Finance - Conseil

BNP Paribas AM poursuit le détricotage de Capza, les départs s’enchaînent

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La banque de la rue d’Antin veut couper les ponts avec deux stratégies de la société de gestion. Une reprise par d’autres acteurs du private equity est en préparation.

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BNP Paribas Asset Management continue de bousculer Capza, cet acteur historique de la dette privée et du private equity qu’il a récupéré dans la corbeille de la mariée en absorbant Axa Investment Managers, en 2025. Capza Transition, l’activité en charge des opérations de LBO « small cap », ne figure ...

Capza et sa maison mère ont renoncé à lancer de nouveaux fonds pour ces deux activités. L’idée étant de concentrer la société de gestion sur ses autres stratégies, que ce soit en dette privée (avec les gammes Direct Lending et Artemid) ou en private equity (avec Flex et Flex Mid-market). Restait à trancher l’avenir des fonds existants de Capza Transition et de Capza Growth Tech - un débat sensible pour les souscripteurs des véhicules (les LPs). Capza Transition est encore au capital d’une bonne douzaine d’entreprises (Inaxe, Objectif CRPE, Gainerie 91…) via son fonds de 190 millions d’euros. Capza Growth Tech, pour sa part, n’a revendu aucune des participations de son programme d’investissement, d’une taille de 300 millions d’euros répartis entre un véhicule principal, des fonds parallèles et des structures de co-investissement. APL Data Center, Advens, Web Geo Services ou Assessfirst font ainsi partie de ce portefeuille. La cession des portefeuilles aurait pu se faire chez Capza jusqu’à liquidation totale des fonds, une fois renvoyée aux souscripteurs la totalité de l’argent (on parle de gestion extinctive).

Mais selon plusieurs sources, Capza et BNP Paribas AM se sont ralliés à une autre solution : trouver de nouveaux gérants pour les deux activités. Une initiative assez rare sur le marché français. Elle s’est, semble-t-il, imposée comme une évidence chez les membres des LP advisory committees (LPAC) des fonds, ces instances où les souscripteurs peuvent s’exprimer sur des questions stratégiques importantes. Ces derniers semblent avoir trouvé le moyen de faire passer leur point de vue.

Ces grands investisseurs se sont inquiétés de la capacité de Capza à conserver ses équipes dans des activités promises à la disparition... La décision de trouver un repreneur a d’abord été actée pour Capza Transition, qui a perdu son patron, Emmanuel Bonnaud, en début d’année, et n’a plus qu’un seul associé à temps plein, Alexis Guinard.

Le LPAC du fonds Growth Tech s’est emparé du sujet un peu plus tard, en juin, notamment sous l’impulsion de souscripteurs comme Bpifrance, déjà aux premières loges chez Transition, et qui, fort de leur expérience, ne voulaient pas voir la situation s’enliser. Plus tôt dans l’année, l’associé Jean-Luc Cyrot a quitté la maison pour un projet entrepreneurial, sans trop de heurts. Mais le départ de profils intermédiaires dans l’équipe pilotée par Matthieu Dordolo a suscité quelques craintes chez les membres du LPAC. Questionnés sur les moyens de retenir les équipes, Capza et BNP Paribas AM ont formulé une réponse jugée « tellement décevante pour les LPs, qu’ils ont voté contre », évoque une source. Les souscripteurs ont profité de la prise de distance de Christophe Karvelis-Senn, (fondateur et président du conseil de surveillance de Capza, devenu senior advisor cet été), alors qu’il était homme-clé du fonds, pour imposer une suspension des investissements du véhicule et monter au créneau. « Même si certains ont pu d’abord avoir quelques hésitations, les membres de l’instance sont tombés tous d’accord sur la nécessité d’aller trouver une autre société de gestion, décrypte un connaisseur de la situation. Leur poids parmi les souscripteurs du fonds est tel qu’ils étaient quasi assurés d’imposer leur plan lors du vote des souscripteurs prévu avant une telle opération. »

Une poignée de sociétés de gestion ont déjà été contactées pour se positionner sur une reprise de Capza Transition. Cet exercice de « beauty contest » n’a en revanche pas commencé chez Capza Growth Tech. « Les membres du LPAC, en accord avec Capza et les équipes d’investissement concernées, se sont mis d’accord pour que les repreneurs s’engagent à lever des fonds successeurs pour chacune de ces deux équipes », dixit une source proche du dossier.

L’exfiltration à venir des fonds Growth Tech et Transition constitue un énième bouleversement pour les équipes de Capza, peu épargnées depuis la prise de contrôle par Axa IM, puis par BNP Paribas Asset Management. La société de gestion a enregistré une succession de départs. Au sein de l’équipe Flex Midmarket, Frédéric Chiche et Stéphanie Frachet ont tous les deux quitté le navire, suivis par Guillaume de Jongh et Jean-Marc Fiamma dans l’équipe dette, puis d’Emmanuel Bonnaud chez Capza Transition et de Maxence Radix au sein du fonds Flex Equity. Selon nos informations, le départ d’un autre associé de cette stratégie, Edouard de Beaufort, a été annoncé récemment en interne. Last but not least, son fondateur Christophe Karvelis-Senn pourrait définitivement couper les ponts dans les prochains mois, selon plusieurs sources. « La plupart des associés historiques ont obtenu de très gros chèques, souligne un proche de la société de gestion. Dans un tel cas de figure, il a été difficile de les retenir. » « C’est une catastrophe industrielle », va même jusqu’à dire un éminent connaisseur de la classe d’actifs, quelque peu surpris par la situation.

Contactée par l’Informé, la direction de Capza n’a pas donné suite à nos sollicitations.

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