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Transports - Auto

Systra avance doucement vers l’ouverture de son capital

Le groupe d’ingénierie dédié aux réseaux urbains et ferroviaires recherche un acteur financier prêt à devenir actionnaire minoritaire. Ce dernier devra composer avec une SNCF et une RATP qui souhaitent conserver le contrôle.

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PHILIPPE ROY / Aurimages via AFP

Le mouvement n’a rien d’anodin pour une entreprise dont deux entités publiques - la RATP et la SNCF - se partagent 86 % du capital à parité : en 2023, Systra compte s’allier à un nouvel actionnaire, de nature financière, comme l’avait déjà évoqué La Lettre A cet été. Selon nos informations, le groupe d’ingénierie dédié aux réseaux de transports urbains et ferroviaires explore l’ouverture d’une participation minoritaire à son capital. C’est la banque japonaise Nomura qui a été mandatée pour aider la société à trouver chaussure à son pied, a appris L’Informé. « L’opération devrait s’articuler autour d’une augmentation de capital, de manière à donner à la société les moyens de saisir de nouvelles opportunités d’acquisitions », complète un proche du dossier.

Détail important : si le deal prévoit une dilution de la SNCF et de la RATP, l’idée n’est pas de remettre en cause leur position d’actionnaires majoritaires. Rien n’indique ce qu’il adviendrait des participations des quatre banques françaises, BNP Paribas, Natixis, Société Générale et Crédit Agricole qui se partagent les 14% restants du capital. « La mission est délicate, commente un banquier. Trouver un fonds d’investissement acceptant de côtoyer dans une société non pas une mais deux entreprises publiques et de leur laisser le contrôle n’a rien d’évident. » 

Le précédent Egis-Tikehau

Dans le même univers sectoriel que Systra, une autre entreprise publique, Egis, avait bien fait rentrer Tikehau comme actionnaire minoritaire en janvier 2022. Mais l’investisseur avait hérité d’une participation de 40 %... assortie d’une majorité de droits de vote dans le groupe d’ingénierie connu pour ses projets aéroportuaires et routiers. La Caisse des Dépôts, qui possédait 75 % du capital (aux côtés des dirigeants et salariés) et n’en dispose plus que d’un tiers, avait lâché du lest sur les questions de gouvernance, au cours du processus d’enchères « Transmettre une position de contrôle à un nouvel actionnaire n’était pas le schéma de départ, rappelle un connaisseur de l’opération. Mais l’adoption de cette solution a relancé les discussions. » 

Le sujet d’une recomposition actionnariale de Systra, lui, revient régulièrement sur le devant de la scène. Selon une source, l’entreprise et ses actionnaires auraient eu assez récemment des discussions avec de potentiels partenaires asiatiques. Le sujet d’un rapprochement avec Egis avait aussi été régulièrement évoqué, notamment dans les années 2010. Au tout début de cette décennie, la SNCF et la RATP avaient également un temps espéré prendre l’un et l’autre seul le contrôle de la société, avant de devoir se raviser. Les deux entreprises publiques cohabitent au capital depuis qu’ils ont donné naissance à Systra en 1995 en rapprochant leur propre filiale d’ingénierie, Sofrerail d’un côté, Sofretu de l’autre.

Derrière les scénarios d’évolution du capital, un constat apparaît de manière récurrente en filigrane : la taille de Systra n’est pas assez importante face à celle de ses concurrents internationaux. L’entreprise a généré 760 millions de chiffre d’affaires en 2021, soit 30 % de plus en trois ans. Elle continue d’empocher de beaux contrats commerciaux, comme récemment ceux du métro de Dacca (Bangladesh), du réseau ferroviaire de New York ou encore du tramway de la cité historique d’Alula (Arabie Saoudite). Mais sa rentabilité reste limitée, avec un Ebitda de 68 millions d’euros l’an passé et un résultat opérationnel de seulement 25 millions d’euros. Fin 2021, sa trésorerie n’était que d’un peu plus de 72 millions d’euros