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Transports - Auto

Les taxis électriques Hype à l’arrêt

La plate-forme parisienne de mise en relation avec des chauffeurs, qui avait basculé son modèle de l’hydrogène à l’électrique en 2025, a été liquidée en juillet.

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PHILIPPE TURPIN / Photononstop via AFP

Hype et ses filiales sont à vendre. Selon nos informations, la plate-forme parisienne de réservation de taxis a été liquidée mi-juillet par le tribunal des activités économiques de Paris, quinze mois après avoir été placée sous procédure de sauvegarde. « Cela a entraîné le licenciement de l’ensemble de ses effectifs dans le cadre d’un PSE, indique Nordine Dahmane, président de la CFTC taxis. Hype avait été le premier employeur de chauffeurs de taxi salariés en Île-de-France. » Au plus fort de son activité, l’entreprise comptait 400 personnes, dont 300 chauffeurs. Cet effectif a permis à la plateforme d’assurer un partenariat avec le comité des jeux Olympiques de Paris 2024, et de remporter plusieurs contrats importants de prestation de transport avec la Mairie de Paris ou plusieurs ministères sociaux. Mais entre mars et décembre 2025, une rupture conventionnelle collective, puis un PSE, avaient déjà réduit les effectifs de plus des deux tiers. « La plupart des chauffeurs devraient poursuivre en location-gérance, chez G7 ou Alpha Taxis notamment », précise le syndicaliste.

Le liquidateur tente désormais de trouver un ou des repreneurs pour les différents actifs de Hype d’ici le 17 septembre, date limite de remise des candidatures. Sont sur le marché : 50 licences d’autorisation de stationnement (notamment à Paris et en Île France), un droit au bail à Clichy-la-Garenne, un stock de composants d’unités de stockage d’hydrogène, 3 stations de recharge à Paris-Bercy, Beauchamp (Val-d’Oise) et à Buc (Yvelines), mais aussi un logiciel de gestion des courses de taxi (Fleetizen), des applis destinées aux chauffeurs et aux clients, ou encore 60 % d’une filiale détenant une station de recharge pour les bus à hydrogène de la ville du Mans. Les véhicules, eux, ne sont pas concernés.

Créée en 2009 par Mathieu Gardies, son président actionnaire, et soutenue dès 2017 par la Banque des Territoires, Hype a dû renoncer, l’an dernier, à sa promesse d’origine : mettre à disposition des taxis à hydrogène. L’entreprise utilisait pourtant cette technologie depuis 2015, en développant en même temps un réseau de production et de distribution, via de nombreux partenariats avec Vinci Concessions, McPhy, Akuo, Enhywhere, etc. Mais « depuis 2021, le prix de l’hydrogène a explosé en Île-de-France », a justifié Hype sur Linkedin en juin 2025, pour expliquer l’abandon de ce mode d’énergie et son repositionnement sur les véhicules 100 % électriques à batterie.

Au passage, la jeune pousse en a profité pour égratigner ses anciens partenaires, Air Liquide et TotalEnergies, co-actionnaires de la structure HysetCo. Hype avait créé cette société en 2017 pour se fournir en hydrogène et autres prestations, avant de sortir du capital en 2022 tout en restant client… Jusqu’à ce que fin 2024, HysetCo l’attaque en justice. En cause ? Des impayés, selon le président du prestataire, Loïc Voisin et la question de la responsabilité liée aux contrats des chauffeurs. Une action collective impliquant 160 salariés est d’ailleurs en cours aux prud’hommes contre HysetCo, selon Nordine Dahmane.

En attendant, cette dernière continue sa route, bien aidée par une levée de fonds de près de 200 millions d’euros auprès d’un groupement d’investisseurs comme Eiffel investissement et Raise, menés par Hy24, devenu actionnaire majoritaire. En avril dernier, l’entreprise a même trouvé un remplaçant à Hype : Uber. Dès la fin de 2026, les clients taxi de HysetCo auront la capacité de réaliser leur activité sur cette plateforme.