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Transports - Auto

Stellantis prêt à vendre Aramis Group

La plateforme de véhicules d’occasion, cotée, fait face à un marché compliqué, au moment même où son actionnaire majoritaire recherche du cash pour financer un mur d’investissements. Deux banques d’affaires ont été mandatées pour une possible cession.

Usine de reconditionnement de vehicules d'occasion d'Aramisauto.com, commercant automobile digital et multi-marque, proposant des vehicules neufs et d'occasion aux particuliers.
Usine de reconditionnement de vehicules d'occasion d'Aramisauto.com, commercant automobile digital et multi-marque, proposant des vehicules neufs et d'occasion aux particuliers. ANDBZ / ANDBZ/ABACA

Stellantis et Aramis Group vont-ils rompre pour leur dixième anniversaire ? En 2016, le vendeur en ligne de véhicules d’occasion avait accueilli à son capital PSA - devenu Stellantis en 2021 après la fusion avec Fiat-Chrysler - avant de passer un peu plus tard sous son contrôle. Mais selon nos inform...

Créé en 2001 par Nicolas Chartier et Guillaume Paoli, toujours aux manettes opérationnelles, Aramis a la particularité d’avoir été introduit en Bourse en 2021. Aujourd’hui, Stellantis conserve 60,5 % du capital (et 67,4 % des droits de vote), le reste se répartissant entre les fondateurs (17,9 %) et le flottant (21 %). La capitalisation de l’entreprise ressort actuellement aux alentours des 263 millions d’euros, bien loin des 1,9 milliard d’euros de l’introduction sur Euronext Paris. Une sortie de Stellantis impliquerait alors mécaniquement un retrait de la cote d’Aramis, la participation du constructeur étant bien supérieure au seuil de 30 % déclenchant l’obligation de lancer une OPA.

Lors de son arrivée en 2016, l’objectif de PSA était « d’accélérer le développement des ventes en ligne de véhicules d’occasion et de services associés », selon le communiqué publié à l’époque. L’alliance permettait de « proposer aux clients d’AramisAuto [les] offres [du constructeur en matière] de financement, d’assurance, de garantie et d’entretien ». L’entreprise a profité de l’explosion du prix de vente des voitures neuves ces dernières années, avec un ticket moyen passé de 26 900 euros en 2019 à 34 600 en 2025, soit une augmentation de 29 %, selon l’Institut mobilités en transition (IMT). Depuis 2016, la plateforme s’est internationalisée et a vu son chiffre d’affaires décupler, passant de 360 millions d’euros à 2,4 milliards en 2025. Elle est sortie du rouge ces deux dernières années, en dégageant 5 millions de bénéfices en 2024 et 20 millions en 2025.

Mais l’exercice 2026 s’annonce beaucoup plus terne pour Aramis. Les ventes se sont érodées de plus de 6 % lors des neuf premiers mois et n’émargent qu’à 1,6 milliard d’euros. Son activité principale, la commercialisation de véhicules reconditionnés auprès des particuliers, a vu son chiffre d’affaires chuter de près de 5 %. L’entreprise souffre aussi d’une baisse de 9 % des ventes de véhicules pré-immatriculés, c’est-à-dire des véhicules neufs qui, faute d’avoir trouvé preneur, ont roulé moins de 50 kilomètres. Un segment qui pèse traditionnellement un peu plus de 20 % de l’activité d’Aramis. La hausse des prix de l’essence a détourné nombre d’adeptes du thermique vers les véhicules électriques… dont les volumes mis sur le marché n’ont même pas été suffisants pour satisfaire la demande. Au printemps, Aramis a revu à la baisse ses projections d’Ebitda : elle vise entre 35 et 45 millions, contre initialement 55 millions d’euros.

Dans ce contexte morose, Stellantis s’est décidé à mettre sur le marché la plateforme pour accélérer sur ses priorités. « On sait que la nouvelle direction entend recentrer ses efforts sur le cœur de l’activité : la construction automobile, indique une source syndicale. Toutes les activités annexes qui ne sont pas suffisamment profitables seront, à terme, cédées. » Le groupe aux quatorze marques (Peugeot, Fiat, Dodge, Alfa Roméo, Citroën…) entend également simplifier son organisation mondiale, particulièrement complexe. Un premier mouvement est intervenu cet été avec l’annonce de la vente de Free2move, son activité dédiée à l’auto-partage, au fonds de retournement allemand Mutares.

Stellantis est confronté à une concurrence chinoise des plus âpres et à un mur d’investissements (recherche technologique, lancements…) pour un total de 60 milliards d’euros d’ici 2030. Le géant américano-franco-italien a inscrit dans son plan stratégique « FaSTLAne 2030 » plus de 60 nouveaux véhicules et 50 restylages majeurs d’ici 2030. Parallèlement, il se retrouve aussi à court de cash pour financer ses efforts : le nouveau DG Antonio Filosa a décidé de passer une provision de 25 milliards d’euros sur les comptes 2025, pour marquer le « reset » du groupe hors du tout-électrique visé par son prédécesseur Carlos Tavares, occasionnant un record de 22,3 milliards d’euros de pertes nettes.

« En nous concentrant davantage sur nos activités automobiles stratégiques, nous consolidons notre capacité à générer une performance durable sur le long terme », avait expliqué Virgilio Cerutti, directeur du développement et des partenariats de Stellantis, dans le communiqué diffusé lors de l’annonce de la cession de Free2move. Le groupe entend préserver le cash qu’il génère par l’automobile et n’hésitera pas à céder des activités si l’équation financière se tend. « Le principe sera de remonter du cash à la maison mère pour répondre aux objectifs de rentabilité et de liquidité fixés par Antonio Filosa », juge un dirigeant français. Et ces objectifs sont particulièrement élevés : le plan « FaSTLAne 2030 » prévoit une réduction des coûts de 6 milliards d’euros d’ici 2028 (par rapport à 2025). Et le groupe devra retrouver un free cash-flow industriel positif dès 2027 et dépasser le seuil de 6 milliards d’euros en 2030.

Contacté, Aramis Auto n’a pas souhaité faire de commentaire, tandis que Stellantis, Rothschild & Co et Citi n’étaient pas joignables dans l’immédiat.