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Continuer la lectureDe L’Indiscret à L’Infiltré : le cafouillage d’Erik Tegnér pour le lancement de son site
Le patron du magazine Frontières a dû renoncer au nom de son nouveau média deux jours seulement après l’avoir dévoilé, celui-ci étant déjà pris. Mais la nouvelle marque pourrait aussi poser problème.
« Nous préparons quelque chose d’énorme, un projet que nous construisons depuis des mois… » La mise en scène est soignée, le ton offensif. Dans une vidéo publiée vendredi 3 septembre sur les réseaux sociaux, Erik Tegnér veut marquer le coup. Le patron du magazine Frontières annonce l’arrivée du group...
Enfin c’est du moins ce qui était prévu. La société d’Erik Tegnér, Artefakt, avait même enregistré le nom de domaine lindiscret. Fr le 24 août. Pourtant ce week-end, le dirigeant a pris la parole sur X pour évoquer la création de… L’Infiltré. Exit L’Indiscret. Pourquoi un tel cafouillage ? Il s’avère que la marque initialement annoncée a déjà été déposée en fin d’année dernière par un autre groupe de presse, Robert Lafont. Ce dernier a donc l’antériorité sur ce mot et aurait pu en contester l’usage. « Lorsque j’ai appris ce projet, j’ai aussitôt pris mon téléphone et j’ai proposé de lui vendre ma marque ou de le poursuivre en justice, indique le patron de presse. Erik Tegnér s’est dit désolé, d’autant qu’il avait déjà communiqué sur L’Indiscret, mais il n’avait pas les moyens d’acheter ce nom. Il m’a donc promis de l’abandonner, ce qu’il a fait ce week-end ». Robert Lafont prépare lui aussi son média (gratuit celui-ci) mais doit encore constituer son équipe. « Je vais relancer l’Indiscret courant octobre. Une version papier existait en 2013 mais cette fois il s’agira d’un site Internet. »
Dans le Journal du Dimanche du 6 septembre, Tegnér n’évoque pas les raisons de ce changement mais détaille simplement : « avec L’Infiltré, nous changeons d’échelle. Jules Torres, journaliste au JDD et fin connaisseur des coulisses du pouvoir, en devient le rédacteur en chef. Une quarantaine de contributeurs participeront également à ce travail. » La page d’abonnement est déjà en ligne pour un lancement prévu le 29 septembre avec une édition tous les mardis à 20 heures, proposée 19,99 euros par mois.
Sauf que là encore, la marque choisie en urgence pourrait poser problème. D’abord, le nom de domaine Linfiltre.fr est déjà pris depuis mars 2026. Quant à Infiltre.fr (sans L), il a été déposé ce 6 septembre à 9h33 par la Fundacja Instytut Nowych Mediów (Fondation Institut des Nouveaux Médias), un think tank polonais, présidé par son fondateur, Eryk Mistewicz, lequel est déjà intervenu dans plusieurs médias français (l’Opinion, L’Express, le Figaro, Atlantico…). Il a fallu se résoudre à déposer Infiltremedia.fr en toute hâte ce dimanche, à 10h46 très exactement. Mais ce n’est pas tout. L’agence Capa a déjà déposé « Les Infiltrés », pour son émission d’investigation en caméra cachée, diffusée sur la Une de 2008 à 2013. Enregistrée à l’INPI en 2009 dans les classes produit de l’imprimerie, journaux et télécommunicatrions, la marque a même été renouvelée jusqu’en 2029. La proximité entre les deux intitulés pourrait engendrer un risque de confusion, d’autant que Capa est aujourd’hui détenue par TF1, en concurrence directe avec le groupe Bolloré et CNews. Contacté, le groupe TF1 n’a pas souhaité faire de commentaire. De son côté, Erik Tegnér n’a pas répondu à nos sollicitations.