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Continuer la lectureLa Bretagne va rejoindre d’autres régions pour financer ses TER
Ouverture à la concurrence oblige, les collectivités doivent progressivement racheter à la SNCF ses rames et infrastructures et investir dans de nouveaux équipements. Elles ont trouvé un moyen de le faire sans trop s’endetter.
Les Régions semblent avoir trouvé la parade à leurs contraintes budgétaires fortes pour investir massivement dans leurs trains régionaux. À l’instar de plusieurs homologues, la Bretagne s’apprête à son tour à adopter le modèle des sociétés publiques locales (SPL) ferroviaires. Ces structures ont pour...
La Bretagne, qui s’était tenue à l’écart du mouvement jusqu’à présent, a tenté au printemps de rejoindre la nouvelle société « Régions Grand Ouest Ferroviaire » dont le capital est réparti à 85 % pour les Pays de la Loire et 15 % pour la Normandie. Une alliance à trois semblait à tous les acteurs l’option la plus naturelle, notamment pour exploiter la liaison Rennes-Nantes. Mais les discussions ont échoué, selon nos informations.
« Les négociations sont allées assez loin mais les projets étaient trop déséquilibrés et les trois régions ont préféré abandonner juste avant l’été », indique un proche des négociations. D’un côté, la région présidée par Loïg Chesnais-Girard voulait loger dans la SPL tous ses TER transférés par SNCF Voyageurs (pas moins de 110 rames), ses technicentres et les commandes à venir de matériel neuf. De l’autre, Christelle Morançais (Pays de la Loire) et Hervé Morin (Normandie) ont des ambitions plus réduites pour l’instant. Ils veulent configurer leur SPL uniquement sur l’acquisition de nouvelles rames. Quarante trains sont ainsi en cours d’acquisition pour la liaison Caen-Le Mans-Tours, à cheval sur les deux régions, et un nouveau centre de maintenance doit être construit à l’horizon 2031, pour un montant total estimé 600 millions d’euros.
Après cet échec, la Bretagne veut trouver une solution et vite. Un temps envisagée, l’option de créer une société exclusivement bretonne aurait été écartée. Sans que les détails ne soient encore officialisés, la Région devrait rejoindre la Spiit (« Société Publique Interrégionale des Investissements en faveur des Transports »), la SPL réunissant déjà Occitanie, Nouvelle-Aquitaine et Centre-Val de Loire, indiquent plusieurs sources en régions. « Les choses sont désormais arrêtées, nous sommes désormais à quatre régions », se réjouit un participant aux négociations.
Cette solution d’association avec une structure existante permettra à l’exécutif breton de boucler le sujet avant la fin de l’année. « Le mandat régional court jusqu’en 2028, il est nécessaire pour la Bretagne de stabiliser au préalable ce montage juridique et financier, juge un élu. D’autant que l’équipe chargée du projet d’ouverture à la concurrence des lignes TER sera recrutée l’année prochaine, pour une mise en service à l’horizon 2032. »
Du côté des régions déjà associées au sein de la Spiit, on se félicite de ce nouvel arrivant. « Notre système permet à chacun de venir quand il est prêt, indique un responsable. L’intérêt est de pouvoir participer à des commandes en commun avec un nombre suffisant de rames pour intéresser les industriels, tout en permettant à chaque Région de garder la pleine maîtrise de ses commandes. » Créée il y a trois ans, la SPL a levé 1,1 milliard d’euros en 2024 pour financer la modernisation et le renouvellement du matériel roulant. Une commande est en cours pour Centre-Val de Loire qui prévoit d’acquérir une quarantaine de rames TER électriques pour un coût d’environ 500 millions d’euros… et supprimer d’ici 2035 toutes celles fonctionnant au diesel.