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Médias - Culture

Quotidien s’était moqué de lui, l’influenceur Julien Geloën débouté

L’ancien candidat de Secret Story avait attaqué en justice l’émission de Yann Barthès pour deux chroniques qui ironisaient sur ses placements de produit pour Air Up et Coca-Cola.

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Capture d’écran de l’émission Quotidien sur TMC

Les blagues ne l’ont pas vraiment fait rire. L’influenceur Julien Geloën, qui s’est fait connaître en 2016 pour avoir gagné Secret Story, s’est lancé dans une bataille judiciaire contre Quotidien, qui avait ironisé sur deux de ses partenariats commerciaux. Le 12 mai 2022, dans sa chronique « L’Influencé », le journaliste Nicolas Fresco avait repris une vidéo Instagram de l’influenceur sur les gourdes Air Up, qui aromatisent l’eau du robinet par un processus de rétro-olfaction. « C’est un peu le Xanax de la gourdasse, commentait le chroniqueur. Ça vous fait croire que la vie a du goût alors qu’en fait, elle n’en a aucun. » Le 2 décembre, il raillait une vidéo promotionnelle du créateur de contenus, qui présentait une « innovation » de Coca-Cola : des bouchons qui restent attachés à leur bouteille lorsqu’ils sont dévissés. « Si on enlève toutes les marques qui font ça depuis 2016, oui c’est du jamais vu. C’est d’ailleurs tellement une innovation que l’Union européenne a annoncé en 2019 que ces bouchons deviendraient obligatoires en 2024. Mais ça personne n’était payé pour le dire. » 

Deux séquences pour lesquelles l’influenceur aux 400 000 abonnés a assigné Bangumi, qui produit l’émission de TMC, devant le tribunal judiciaire de Nanterre. Il estime qu’elles portent atteinte à son droit à l’image, et qu’elles contiennent des « propos moqueurs et satiriques » qui « ne viennent nourrir aucune discussion sur un sujet d’intérêt général, ne s’accompagnent d’aucune analyse sérieuse ou révélation d’importance publique ». Il ajoute que l’utilisation de ses contenus avait une visée commerciale pour la société de production de Yann Barthès. « La chronique a été isolée sur les plateformes de streaming et des publicités y ont été ajoutées, ce qui a évidemment généré des revenus pour l’émission, estime Me Raphaël Molina, avocat de Julien Geloën. Quotidien aurait dû lui demander son autorisation avant d’utiliser ses contenus et son image dans un objectif commercial. » L’influenceur demandait le retrait des contenus, 15 000 euros de dommages et intérêts - 10 000 pour son préjudice moral, 5 000 pour son préjudice patrimonial - ainsi que 6 500 euros de frais de procédure. « M. Geloën a subi un préjudice très important pendant de nombreux mois, il est passé pour un imbécile auprès d’une bonne partie des annonceurs, raconte à l’Informé son avocat. Son image, c’est son business. Si une personne la reprend pour la dénigrer, il est normal qu’il s’en offusque. »

En face, selon Bangumi, ces images contribuent à la libre information du public sur un sujet d’intérêt général : la promotion de produits et services par des influenceurs. La société de production a expliqué au tribunal que la chronique de Nicolas Fresco sur les gourdes n’avait pas pour but de critiquer Julien Geloën, mais « le manque de cohérence de la marque [Air Up] qui d’une part prône une responsabilité environnementale et écologique, et d’autre part, commercialise une gourde qui requiert l’achat régulier d’anneaux en plastiques ». La séquence sur Coca-Cola visait quant à elle à souligner « l’hypocrisie de l’entreprise » qui aurait souhaité, via des influenceurs, « faire passer une simple obligation légale [...] pour une ’innovation’ ». Pour Bangumi, la vidéo de l’influenceur s’inscrivait dans la « stratégie de greenwashing » mise en place par Coca-Cola et mise en lumière par l’ONG Break Free From Plastics un mois avant la chronique.

Ce 15 janvier, le tribunal a finalement donné raison à Quotidien. Il considère que les séquences contribuent bel et bien à un débat d’intérêt général, sur la promotion de « produits présentés comme durables ou respectueux de l’environnement [...] mais qui relèveraient du greenwashing ». Julien Geloën a été débouté et devra payer 4 500 euros de frais de procédure à Bangumi. Une somme qu’il est a priori en mesure de payer : sa holding personnelle SMB Prod a été valorisée pas moins de 400 000 euros lors d’une récente réorganisation du capital…  Son avocat, Me Molina, indique à L’Informé qu’il fera appel : « L’influence est un domaine nouveau, et je pense que nous pourrons obtenir une véritable évolution de la jurisprudence sur ce sujet en appel. » Contacté via son avocate, Me Lorraine Gay, Bangumi indique n’avoir aucun commentaire particulier à faire, ni d’information sur un éventuel appel à ce jour.