quelques sujets. « Mais les choses évoluent vers un montage plus clair, où le nouvel actionnaire hériterait d’une vraie position de contrôle », glisse un acteur au faîte des négociations. Contacté par l’Informé, le groupe d’ingénierie confirme de son côté être toujours à la recherche d’un actionnaire « complémentaire », ajoutant que « la part qu’il aurait au capital de Systra n’est pas encore définie ». La SNCF, elle, ne souhaite pas faire de commentaires tandis que la RATP n’a pas donné suite à nos sollicitations.

Si la cession d’une entreprise détenue directement par l’Etat doit être approuvée par une loi, la vente d’une participation majoritaire dans une filiale d’entreprise publique n’a besoin que d’une simple autorisation préalable de Bercy. Les choses pourraient donc aller vite, ce qui ne serait pas pour déplaire à Systra. Car la société s’est mise en quête d’un nouvel actionnaire pour peser face à ses concurrents internationaux et elle trépigne. Sans attendre d’être fixé sur l’évolution de son capital, cet été, le groupe a racheté au canadien SNC Lavalin ses activités d’ingénierie de gestion de projets dans les pays scandinaves, pour une valorisation proche des 100 millions d’euros. L’opération est venue renforcer un peu plus ses positions à l’étranger, sachant qu’il y a généré 74 % de son activité en 2022 - le Royaume-Uni étant même devenu son premier marché devant la France. Systra pourrait bien tutoyer le milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2023, après avoir généré 900 millions d’euros de revenus l’année dernière, pour un Ebitda de 76 millions d’euros et un résultat d’exploitation de 40 millions d’euros.