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Continuer la lectureBrandt : un candidat éconduit dénonce des irrégularités dans la reprise
B5 Group, VTX Groupe et Jonas France estiment que le tribunal des activités économiques de Nanterre n’aurait pas dû attribuer à Cafom l’ancien fleuron de l’électroménager.
Le 13 mars, le tribunal des activités économiques de Nanterre attribuait au distributeur Cafom les marques et des stocks de Brandt, placé en liquidation judiciaire en décembre. Une excellente nouvelle pour certains, une curieuse surprise pour d’autres… « Les calculs ne sont pas les bons !, s’étonne David Houri, à la tête de B5 Group, qui avait lui aussi déposé une proposition de reprise des marques et brevets du groupe d’électroménager, aux côtés de VTX Groupe et de Jonas France. Notre offre additionnée à celle de CNSI (sur les stocks) était supérieure à celle de Cafom, alors pourquoi le juge a-t-il opté pour une solution moins disante pour les créanciers ? » Erreurs de calcul, tromperie, tentatives de dernière minute d’invalider des candidatures… De nombreux aléas étranges auraient émaillé la procédure de reprise de ces actifs très convoités : 36 offres distinctes avaient été déposées, comme l’avait révélé l’Informé. Dans une lettre adressée au procureur de la république et au président du tribunal des activités économiques de Nanterre, son avocat François Leroy demande donc de faire appel sur ce dossier brûlant. Seuls les liquidateurs de la société (Marc Sénéchal de BTSCG et Patrick Legras de Grandcourt, co-liquidateur) et le procureur de la République ont la possibilité de le faire.
Le principal argument des contestataires repose sur un calcul erroné selon eux : l’offre de Cafom serait inférieure de 2,6 millions d’euros au total qui aurait pu être obtenu en additionnant leur proposition et celle, complémentaire, de CNSI. « Les créanciers ont été lésés » souligne l’avocat. Dans son ordonnance daté du 13 mars dernier, le tribunal assure que Cafom aurait surenchéri sur certaines créances pour 3,498 millions d’euros : elles concernent les stocks, sur lesquels les sociétés Prologis et Cetelog ont effectué des saisies conservatoires après la liquidation judiciaire. Mais voilà, tous les candidats ont dû s’adapter en faisant une offre spécifique à ces acteurs et selon nos informations tous les candidats - Cafom compris - se sont alignés sur les mêmes montants. « La société Cafom a trompé la vigilance du juge-commissaire », accuse la missive. « On se retrouve dans une erreur de calcul gênante : le juge-commissaire peut se tromper, mais les co-liquidateurs judiciaires doivent aider à la compréhension du dossier », estime François Leroy. Interrogé par l’Informé, le PDG de Cafom Hervé Giaoui assure qu’il ne paiera en effet que le montant négocié, sans surenchère. L’ordonnance du juge n’a par ailleurs pas pris en compte les actifs immobiliers pour lesquels des offres avaient été déposées.
Enfin une série « d’anomalies troublantes » a visiblement émaillé le processus de liquidation. Le 18 février dernier, les candidats se sont vus accorder 5 minutes pour présenter leur offre ; le juge leur a systématiquement demandé de ne pas s’asseoir, et de se contenter d’inscrire un montant sur un papier, sans que le fond des projets ne soit abordé. Les prétendants éconduits soulignent aussi « l’opacité » concernant les « garanties à offrir », un moyen d’écarter des candidats selon eux. Sur ce point, B5 Group et ses acolytes ont rencontré bien des obstacles. Le consortium souhaitait au départ faire garantir son offre par la banque HSBC Luxembourg, mais les liquidateurs s’y sont opposés. Il a donc dû faire appel à HSBC France. Or dans un message électronique adressé le 12 mars à 21 h 46, la veille de l’attribution de Brandt, le liquidateur indiquait que l’offre n’était pas valide, les garanties proposées devant l’être par « une banque ayant son siège en France », quand bien même HSBC est bien immatriculée au registre du commerce français… Contestée dans la foulée, cette erreur, dont l’ordonnance ne tient finalement pas compte, reste intrigante. L’argument a aussi été utilisé pour écarter l’offre de Stephan Français, garantie par la banque camerounaise Algest.
Pour couronner cette séquence troublée, l’ordonnance attestant de la décision n’a pas été diffusée aux candidats malheureux comme il est d’usage, mais seulement à Cafom, le 13 mars au soir. Un détail d’importance, puisqu’une course contre la montre démarrait à cette date : le délai pour déposer un appel est de seulement 10 jours. « Ce sont de mauvais perdants. Et des soldeurs, alors que nous, nous allons protéger les marques, et gérer le service après-vente, avec les pièces détachées que nous reprenons aussi », assure Hervé Giaoui à l’Informé. Contactés, les liquidateurs de la société et le tribunal des activités économiques de Nanterre n’avaient pas répondu à l’heure de la publication.