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Continuer la lectureCybersécurité : l’entrée d’un fonds américain chez HarfangLab mobilise Bercy
Offre professionnelleCette pépite de la French Tech qui a misé sur la souveraineté de sa technologie pour attirer de nombreux clients de la sphère publique cherche à ouvrir son capital à un fonds originaire de Boston.
Sensible, le dossier est remonté jusqu’à Bercy. HarfangLab, start-up créée en 2018 par des anciens de la Marine nationale et de l’Anssi, s’est forgée une solide réputation dans la cybersécurité en misant sur la souveraineté de sa technologie. Financée en 2023 par une importante série A de 25 millions d’euros alimentée par le Crédit Mutuel Innovation, MassMutual Ventures et Elaia, elle a intégré la promotion French Tech 2030 et a remporté un appel à projets dans le cadre de France 2030. Sa plateforme est un EDR (Endpoint detection and response), nommé Hurukai, qui analyse et repère les intrusions au travers de comportements anormaux des différents terminaux connectés à un réseau informatique. L’outil s’est fait une place de choix dans les collectivités, les ministères - notamment celui des Armées - ou dans des grands groupes tricolores comme Thales. Même le gendarme allemand de la cybersécurité, le BSI, vient de le certifier en début d’année. Avec la moitié de ses clients issus de la sphère publique, la jeune pousse de 130 salariés revendique un revenu annuel récurrent de l’ordre de 20 millions d’euros et vise l’équilibre financier en 2026.
Compte tenu de cette position stratégique, l’entreprise, dirigée par Grégoire Germain, se retrouve aujourd’hui au centre des préoccupations car un nouvel investisseur, étranger, est prêt à prendre une part minoritaire mais significative. À l’occasion d’un processus piloté par la banque Rothschild & Co, PSG Equity s’est en effet imposé face à Bridgepoint et à Sagard, a appris l’Informé. Ce fonds originaire de Boston, ici conseillé par Lazard, aurait valorisé HarfangLab entre 150 et 200 millions d’euros et compte notamment racheter l’intégralité des parts de son compatriote MassMutual Ventures. Il s’inscrira ainsi aux côtés d’Elaia, mais aussi de Bpifrance, la banque publique ayant décidé d’apposer son sceau en investissant dans la jeune pousse.
Par ailleurs, Bercy et son service de l’information stratégique et de la sécurité économiques (SISSE) se sont mobilisés. L’organisme doit encore donner son accord officiel sur cette opération. Sa mission ? Préserver les intérêts de la nation lors de prise de participation ou de rachat dans les secteurs sensibles classés dans plusieurs catégories : défense et sécurité, infrastructures, biens et services essentiels (eau, électricité, télécoms…) et les activités de recherche dans l’intelligence artificielle, la robotique ou encore les semi-conducteurs. Un moyen d’éviter que des pépites tricolores ne tombent entre les mains de puissances étrangères.
Le sujet a pris une tournure politique en début d’année après le rachat de LMB Aerospace, un fournisseur de ventilateurs pour les Rafale, les sous-marins lanceurs d’engins, le char Leclerc et le porte-avions Charles de Gaulle. Vendu à l’américain Loar Group avec l’aval de Bercy, LMB est devenu l’enjeu d’un combat entre le gouvernement et ses oppositions. Le RN, LFI, le PS, les communistes ou encore le groupe Liot ont dénoncé une perte de souveraineté.
Interrogé, HarfangLab confirme une levée de fonds en cours, non encore finalisée, et indique qu’à l’issue du processus, il n’y aura pas de changement de contrôle. PSG Equity n’a pas souhaité faire de commentaire.
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