L'abonnement à l'Informé est à usage individuel
Un autre appareil utilise actuellement votre compte
Continuer la lectureCDPQ boucle sa sortie de Delachaux
Le fonds de pension québécois se sépare de ce grand fournisseur du secteur ferroviaire après huit années au capital.
L’été a porté ses fruits pour La Caisse, nouveau nom de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ). À la tête de plus de 16 milliards d’euros d’actifs dans l’Hexagone (Alstom, Eurostar,...), le fonds de gestion des retraites de plus de six millions de Québécois avait lancé une revue de ses actifs français en début d’année. Si la recherche d’un repreneur pour les 30 % du capital de Keolis, détenus aux côtés de la SNCF, n’a pas débouché, le géant du private equity va prochainement finaliser une première opération de cession, selon nos informations. Il va en effet se séparer de sa participation de 43 % dans le groupe industriel Delachaux, acquise en 2018. Si un autre investisseur aurait théoriquement pu prendre la suite, ce sont les héritiers Delachaux, via la holding familiale Ande Investissements (déjà à la tête de 56,45 % du capital), qui vont reprendre la totalité des parts du Canadien. Le clan était conseillé dans l’opération par la banque Hottinguer. Plus de 120 ans après sa création par Clarence Léon Delachaux, le groupe au départ spécialisé dans la production de tramways revient donc totalement dans le giron familial, le management gardant tout de même 0,55 % du capital. « La sortie complète de CDPQ doit être finalisée début septembre », confirme une source proche du dossier.
Après un partenariat de huit ans, le Québécois estimait être arrivé à la fin de son cycle d’investissement dans Delachaux. Le groupe, qui compte 3 400 salariés dans 34 pays dont 20 % en France, a réalisé plus d’1,2 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2024, contre 840 millions d’euros en 2017 à la veille de l’entrée de CDPQ au capital. Via sa filiale Pandrol qui réalise 45 % de son activité, il est le leader des systèmes de fixation des rails et d’électrification pour l’industrie ferroviaire, tandis que son entité Conductix-Wampfler (41 % du chiffre d’affaires) est numéro un des systèmes de gestion d’énergie et de données pour les équipements mobiles. L’industriel est aussi présent dans la production de chrome métal.
La famille Delachaux, 154e fortune française selon le classement du magazine Challenges, s’est préparée à cette montée au capital. La quatrième génération, emmenée par Stéphane Delachaux, le président du conseil d’administration, a saisi l’année dernière une opportunité de cession pour se constituer des réserves. En juillet 2025, le groupe a vendu Frauscher Sensor Technology, sa filiale autrichienne spécialisée dans la signalisation ferroviaire, à l’américain Wabtec pour un montant de 675 millions d’euros, entièrement en cash. Cette opération a permis à la famille de financer, un an plus tard, le rachat de la totalité des parts de CDPQ tout en gardant un niveau d’endettement raisonnable pour le groupe.
Préalablement à la sortie de la Caisse, le groupe a aussi bouclé en juillet une renégociation globale de sa dette, avec l’appui de BNP Paribas et de Crédit Agricole CIB. Il a obtenu la levée de 50 millions d’euros de financement supplémentaires, de manière à porter son emprunt de type « term-loan B » à 760 millions d’euros. Il a également bénéficié d’un allongement de trois ans de la maturité de la dette (jusqu’en avril 2032) ainsi que d’une baisse de la marge de crédit de 50 points de base, réduisant ainsi sa charge d’intérêts, selon le communiqué de Delachaux qui avait officialisé ce refinancement. « Avec ces nouvelles réserves de financement et un cash-flow positif, le groupe a une structure saine, estime une source proche du dossier. À l’issue de l’opération, son levier pro forma restera contenu à 3,5 fois son Ebitda, ce qui lui permet de financer seul des développements sur tous ses métiers. »
Contactés, le groupe Delachaux et La Caisse n’ont pas répondu.