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Le Campus Cyber fragilisé : Thales renonce à s’agrandir et quitte le conseil d’administration

Le groupe de défense français s’était engagé à occuper au moins 450 mètres carrés supplémentaires au sein de la structure vitrine du numérique français. Il n’est pas le seul à revoir ses ambitions à la baisse.

Inauguré par Emmanuel Macron en 2022, le Campus Cyber à la Défense
Inauguré par Emmanuel Macron en 2022, le Campus Cyber à la Défense ERIC BERACASSAT / Hans Lucas via AFP

Coup dur pour le Campus Cyber, ce lieu totem voulu par le président Emmanuel Macron en 2022 pour rassembler les compétences publiques et privées tricolores dans la sécurité numérique. Installée dans la tour Eria de la Défense (Hauts-de-Seine), la structure, financée aux trois quarts par les loyers de...

Selon les statuts de la société anonyme, la qualité de membre de droit du conseil d’administration est conditionnée à la superficie sous-louée : au moins 900 mètres carrés ou bien 450 mètres carrés dans un premier temps puis 450 de plus dans un délai de trois ans. Compte tenu de cette règle, deux des six administrateurs historiques (Thales, Sopra Steria, l’ANSSI, Capgemini, Atos-Eviden et Orange Cyberdéfense) devaient s’étendre ces dernières semaines s’ils voulaient conserver leur place au conseil : Thales et Sopra Steria. Or, le premier a refusé. « Nous n’avons pas ménagé nos efforts pour parvenir à une solution positive, mais cela n’a malheureusement pas été possible », regrette Joffrey Célestin-Urbain dans son mail.

Sopra Steria, pour sa part, conserve son fauteuil après des négociations menées cet été. « L’entreprise a signé avec le Campus, le 24 juillet, un avenant à son bail portant sur la location de 645 mètres carrés d’espaces supplémentaires avec une option pour monter à 795 mètres carrés », se félicite le président dans son message.

Interrogé, Joffrey Célestin-Urbain assure à l’Informé que « le groupe Thales demeure étroitement associé à la gouvernance, notamment via sa participation aux collèges qui structurent l’activité du Conseil ». Au-delà de cette gouvernance, « la société reste engagée dans plusieurs projets technologiques et internationaux d’envergure et continue à prendre pleinement sa part dans la vie de l’écosystème », ajoute le dirigeant. Même son de cloche du côté de l’industriel, qui rappelle faire « partie des tout premiers acteurs à avoir soutenu le Campus Cyber, dès sa création en 2022 ». Et d’ajouter, « cet engagement n’a pas faibli depuis, assure ce grand nom de la cybersécurité. Nous y maintenons le même niveau d’investissement qu’à l’origine. »

La société installée à la Défense compte comme premier actionnaire l’État (44 % des droits de vote) aux côtés de 167 partenaires venant du privé (comme Orange, Bull, Safran, Hermès…) mais aussi du public (SNCF, La Poste, la Française des Jeux…). Pour autant, cette décision n’est pas une bonne nouvelle provenant d’une entreprise du CAC40, très impliquée dans le domaine de la sécurité numérique et partenaire de la première heure de ce projet très politique. L’an dernier déjà, le cabinet de conseil en cybersécurité, Headmind, autre actionnaire historique du lieu, avait déjà décidé de réduire son nombre de mètres carrés.