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Médias - Culture

L’Équipe condamné face à son ancien DG, Laurent Prud’homme

Le quotidien sportif avait refusé de verser à son ancien dirigeant les primes prévues lors de son départ pour l’Olympique Lyonnais en 2023.

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THIBAUT DURAND / Hans Lucas via AFP

Ce match-là est perdu pour l’Équipe. Après des mois d’affrontement devant le tribunal des affaires économiques de Paris, le groupe de presse a été condamné à signer un joli chèque à son ancien directeur général, Laurent Prud’homme. Parti fin 2023 pour prendre la tête de l’Olympique Lyonnais, le dirig...

Mais un an après son départ, l’éditeur a adressé à Laurent Prud’homme un courrier annulant cet accord et tous les versements prévus. Selon lui, durant son passage à l’Équipe, l’ancien DG aurait « maintenu et développé des relations commerciales avec une société cliente qui n’était de toute évidence pas fiable (...) et a lourdement fragilisé la santé économique de 21 Production », peut-on lire dans le jugement. Ce client n’est autre que Fedcom Media, maison mère de la plateforme de diffusion Skweek. Le problème pointé ? L’entreprise n’a plus payé les prestations fournies pour le championnat de basket en raison de la situation de son propriétaire, le Hongrois Aleksej Fedoricsev, dont les avoirs ont été bloqués avec le conflit en Ukraine, pays où il est mis en cause pour des faits de corruption.

Comme l’avait révélé l’Informé, l’Équipe avait d’ailleurs poursuivi la société en justice, lui réclamant 5 millions d’euros. « L’imprudence de Laurent Prud’homme constitue une faute dans sa gestion face à un débiteur déjà défaillant, tout directeur général raisonnable n’aurait pas persévéré dans des relations contractuelles sur lesquelles pesait un aléa aussi fort », a dénoncé l’éditeur du journal en évoquant une dissimulation de sa part entraînant une « incapacité à avoir une pleine visibilité sur ses actes de gestion de 21 Production. »

Pour sa défense, l’ex-directeur a avancé que les problèmes rencontrés avec Fedcom Media n’étaient apparus qu’après la signature du contrat de juin 2023. « Il est choquant de voir (...) reprocher à M. Prud’homme une quelconque dissimulation (...) alors que la situation d’impayés de Fedcom Media était parfaitement connue au moment de la conclusion de l’accord transactionnel du 30 novembre 2023, qui comporte des dispositions à ce titre », a plaidé son avocat. D’ailleurs, plusieurs autres partenaires cumulaient aussi des ardoises laissées par Aleksej Fedoricsev : l’organisateur des matchs de basket 3X3, Oreca, ou encore le club de l’ASVEL de Tony Parker.

Ces arguments ont convaincu le juge. Pour lui, la situation de Fedcom Media était publique au moment du départ de Laurent Prudhomme avec « son retentissement dans la presse ; les répercussions de ce contrat, y compris les risques qu’il comportait, étaient donc connues ». Et d’ajouter, que l’éditeur de l’Équipe ne rapportait « pas la preuve d’une dissimulation intentionnelle » de la part de son ancien directeur général. Le groupe a donc été condamné à payer plus de 100 000 euros de surprimes cumulées, des intérêts de retard ainsi que 5 000 euros pour les frais d’avocat. En revanche, Laurent Prud’homme n’a pas touché les dommages et intérêts réclamés pour préjudice moral et matériel ainsi que résistance abusive. Depuis cette décision, le dirigeant a pris un nouveau poste à la tête des casinos Joa. Contacté, il n’a pas répondu à nos sollicitations tout comme l’Équipe qui a pu faire appel de cette décision.