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Continuer la lectureLe Campus Cyber fragilisé par le départ de plusieurs entreprises
Offre professionnelleDes sociétés qui occupaient cette structure dédiée à la cyberdéfense depuis sa création ont décidé de quitter les lieux ou de diminuer leur surface à la fin des premiers baux. Un nouveau président doit relancer la machine.
Premier bilan pour le Campus Cyber. Trois ans après son ouverture, ce lieu totem de la cyberdéfense tricolore voulu par Emmanuel Macron, arrive à un tournant de sa jeune existence. Rassemblant les compétences publiques et privées de la sécurité numérique, la tour Eria dans le quartier de la Défense v...
La réunion devait permettre de soulever des questions sur l’avenir. Dans le rapport d’activité, dont l’Informé a obtenu copie, son ancien président parti le 10 juin dernier, Michel Van Den Berghe, prévient : « la clôture de l’exercice coïncidait avec la fin de la première période triennale ouvrant la possibilité pour l’ensemble des sous-locataires (...) de résilier leur bail. L’un des résidents, occupant 780 m² (sur plus de 26 500 m2), a décidé de réduire significativement la surface louée. En conséquence, une diminution du chiffre d’affaires locatif est anticipée pour l’année 2025. »
Il s’agit selon nos informations du cabinet de conseil en cybersécurité, Headmind, l’un des actionnaires historiques du Campus Cyber, dont Michel Van Den Berghe est devenu administrateur en mai dernier. « Ils ont perdu un important appel d’offres du gouvernement qui devait se réaliser au Campus, cela les a sans doute décidés à rendre une grosse partie de la surface occupée », explique un proche du dossier. D’autres sociétés sont parties ou ont réduit la voilure comme Wavestone, Siemens, Fortinet, Neverhack ou encore Advens.
« Le turnover n’est pas forcément un problème, relativise une autre partie prenante. Il permet à certains de grandir et à d’autres qui étaient sur liste d’attente, d’arriver dans la tour Eria. L’intérêt est de remplir ces surfaces puisque le propriétaire de l’immeuble ne connaît qu’un seul locataire, le Campus Cyber ». De fait, d’autres entreprises devraient poser leurs valises comme Deutsche Telekom ou Cohesity et l’association du secteur, le Clusif, a pris davantage de mètres carrés. Sopra Steria envisage aussi de s’étendre. Mais la balance entre partants et nouveaux arrivants est globalement négative pour le moment. Or la sous-location des espaces est essentielle à l’activité du Campus puisqu’elle représente les trois quarts de ses revenus, l’organisation d’événements en assurant 10 % et les subventions (dont celle de Bpifrance de 4,3 millions d’euros sur quatre ans et qui s’arrête bientôt) 15 %.
Le changement de gouvernance n’a pas aidé. Le remplaçant du président fondateur Michel Van Den Berghe, qui avait annoncé son départ en octobre dernier, est arrivée 10 juin seulement. Joffrey Célestin-Urbain, jusqu’ici chef du service de l’information stratégique et de la sécurité au ministère de l’Économie et des Finances, a dû attendre le feu vert de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) pour prendre ses fonctions. Certes, il hérite de comptes dans le vert avec un chiffre d’affaires de près de 24,5 millions d’euros en 2024 en hausse de 7,7 % et un bénéfice de 789 000 euros (en baisse de 10,4 % en raison de la fin de reports déficitaires). Mais il va aussi devoir donner un second souffle à cette initiative dans un environnement compliqué avec le développement du télétravail (20 % de salariés en moins les vendredis dans cette zone) et la crise immobilière dans le quartier de la Défense fait de tours de verre. « C’est une année importante pour l’avenir du Campus après la construction du projet, il s’agit désormais de passer à une autre phase, et je continue à y croire », souligne un membre du conseil auprès de l’Informé. « Le nouveau président va devoir mettre les mains dans le cambouis et réaliser un travail de camelot pour trouver de nouveaux locataires et développer l’animation du lieu », ajoute un connaisseur.
La situation géopolitique et les relations compliquées avec le président américain Donald Trump peuvent aider à renforcer les liens entre les acteurs français et européens de la cyberdéfense. Et le Campus pourrait donc jouer ce rôle. Contactée, la direction n’a pas répondu à nos sollicitations au moment de la publication.
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