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Continuer la lectureCybersécurité : le fonds Jolt Capital bien parti pour reprendre Tehtris
Offre professionnelleEn difficulté, la société devrait être récupérée par l’un de ses soutiens financiers. Les cofondateurs, deux anciens de la DGSE, ont déjà quitté la start-up.
« C’est un beau gâchis ». Un investisseur de la start-up Tehtris ne cache pas sa déception face à l’échec d’une des pépites tricolores de la cybersécurité. Aujourd’hui placée en redressement judiciaire, la prometteuse société cofondée en 2010 par deux anciens membres de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), Éléna Poincet et Laurent Oudot, cherche un repreneur. Selon nos informations, le fonds Jolt Capital, présent depuis 2022 au capital de la jeune pousse, a fait une offre de reprise confidentielle, et semble désormais bien placé pour reprendre Tehtris. Même si d’autres prétendants peuvent encore se positionner d’ici la date butoire du 27 mai, le tribunal des activités économiques de Paris devant statuer début juin.
Tehtris, l’une des égéries de la French Tech, a développé une solution de détection et de réponse (XDR) aux intrusions informatiques en analysant le « comportement » d’un réseau et en alertant lorsqu’une anomalie est détectée. Une technologie tricolore souveraine et destinée à concurrencer celles développées par des groupes américains et israéliens. Pour s’internationaliser, la société a levé 20 millions d’euros en 2021 auprès de Tikehau Ace Capital, CNP Assurances ou encore Nouvelle-Aquitaine Co-Investissement, puis 44 millions un an plus tard auprès de Jolt Capital. Malgré ces montants importants et la qualité de ses produits, les ennuis s’accumulent. « Ils n’ont pas réussi le passage à une plus grande échelle lorsqu’il a fallu vendre leurs services via des grands intégrateurs comme Capgemini ou Orange Cyberdéfense, indique un connaisseur. Sans compter les problèmes d’ego des cofondateurs. Éléna n’écoutait personne. »
La campagne de communication agressive faite par Tehtris sur sa capacité unique à détecter sur les smartphones la présence du logiciel espion israélien Pegasus, qui a ciblé des hommes politiques et des journalistes de plusieurs pays, n’a guère plu dans le secteur. « L’équipe dirigeante était un peu particulière et s’est mis beaucoup de monde à dos », ajoute un concurrent.
Les tensions internes ont atteint un tel niveau que la dirigeante, Éléna Poincet, a été débarquée par les fonds en septembre dernier. Avant que Laurent Oudot, cantonné un temps au poste de directeur technique, ne fasse ses cartons en début d’année. Une nouvelle direction a pris les rênes de la société avec Richard Vacher Detournière à la présidence et Jean-Philippe Lion comme directeur général.
La messe n’est pas dite pour autant. « La société conserve de gros contrats », croit savoir un proche du dossier. Sur son dernier exercice, l’entreprise affichait un passif de 14,3 millions d’euros dont 5,6 millions exigibles, pour un chiffre d’affaires de 10,2 millions d’euros et 90 salariés. Contactés, l’administratrice judiciaire chargée de ce dossier n’a pas répondu à nos sollicitations tout comme le dirigeant de Tehtris.
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