L'abonnement à l'Informé est à usage individuel
Un autre appareil utilise actuellement votre compte
Continuer la lectureVoitures électriques : le chinois BYD quintuple son chiffre d’affaires en France en 2024
Les ventes du géant automobile de Shenzhen ont explosé l’année dernière dans l’Hexagone, à la différence de son compatriote SAIC (MG) qui a dévissé. Pour l’instant, aucun des deux leaders ne dégage de bénéfices.
La percée attendue des constructeurs automobiles chinois en France reste encore limitée et soumise à de nombreux soubresauts. En témoignent les résultats financiers contrastés des deux principaux groupes de l’empire du Milieu : BYD (« Build Your Dreams ») et SAIC (Shanghai Automotive Industry Corporation) qui opère principalement avec la célèbre marque anglaise MG (pour « Morris Garages »). D’autres constructeurs chinois ont bien sûr commencé à distribuer leurs voitures en France (Xpeng, Leapmotor, Aiways…) mais ils ne représentent aujourd’hui que quelques centaines d’exemplaires écoulés.
Présent dans l’Hexagone depuis juin 2023, BYD a atteint un record en 2024 avec un chiffre d’affaires de 167 millions d’euros contre seulement 29 millions l’année précédente, selon des données obtenues par l’Informé. Cette croissance fulgurante est portée par sa berline Seal et sa compacte Dolphin. Elles ont profité en fin d’année d’une baisse de leurs tarifs qui a dopé leurs ventes malgré la surtaxe de 17 % sur les importations de véhicules chinois imposée par l’Union européenne. Non soumise à ces droits de douane dissuasifs qui obèrent le prix de vente, la version hybride rechargeable du SUV Seal U prend désormais le relais. C’est devenu son modèle le plus vendu au premier semestre 2025 : il a représenté 30 % des ventes, selon le constructeur. « On est dans un marché d’une fluidité extrême face à des réglementations et un cadre fiscal changeant d’année en année, observe Alexandre Marian, associé chez AlixPartners. La stratégie de diversification de BYD vers l’hybride s’avère pour l’instant payante. »
Le constructeur de Shenzhen vient d’ailleurs d’enrichir sa gamme sur cette motorisation avec le lancement récent d’une grande berline et d’un break. Selon les chiffres de AAA Data, il en a écoulé 5 400 exemplaires au total en 2024. Ce décollage commercial accéléré lui a permis de réduire ses pertes avec un déficit de seulement 0,1 million d’euros contre 2,3 millions en 2023. Le maintien d’une croissance des ventes au 1er semestre devrait lui permettre d’atteindre l’équilibre dès cette année. BYD a en effet vendu 5 908 véhicules neufs sur les six premiers mois, soit plus que sur toute l’année 2024 (part de marché de 0,70 %). Et la marque chinoise ne compte pas s’arrêter en si bonne route grâce en particulier à la Dolphin Surf, sa nouvelle citadine 100 % électrique vendue moins de 20 000 euros. D’ores et déjà, BYD s’appuie sur un réseau de 68 points de vente (via des partenaires multimarques) et en vise une centaine d’ici la fin de l’année.
De son côté, MG est, de loin, le leader chinois sur le marché français où il a écoulé 25 700 exemplaires l’année dernière. Réintroduite en France en 2020, ses ventes se sont pourtant effondrées de 33 % par rapport à l’exercice précédent. En cause : la suppression du bonus écologique pour l’achat de véhicules électriques produits hors d’Europe fin 2023, alors qu’il venait d’enregistrer une année record avec d’excellentes ventes de la citadine MG4. En 2024, il a aussi été pénalisé par une surtaxe de l’Union européenne majorée à 35 % sur ses véhicules électriques et comme il n’a pas voulu baisser ses prix, bon nombre d’acheteurs ont tourné les talons. À cela, s’est ajouté un trou de production de plusieurs mois affectant la fabrication du ZS (électrique comme thermique), un des modèles les plus vendus de la marque.
L’impact sur ses comptes a été immédiat. Selon des chiffres obtenus par l’Informé, son chiffre d’affaires s’est affaissé à 547 millions d’euros en 2024, soit une chute de 35 % en un an. De même, les bénéfices de 4,5 millions d’euros dégagés en 2023 se sont évaporés pour laisser la place à un trou de 7,8 millions en 2024. Mais la marque à l’octogone entend bien rebondir cette année : elle s’est, elle aussi, repositionnée en priorité sur les motorisations hybrides qui font l’objet d’une demande forte et dont la fiscalité à l’importation est plus clémente que celle qui frappe le 100 % électrique.
Un choix judicieux : depuis le début de l’année, la citadine MG3 et le SUV compact ZS s’écoulent chacun à environ 1 000 exemplaires par mois, bénéficiant de prix inférieurs de 5 000 à 10 000 euros par rapport à leurs concurrents (la Clio ou la Peugeot 208 pour la première, le Renault Captur ou la Peugeot 2008 pour la seconde). Le groupe chinois enregistre une augmentation de 40 % de ses ventes au premier semestre 2025, avec déjà plus de 13 000 exemplaires écoulés. Et il vise encore une accélération pour retrouver, sur l’ensemble de l’année, le niveau de 35 000 immatriculations atteint en 2023. Il s’est constitué à ce jour un réseau de 180 points de vente dans l’Hexagone.