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Médias - Culture

#BalanceTonInfluenceur : l’offensive d’Arthur Lombard (Studio Danielle) face à Prisma, BFM, France Télé…

Pour laver sa e-réputation, le youtubeur cherche à faire supprimer ou modifier l’ensemble des articles de presse mentionnant des accusations portées contre lui en 2022. Souvent avec succès.

Arthur Lombard, avec Danielle Renault, son acolyte de la chaine Youtube Studio Danielle.
Arthur Lombard, avec Danielle Renault, son acolyte de la chaine Youtube Studio Danielle. ANDREAS RENTZ / Getty Images via AFP

C’est un scandale qui, comme souvent sur les réseaux, a éclaté autour d’un hashtag. À l’été 2022, les posts terminant par #BalanceTonInfluenceur se multiplient sur Twitter. Plusieurs influenceurs y sont accusés d’avoir échangé des messages inappropriés avec des jeunes femmes mineures ou de leur avoir demandé des photos dénudées. Parmi eux, on trouve le streamer Amaru, mais aussi Arthur Lombard, moitié du duo Studio Danielle, connu pour sa chaîne humoristique sur Youtube (1,74 million d’abonnés aujourd’hui). Rapidement, la polémique enfle.

Dans un texte publié sur les réseaux sociaux à l’époque, le trentenaire s’explique en quelques lignes : « Oui, j’ai déjà échangé des photos intimes. Non, je ne connaissais pas l’âge de la personne concernée. […] Jamais je n’ai contraint qui que ce soit à rien. Jamais je ne causerai volontairement du tort à quelqu’un, ni sur les réseaux, ni dans la vraie vie. » Plusieurs médias se font alors l’écho du scandale, et relatent les témoignages publiés ainsi que les réactions des protagonistes.

Le dossier ne connaît finalement pas de rebondissements majeurs, et trois ans plus tard, en 2025, l’influenceur demande la suppression de plusieurs articles de presse concernant l’affaire. Purebreak (Webedia) supprime deux articles, Programme TV (Prisma Media) un. Pour sa part, BFM TV modifie son papier et retire toute mention d’Arthur Lombard.

Mais un média résiste : France Info. Dans une mise en demeure adressée à la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte Cunci, en sa qualité de directrice de publication, il est demandé la suppression des passages mentionnant les nom et prénom de l’influenceur dans l’article intitulé « #BalanceTonInfluenceur : quatre questions sur ce hashtag qui a émergé sur les réseaux sociaux ». Arthur Lombard estime en effet que le papier est « attentatoire à sa vie privée, à son droit à la protection des données personnelles et à son droit à l’oubli ». La requête est dans un premier temps refusée par le groupe public, estimant que la publication en question et l’inclusion de l’identité de la star du web sont « justifiées par la contribution à un débat d’intérêt général ». Mais après plusieurs échanges, en avril dernier, l’entreprise coupe la poire en deux, et anonymise « exceptionnellement, à titre d’apaisement et sans reconnaissance préjudiciable du bien-fondé de la réclamation » le nom de famille de l’influenceur dans l’article : Arthur Lombard devient alors « Arthur L. » Une mesure loin de satisfaire le mis en cause, qui choisit d’attaquer la société en référé.

Dans le jugement repéré par l’avocat Alex Archambault (qui n’a pas dévoilé l’identité de l’intéressé) et consulté par l’Informé, le youtubeur déplore le « maintien en ligne » de ces données depuis près de quatre années, indiquant que les « insinuations » de l’époque, qu’il qualifie d’« anonymes et mensongères », n’auraient jamais été vérifiées « par aucun moyen de preuve ni par la mise en œuvre d’une procédure ». Il voit ainsi dans le maintien en ligne des passages litigieux « un casier judiciaire virtuel éternel » et indique être « dans un état d’accablement et de grande angoisse psychologique ». De son côté, France Télévisions soutient que l’influenceur n’est plus identifiable dans la dernière version de l’article, d’autant que son « nombre d’abonnés n’est plus à jour ». Une version contredite par Arthur Lombard, qui pointe qu’« aucun autre producteur de contenus » ne s’appelle « Arthur L. »

Finalement, le tribunal judiciaire de Paris lui a donné tort, estimant qu’il avait échoué à démontrer qu’il était bien identifiable dans l’article litigieux. Une décision dont Arthur Lombard envisage de faire appel, selon nos informations. Son avocat n’a pas souhaité commenter la décision. Contactée, Ilana Soskin, conseil de France Télévisions et de Delphine Ernotte Cunci, a indiqué à l’Informé que sa cliente ne souhaitait pas commenter l’affaire.