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Continuer la lectureChallenges, Sciences et Avenir : la fuite des journalistes coûte une fortune à LVMH
Plus de soixante cartes de presse ont quitté le groupe Croque Futur cet été suite au rachat par le géant du luxe. Et certains préparent même une mise en demeure après des erreurs de calcul sur leur chèque.
Décidément, la presse revient cher à LVMH. Non seulement le groupe de luxe va devoir éponger les pertes records du Parisien, comme l’Informé l’a révélé, mais la reprise de Croque Futur (Challenges, Sciences et Avenir La Recherche) en décembre va aussi lui coûter davantage que prévu. La faute à la cau...
Et les problèmes ne s’arrêtent pas là. De nombreux ex-salariés ont eu la mauvaise surprise de découvrir qu’ils avaient payé deux fois la CSG sur leur chèque de départ. D’autres ne peuvent pas s’inscrire à France Travail… « Nous avions adressé des lettres recommandées pour signaler ces problèmes mais rien n’y a fait, indique une ancienne représentante du personnel. On a l’impression d’être géré par une PME en grande difficulté plutôt que par une multinationale du luxe très organisée. » Les journalistes ont donc décidé de monter le ton. Rassemblés dans une boucle de messagerie, « ExCroqueFutur », où ils partagent leurs déconvenues et leur irritation, ils se sont coordonnés pour lancer une procédure. « L’ensemble des partants du groupe, tous titres confondus, s’apprêtent à mettre en demeure notre ancien employeur », indique l’un d’entre eux. Le dossier a été mis entre les mains de maître Gasté du cabinet Mirande. « Il y a une grande désorganisation, renchérit une plume, sans avoir rencontré de problème à titre personnel. Mais le départ surprise des responsables de la finance et de la paie de Croque Futur n’a pas aidé et si on ajoute à cela le déménagement mené rapidement de Paris vers la Défense… ».
Pour les restants, la situation est aussi compliquée : quel que soit le magazine, chaque numéro doit être bouclé avec moins de salariés, de nombreux postes n’ayant pas (encore ?) été pourvus. Un nouveau directeur de la rédaction est arrivé chez Challenges en juin, Emmanuel Duteil, venu de l’Usine nouvelle. Il a embarqué avec lui Guillaume Dessaix, nommé directeur adjoint chargé de l’édition et a désigné deux autres adjoints à ses côtés, Raphaël Legendre en provenance de BFM Business et ancien de l’Opinion (autre titre acquis par LVMH) ainsi qu’Emmanuel Botta, jusqu’ici rédacteur en chef du numérique. En recherche d’économies, le magazine a vu sa pagination réduite : d’ordinaire autour d’une centaine de pages avant l’été, elle est passée à 90 dans le numéro du 27 août et même à 82 dans celui du 3 septembre. La double page Santé & sciences, rubrique réalisée avec Sciences et Avenir, a disparu, tout comme celle dédiée aux médias. « Il risquait d’y avoir trop de conflits d’intérêts avec le nouvel actionnaire qui détient de nombreux titres de presse, une radio… », analyse un ancien, même si le secteur continue d’être traité en dehors de cette rubrique. Interrogée, la direction assure que la page médias fera son retour dans les prochains numéros.