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Transports - Auto

Avions « no go » qui décollent, équipements défaillants… les pilotes de Transavia dénoncent une « déliquescence » de la maintenance

Le syndicat SNPL a alerté sur plusieurs incidents dans la maintenance et la sécurité des avions de la compagnie low-cost d’Air France-KLM, obligeant la direction à réagir.

Transavia, la compagnie low cost du groupe Air France-KLM, exploite une flotte 95 avions en France.
Transavia, la compagnie low cost du groupe Air France-KLM, exploite une flotte 95 avions en France. JAKUB PORZYCKI / NurPhoto via AFP

Faut-il s’inquiéter de la sécurité chez Transavia ? Les pilotes de la compagnie low-cost du groupe Air France-KLM sont préoccupés et ils l’ont fait savoir au plus haut niveau. Selon nos informations, le syndicat ultra-majoritaire dans le groupe, le SNPL, s’est fendu, en plein mois d’août, d’une lettr...

Dans un courrier consulté par l’Informé, le syndicat de pilotes rapporte aussi plusieurs vols Transavia réalisés alors que les aéronefs avaient été marqués « NoGo », indiquant que leur état n’est pas satisfaisant ou qu’il manquait un équipement. Des liaisons auraient aussi été programmées avec des extincteurs moteurs périmés. « Ces problèmes sur la maintenance sont surtout révélateurs d’une crise de croissance qui a été très forte depuis le Covid pour Transavia, explique un cadre en interne. On ne gère pas une compagnie de 97 avions aujourd’hui comme si elle n’en avait qu’une trentaine, comme c’était le cas il y a quelques années. Certains services, comme la maintenance, auraient certainement dû être plus musclés pour mettre toutes les structures dont a besoin une compagnie de cette taille. » Cette source le certifie : « Tous les indicateurs de fiabilité étaient orientés à la baisse, ce n’était pas contestable. »

Selon le courrier du SNPL, « la compagnie éprouve les plus grandes difficultés à assurer le suivi de navigabilité de sa flotte, et les pilotes perdent progressivement confiance. Cette situation est délétère et ne peut plus durer. (…) Un électrochoc sur la maintenance de Transavia doit maintenant se produire au plus haut niveau. » Le syndicat, qui menaçait de « faire appel à la force collective pour faire bouger les choses », a été rapidement entendu.

Dès la fin août, Olivier Mazzucchelli a annoncé qu’il allait mettre en place une nouvelle organisation afin d’améliorer la maîtrise des risques. Deux changements au comex de Transavia France seront effectifs dès début septembre. Le directeur Flotte, engineering et maintenance de Transavia France, Sylvain Fagot, quitte ses fonctions. Il sera remplacé par François Gueguen, le directeur des équipements d’Air France Industries, la filiale de maintenance aéronautique, réparation et révision du groupe.

Autre mouvement : Sébastien Mir, le directeur Sécurité des vols et conformité de Transavia, perdra également son poste à la fin du mois, tout en conservant une mission de conseil au sein de cette même direction. C’est une commandante de bord A320neo, Maylis Lacombe, qui lui succédera. Issue du programme Cadet d’Air France, elle a exercé les fonctions de représentante des pilotes au centre de contrôle des opérations de la compagnie et de formatrice CRM (Crew Resource Management ou Gestion des ressources de l’équipage). Depuis 2023, elle est également consultante LOSA (Line Operations Safety Audit) pour Air France, c’est-à-dire chargée de l’analyse et de l’amélioration de la sécurité des vols.

Par ailleurs, Olivier Mazzucchelli a décidé dès la mi-juillet de diligenter un audit externe du département de la maintenance. Il a été confié au cabinet McKinsey. Les organisations syndicales de pilotes seront associées à l’enquête, promet la direction.

Contacté, Air France-KLM n’a pas souhaité faire de commentaires.