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Continuer la lectureNicolas Miguet rattrapé par ses créanciers
Placées en sauvegarde, les sociétés de l’homme d’affaires et ancien candidat à la présidentielle viennent d’obtenir un plan d’étalement des dettes sur 10 ans.
Les procès et les sanctions financières auront fini par peser trop lourd. Amendes de l’Autorité des marchés financiers (AMF), redressements fiscaux, honoraires réclamés par un ancien avocat… Depuis 2017, les procédures à l’encontre de Nicolas Miguet et de ses sociétés s’accumulent. Condamné 20 fois p...
D’où viennent toutes ces dettes ? Le fondateur du petit parti politique RCF (Rassemblement des contribuables français) a d’abord été rattrapé par… le fisc. Selon nos informations, Bercy réclamait 883 000 euros au Nouveau quotidien de Paris pour avoir minoré ses bénéfices entre 2017 et 2019. La société a contesté le redressement et a tenté de récupérer 346 000 euros saisis par l’administration en 2022. Sans succès : la saisie a été validée, en première instance et en appel. Parallèlement, le Quotidien de Paris éditions a passé une provision de 421 443 euros suite à un autre redressement portant sur les années 2017 à 2019.
En plus du fisc, Nicolas Miguet a dû affronter un autre de ses ennemis : les banques, celles qu’il a longtemps appelées « banksters » - contraction de « banquiers » et « gangsters ». En 2024, le Crédit lyonnais mettait fin à sa relation commerciale avec le Nouveau quotidien de Paris et clôturait les comptes de la société d’édition. L’homme d’affaires a alors assigné la banque en référé devant le tribunal des activités économiques pour lui réclamer près de 450 000 euros d’indemnités : il soutenait que la fermeture des comptes l’avait empêché d’obtenir le paiement de ses créances et aggravé ses dettes. Il a été débouté en janvier 2025. Son appel a été déclaré caduc en mai 2025, la décision est donc définitive. En raison de ce conflit, le commissaire aux comptes de Nicolas Miguet & associés a émis une réserve sur l’audit des comptes 2024.
Parmi les créanciers du patron de l’Hebdo Bourse Plus, on trouve aussi son ancien avocat, Me Saïd Telmat, qui travaillait pour lui entre 2010 et 2025. L’ancien candidat à la présidentielle l’avait même nommé administrateur de plusieurs de ses sociétés. Ils s’étaient mis d’accord sur une convention d’honoraires qui prévoyait de rémunérer le conseil 6 000 euros par mois, auxquels s’ajoutaient des frais de justice à verser pour chaque procédure et un bonus supplémentaire en cas de victoire. Mais en mars 2025, Nicolas Miguet a sèchement mis fin à leur collaboration, en lui écrivant : « vu que tu ne travailles plus pour nous (because tu es administrateur de Quotidien de Paris Editions, lol) et qu’aucune de mes instructions depuis mai 2024 (Claresco, Tribunal Administratif, Engie…) n’a été suivie d’effet, il n’est plus utile que tu nous envoies des factures, la collaboration est interrompue ».
Réponse de Me Termat : « J’étais déjà pris à la gorge à cause de leurs retards de paiement. J’avais commencé à échanger avec le mandataire judiciaire du Nouveau Quotidien de Paris pour le règlement de mes honoraires, tout se passait bien, jusqu’à ce que Nicolas Miguet m’envoie ce mail me disant que la collaboration était interrompue et qu’il était inutile que j’envoie mes factures. Après ça, il a cessé toute communication. » L’avocat a alors déclaré un total de 731 000 euros de créances dans les procédures de sauvegarde, et il a parallèlement réclamé à son ancien client 450 000 euros de dommages et intérêts devant le tribunal judiciaire d’Evreux, qui l’a finalement débouté en juillet 2025.
Le Nouveau quotidien de Paris doit également 53 000 euros à l’un de ses fournisseurs, l’imprimerie Léonce Deprez (ILD). Nicolas Miguet a tenté d’annuler cette créance dans le cadre de la procédure de sauvegarde : il soutenait que les tarifs mentionnés sur les factures n’étaient pas les bons et que sa dette devait se compenser avec un stock de papier conservé par l’imprimeur, d’une valeur de 20 000 euros. L’affaire a été portée devant le tribunal de commerce d’Arras, qui a donné raison à ILD le 8 juillet 2026.
Finalement, début 2026, les sociétés de Nicolas Miguet sont sorties de la procédure de sauvegarde via un plan de paiement des dettes sur 10 ans. De son côté, l’homme d’affaires a dû abandonner la direction de ses journaux suite à une décision du tribunal correctionnel de Paris. Accusé d’avoir utilisé ses médias pour manipuler le cours de l’action Casino, il a été condamné le 29 janvier à 4 ans de prison dont 2 fermes, 800 000 euros d’amende et l’interdiction d’exercer une activité de conseil, d’analyse ou de recommandation en matière d’investissement. Ses sociétés sont donc aujourd’hui dirigées par son frère, Christophe Miguet.
Contactés, les avocats des sociétés de Nicolas Miguet, Mes Pierre Guidet, Valérie Gray et Yannick Enault, n’ont pas répondu à nos sollicitations. Me Gachucha Courrege, avocate du Crédit lyonnais, et Me Olivier Morin, qui représente l’imprimeur ILD, n’ont pas donné suite.
[*] Les comptes sociaux 2024 du Nouveau quotidien de Paris font état d’une dette brute (hors groupe et associés) de 4,5 millions d’euros. Les comptes sociaux 2025 de Nicolas Miguet et associés indiquent que, lors de la procédure de sauvegarde, un passif de 1,4 million d’euros a été déclaré, dont 531 410 euros de passif groupe.