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Continuer la lectureAntivirus : le russe Kaspersky contraint de tailler dans ses effectifs en France
L’éditeur de logiciels continue de subir les effets de la guerre en Ukraine. Il a perdu de nombreux clients dans les administrations et les grandes entreprises.
Les temps sont durs pour Kaspersky. L’éditeur russe de logiciels d’antivirus n’en finit pas de payer les dommages collatéraux de la guerre en Ukraine. Les revenus de sa filiale française ont chuté d’un quart entre 2021 et 2024, de près de 30 à 22,4 millions d’euros, et les effectifs ont été réduits d...
À l’origine de ses difficultés, bien sûr, ses liens avec Moscou qui inquiètent les autorités françaises. Aux États-Unis, l’éditeur a carrément été interdit par le département du commerce en septembre 2024 pour des raisons de sécurité nationale. En France, la position est plus nuancée. Dès 2022, le cybergendarme de l’État, l’Anssi, avait indiqué que « l’utilisation d’outils tels que ceux de la société Kaspersky, peut être questionnée du fait de son lien avec la Russie ». En ajoutant toutefois, qu’ « à ce stade, aucun élément objectif ne justifie de faire évoluer l’évaluation du niveau de qualité des produits et services fournis. » Bien que mesurée, cette communication a eu un effet repoussoir auprès des administrations, d’autant qu’une note de Bercy les invitait à exclure la société de futurs appels d’offres. Malgré les propos rassurants de l’éditeur dans une vidéo mise en ligne sur les réseaux sociaux - « en 25 ans d’histoire, il n’y a eu aucun cas avéré de mauvais comportement de notre part » - rien n’y a fait.
« La chute a été plus lente en France car les utilisateurs ont attendu généralement la fin des contrats de licences pour ensuite ne pas les renouveler, indique un concurrent. Le risque identifié est que le Kremlin fasse pression sur Kaspersky pour le contraindre à ne plus mettre à jour les antivirus et fragiliser ainsi la sécurité de ses clients européens plus exposés aux attaques. » La simple évocation de ce scénario a poussé les responsables informatiques à revoir leurs choix en matière de cybersécurité. Les nombreux rivaux de l’entreprise moscovite, Sophos, TrendMicro, ou encore Eset, ont alors profité de cette défiance. « Nous avons tous récupéré certains de ses clients, poursuit le concurrent. Certains des acteurs du marché ont même utilisé cet argument dans leur démarchage commercial. »
La situation n’est guère meilleure pour la société mère, aujourd’hui basée au Royaume-Uni et représentant une trentaine de filiales dans le monde. Dans ces derniers résultats, l’entreprise fondée en 1997 par Eugène Kaspersky, diplômé de la faculté de mathématique de la haute école du KGB de l’époque, mentionne une chute de 44 % de ses revenus fin 2024 à 444,5 millions de dollars et de 86 % de son bénéfice net à 20,7 millions de dollars. La filiale anglaise est même en cours de liquidation. Cette procédure, toujours en cours, ne devrait toutefois pas affecter « son activité économique au Royaume-Uni puisque la stratégie commerciale de l’entreprise dans le pays s’appuie sur un réseau de partenaires ».