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RATP : l’Élysée en passe de désigner Xavier Piechaczyk comme PDG

Emmanuel Macron s’est décidé à nommer un proche à la tête de la régie parisienne de transports. Sauf consultations infructueuses du Parlement, la décision pourrait être annoncée en milieu de semaine prochaine.

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ROMAIN DOUCELIN / NurPhoto via AFP

Les cloches de Noël n’ont pas encore sonné et l’Élysée livre déjà ses cadeaux. Selon nos informations, le président de la République devrait nommer ces prochains jours Xavier Piechaczyk, l’actuel patron du réseau électrique français (RTE) comme président-directeur général de la RATP. Il succéderait a...

Âgé de 56 ans, Xavier Piechaczyk connaît bien Emmanuel Macron et son ex-bras droit Alexis Kohler : il était conseiller de Jean-Marc Ayrault à Matignon sur le développement durable et les transports en 2012, quand Emmanuel Macron était secrétaire général adjoint de l’Élysée. Il l’a ensuite rejoint au cabinet de François Hollande en 2014, comme conseiller « énergie, transports, logement et environnement ». À la suite, pendant la campagne présidentielle de 2017, il a aussi été un des principaux contributeurs du programme du candidat Macron sur ces sujets. « Le Président fait le choix d’un proche, dont il est certain de la loyauté, observe un visiteur du soir du Château. Mais le mandat de Xavier Piechaczyk à RTE n’a pas été sans heurts avec les syndicats, cela pourrait lui jouer des tours au Parlement, qui a le pouvoir d’invalider la proposition présidentielle. »

Toutefois, à l’Élysée, le choix n’est pas encore définitivement entériné. « Il leur reste à compter les parlementaires des commissions du développement durable qui seront favorables à un tel choix », indique une source proche du dossier. La proposition de nomination peut en effet être rejetée « lorsque l’addition des votes négatifs dans chaque commission représente au moins trois cinquièmes des suffrages exprimés au sein des deux commissions », selon l’article 13 de la Constitution. Il est arrivé une seule fois que le Parlement fasse barrage : il s’opposa le 12 avril 2023 à la nomination à la présidence de l’Ademe de Boris Ravignon, car il voulait aussi rester maire de Charleville-Mézières. Dernièrement, les propositions d’Emmanuel Macron de placer Richard Ferrand à la présidence du Conseil constitutionnel et Marie-Ange Debon à La Poste ne sont passées que de justesse.

Les turbulences autour de l’examen du projet de budget pour 2026 ont montré les difficultés de l’Élysée à faire adopter ses choix par le Parlement. « Le rapport de force est clairement défavorable à l’exécutif, observe un proche du dossier. Au dernier moment, la main d’Emmanuel Macron peut trembler car il craindra que ça ne passe pas. La proximité du candidat avec Macron et ses démêlés avec la CGT de RTE ne vont pas l’aider devant les parlementaires. » Lors d’un conflit social en 2022, quatre employés de RTE avaient été licenciés avant d’être renvoyés en devant le tribunal correctionnel.

À la CGT-RATP, un responsable déclare à l’Informé avoir « surtout des préoccupations sur la feuille de route qui est portée par le nouveau PDG », tout en prévenant que « si le nom de Xavier Piechaczyk est confirmé, ce ne serait pas un bon signal ». FO et l’Unsa ont appelé, dans des tracts séparés, à la nomination d’un « PDG doté d’une dimension politique, engagé, proche du terrain et capable de comprendre la réalité du quotidien des agents »… un profil bien éloigné de celui du patron de RTE. « Alimentés par les syndicats, les parlementaires Insoumis seront très agressifs lors des auditions, anticipe un bon connaisseur de la vie politique. Les LR, puissants au Sénat, vont continuer de jouer contre Macron… et les socialistes ne vont pas se précipiter pour voler à son secours. »