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Continuer la lectureThierry Casasnovas, le « gourou du cru », visé par de nouvelles accusations
Une ex-partenaire avec qui l’influenceur controversé avait lancé un business de noix de coco bio l’attaque pour harcèlement. Lui-même à porté plainte dans cette affaire.
C’est devenu une figure sur les réseaux sociaux. Souvent surnommé « gourou du cru », Thierry Casasnovas vante les bénéfices du jeûne ou dénonce les « mensonges » de la médecine traditionnelle auprès de 22 500 followers sur Instagram et surtout 3 millions d’abonnés sur Youtube. S’appuyant sur « une sé...
Dans sa plainte, que l’Informé a pu consulter, Aurélie Viard accuse le couple de « harcèlement » contre elle et son époux et affirme que tous deux « incitent à la haine avec intention de [leur] nuire ». Thierry Casasnovas utiliserait pour cela « ses canaux YouTube, Telegram, Facebook, Twitter », suivi par 3,25 millions d’abonnés au total. On y trouve ainsi un montage photo posté en 2024, présentant Éric et Aurélie Viard comme ses adversaires, de même que Jean-Baptiste Cesbron, leur avocat, par ailleurs engagé dans des institutions de lutte contre les dérives sectaires. En 2020, Thierry Casasnovas a également mis en ligne une vidéo intitulée Ma réponse à la vidéo de Biovie sur les cocos « 15 ans d’amitié… », visionnée 25 500 fois, dans laquelle il accuse Aurélie Viard de s’être « immiscée dans [sa] vie privée » et d’avoir « diffusé des rumeurs sur [lui] ». À l’Informé, Thierry Casasnovas assure que ce sont « Éric et Aurélie [Viard] qui ont choisi les premiers de médiatiser l’affaire » en publiant « une vidéo polémique ». Celle-ci aurait atteint « rapidement 40 000 vues » et « entraîné un véritable harcèlement public à [son] encontre ». L’influenceur aurait alors « exercé [son] droit de réponse (...) sans agressivité. »
Pour arguer du « harcèlement » qu’elle subirait, Aurélie Viard s’appuie aussi sur des captures d’écran de story Instagram postées par Estelle S., que nous avons consultées et qui la décrivent comme habitée par « la jalousie » et « l’obsession de [la] détruire » (sic). L’ensemble des contenus publiés par le couple aurait déclenché la fureur de Thierry Casasnovas, Aurélie Viard affirmant avoir reçu « des centaines de commentaires et de messages d’insultes ou de menaces » ces dernières années.
Contactée, Estelle S. répond : « En 8 ans, je n’ai évoqué qu’à deux reprises, sur un compte Instagram strictement privé et dépourvu de toute visibilité publique, mes problèmes de santé consécutifs aux multiples agressions d’Aurélie Viard. » Elle estime que cette plainte viserait « à inverser les rôles », car elle-même a porté plainte contre Aurélie Viard en mai 2024. Elle accuse cette dernière d’avoir « multiplié les publications sur les réseaux sociaux pour [la] dénigrer, [l’]insulter » et « faire des analyses dégradantes de [sa] personnalité », sous la forme « d’une centaine de publications étalée sur 8 ans ». Aurélie Viard aurait veillé « à ne jamais citer [Estelle S.] nommément », « tout en fournissant suffisamment d’éléments pour permettre à ses lecteurs de [l]’identifier sans ambiguïté ».
« Emprise mentale » et noix de coco
Pour comprendre comment la situation s’est envenimée entre ceux qui ont longtemps été amis, il faut remonter en 2016. Thierry Casasnovas et Éric Viard se lancent dans l’importation de noix de coco biologiques fraîches depuis la Thaïlande. « Dans ce projet, Thierry Casasnovas n’a rien fait, argue Éric Viard. Je suis ingénieur en agronomie tropicale ; j’ai effectué les différents déplacements à l’étranger pour trouver les partenaires, créé la formule du produit permettant la conservation des cocos durant le transport, géré le dépôt de la marque et du logo, puis la gestion de toute la filière », déroule-t-il. Aurélie Viard, elle, résume « On prenait tous les risques financiers et lui, il devait capter 50 % des bénéfices sous prétexte qu’il faisait la promo sur ses réseaux. » La relation entre Biovie et l’influenceur n’a par ailleurs jamais été contractualisée, ce que confirme Thierry Casasnovas. Mais en 2018, le youtubeur affirme avoir entamé des négociations avec Éric Viard « pour entrer au capital de (...) Biovie », car la société « avait pris de la valeur grâce à la visibilité qu’[il] lui apportai[t] ». « Le partage 50/50 ne suffisait plus », estime Thierry Casasnovas, qui impute l’échec de ces négociations au fait qu’Aurélie Viard a voulu « [l’]évincer » car « elle voyait d’un très mauvais œil la possibilité qu’[il] rentre dans le capital de l’entreprise ».
Le couple Viard estime de son côté qu’en 2019, soit un an après le lancement effectif de la commercialisation des cocos, le gourou du cru se serait désinvesti de ce projet, qui n’aurait pas été assez vite lucratif pour lui. Puis, en 2020, une enquête est ouverte contre Thierry Casasnovas après que les autorités ont été alertées au sujet de ses contenus complotistes, antivax et potentiellement dangereux pour la santé du public. « C’est à partir de là que j’ai commencé à réaliser l’emprise mentale qu’il exerçait sur moi, se rappelle Aurélie Viard, et notre couple s’est peu à peu éloigné de lui, car nous n’étions plus en phase avec ses pratiques et que les polémiques nuisaient à nos affaires. » Un scénario que récuse Thierry Casasnovas : « Il est totalement infondé de parler d’une quelconque emprise mentale de ma part [sur Aurélie Viard], d’autant plus qu’il n’existe aucun échange entre elle et moi avant [2018]. » L’influenceur reproche aussi à ses ex-partenaires d’avoir « annoncé la prétendue suspension des importations de cocos en raison d’une grève au port de Marseille » en février 2020, avant que Biovie « relanc[e] la filière des cocos en utilisant exactement les mêmes fichiers clients, les mêmes références, le même producteur, et même un visuel quasiment identique à celui (...) créé ensemble. »
Trois ans plus tard, l’influenceur est mis en examen pour « abus de confiance », « faux et usage de faux », « exercice illégal de la médecine », « exercice illégal de la pharmacie », « pratiques commerciales trompeuses », « abus de biens sociaux », « blanchiment » et « abus de faiblesse » et sa crédibilité s’effondre. C’est aussi en 2023 qu’il porte plainte contre ses anciens partenaires et, selon Aurélie Viard, « commence à [l’]’accuser publiquement d’avoir éloigné son ami de lui. » Puis le bal des plaintes s’intensifie, avec celle d’Estelle S. en mai 2024, suivie de celle d’Aurélie Viard en juin 2025. En décembre dernier, « épuisée par l’affaire », elle a démissionné de l’entreprise Biovie. Le délibéré de la plainte de Thierry Casasnovas sera rendu au printemps.