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Continuer la lectureBridgepoint sonde les grands family offices pour réinvestir dans Balt
Le fonds coté à Londres espèrerait dépasser les 2 milliards d’euros de valorisation pour la pépite française des dispositifs neurovasculaires. Et ce malgré le vieux contentieux qui l’oppose au fils du fondateur et toujours actionnaire minoritaire.
Le dossier est l’un des plus sensibles du private equity tricolore. Mais Bridgepoint, qui a pris le contrôle de la pépite des dispositifs neurovasculaires de pointe Balt il y a bientôt onze ans, espère bien faire enfin évoluer la situation. Et ce en dépit d’un vieux contentieux l’opposant au fils du ...
Le géant paneuropéen CVC et le français Archimed tourneraient aussi autour du processus de cession, qui en est à un stade relativement avancé. Les premières offres non engageantes ont d’ores et déjà été remises et elles s’avèrent pour l’instant assez déceptives. Selon nos informations, Balt serait à ce stade valorisé entre 1,7 et 1,8 milliard d’euros par ces fonds américains, alors que Bridgepoint en espérerait entre 2,2 et 2,5 milliards d’euros, en fonction des sources. Un prix élevé eu égard à l’Ebitda de la pépite, proche de 75 millions d’euros en 2025 et probablement de 90 millions cette année. Le tout pour des ventes qui passeraient de 350 à plus de 400 millions sur la même période. En 2014, Bridgepoint avait valorisé l’entreprise familiale un peu plus de 300 millions d’euros.
« Il n’y a pas de clause (drag-along) obligeant la famille Plowiecki à vendre sa participation minoritaire », souligne un proche du dossier. Pour Bridgepoint, qui ne peut contractuellement pas vendre à un industriel, la situation est donc peu confortable, d’autant que le conflit juridique (cf. encadré) l’opposant à Nicolas Plowiecki n’est toujours pas intégralement assaini. Pour mettre toutes les chances de son côté, le fonds coté à Londres a aussi décidé d’être épaulé par Centerview Partners, a-t-on appris. Avec une mission claire : contacter des family offices en capacité de l’accompagner dans un fonds de continuation.
Les structures d’investissement des familles Bettencourt-Meyers (Téthys) et Peugeot (Peugeot Invest), ainsi que les héritiers de la maison Hermès (Krefeld) ont été contactés, a appris l’Informé. Mais un tel scénario n’a rien d’une évidence. « Laquelle de ces grandes familles acceptera d’investir sur la base d’une valorisation supérieure à celle proposée par des fonds majoritaires ? », ironise un proche du dossier.
En tout état de cause, Bridgepoint a mis le paquet sur la transformation de l’entreprise. Ces dernières années, plus de 200 millions d’euros ont été investis en recherche et développement pour développer la présence de Balt à l’étranger, et plus particulièrement sur le marché américain. Aux États-Unis, la Food and Drug Administration (FDA) a récemment accordé quatre autorisations sur des produits phares du groupe, dont le Squid, indiqué pour l’embolisation de lésions du système vasculaire. Balt avait aussi racheté les dispositifs de traitement des anévrismes cérébraux de Blockade Medical en 2017. Le groupe de quelque 1 000 salariés, présent dans 80 pays, espère ainsi marcher dans les pas de Penumbra. En janvier, ce spécialiste américain des dispositifs destinés à traiter l’embolie pulmonaire, la thrombose veineuse profonde ou encore l’infarctus du myocarde a été racheté par Boston Scientific sur la base d’une valorisation d’environ 14,5 milliards de dollars… soit plus de 10 fois son chiffre d’affaires.
L’interminable bras de fer judiciaire de la famille Plowiecki avec Bridgepoint
En matière de M&A, le pacte d’actionnaires est souvent source de contentieux. Celui signé en 2015 entre la famille fondatrice de Balt et Bridgepoint n’y échappe pas. Dès le 12 décembre 2018, après une lune de miel, Nicolas Plowiecki est révoqué de ses fonctions de président par le Conseil d’administration. Il saisit alors le tribunal de commerce de Pontoise et soutient que sa révocation est abusive, vexatoire et contraire au pacte d’actionnaires. En octobre 2020, il apprend que Bridgepoint a mandaté Piper Sandler pour vendre et veut exercer l’option d’achat dont il s’estimait bénéficiaire en application du pacte d’associés, ce que le fonds refuse catégoriquement. Le fils du fondateur demande alors l’exécution forcée de son option d’achat et, à défaut, des dommages et intérêts, devant le tribunal de commerce de Paris. Puis engage une procédure devant le District Court du Minnesota en vue notamment d’obtenir des documents de la part de la banque d’affaires. Ce qui lui est refusé. Au passage, la notification d’exercice de l’option d’achat aura tué dans l’œuf un projet d’introduction en Bourse de Balt, sur lequel Latham & Watkins travaillait. À ce titre, la Cour d’appel a condamné Nicolas Plowiecki à payer près de 94 000 € à la société. Décision cassée par la Cour de Cassation en novembre 2025, qui confirme toutefois l’abus de procédure, l’ancien dirigeant de Balt ayant agi de manière tardive et stratégique.
Contactés, Bridgepoint, Nicolas Plowiecki, Piper Sandler et Centerview n’étaient pas joignables dans l’immédiat.