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Industrie

« On a été lâchés par la France »...  Atterrissage forcé pour la start-up spatiale Prométhée

Ce jeune fournisseur aixois de nano-satellites d’observation de la Terre a été placé en redressement judiciaire, fin juillet. Son patron se dit déçu par le manque de soutiens publics.

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Le tribunal de commerce d’Aix-en-Provence a ouvert un redressement judiciaire pour Prométhée Earth Intelligence le 30 juillet dernier, faisant remonter la cessation des paiements à mars 2026. L’administrateur judiciaire, qui vient de lancer une recherche de repreneurs, attend d’éventuelles candidatures pour le 4 septembre, preuve que la situation financière de cette start-up du spatial est critique. « Nous sommes à court de cash », reconnaît Olivier Piepsz, cofondateur et président de ce jeune fournisseur de solutions satellitaires d’observation de la terre. Cette société, créée en janvier 2020 avec le soutien des sociétés Hemeria, ADF, Comat et d’investisseurs individuels, a enregistré une perte nette de 4,3 millions d’euros en 2025, après des déficits de 3,8 millions d’euros en 2024 et de 2,1 millions d’euros en 2022. Son chiffre d’affaires s’est monté à 712 000 euros en 2025. Elle n’emploie plus que 35 salariés, après en avoir compté près de 60.

« Avant le redressement judiciaire, la société a été en conciliation durant 2 mois, pour permettre de finaliser une nouvelle levée avec quatre fonds d’investissement, pour un montant total voisin de 25 millions d’euros, explique Olivier Piepsz. Nous passions déjà des entretiens d’embauche, mais tout a été annulé soudainement. On s’était reporté sur le privé pour notre recherche de financements, après avoir été lâchés par la France, qui nous a soutenus à nos débuts. Et pas retenus par l’Europe qui a pourtant reconnu notre projet stratégique ».

L’absence de Prométhée dans la liste des 30 lauréats du programme public France 2030 pour le spatial, en juin 2025, a été un gros coup dur pour cette société qui a bâti son modèle sur la mise en orbite d’une constellation de nano-satellites (40 kg) et une offre numérique d’analyse de données d’observation de la Terre. Surtout qu’au même moment, son gros concurrent franco-américain, Loft Orbital, gagnait, avec U-Space, l’appel d’offres du Centre national d’études spatiales (CNES) pour la démonstration et la validation en orbite de technologies spatiales.

« Nous avions pourtant démontré que notre nano-satellite en orbite fonctionnait, avec la transmission avec succès de premières images via le réseau mondial de stations sol de Skynopy, poursuit le fondateur. Nous avions déjà levé 15 millions d’euros avec le privé et nous avions 10 à 12 millions d’euros de contrats ». Une dizaine de pays s’étaient montrés séduits, dont l’Ukraine, qui a signé un accord stratégique, en octobre 2025. « Avec un coup de pouce financier de l’Etat, via France 2030 ou Bpifrance par exemple, Prométhée changeait d’échelle et emmenait des fonds privés ! »