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Continuer la lectureDrone Volt récupère Azur Drones à la barre du tribunal
Le rachat du précurseur des drones de surveillance autonomes bordelais permet à la société de Marc Courcelle de mettre la main sur son produit phare, le « Skeyetech ».
L’été a été décisif pour Azur Drones. Placée en redressement judiciaire le 3 juin dernier, comme l’avait révélé l’Informé, la PME girondine spécialisée dans les drones de surveillance autonomes vient de changer de main fin juillet. Selon nos informations, elle a été reprise à la barre du tribunal de commerce de Bordeaux par Drone Volt, qui a proposé le maintien d'une quinzaine de salariés, sur un effectif total de 38, et un prix de cession de 160 000 euros. Mieux disant financièrement et socialement, le constructeur de drones tricolores dirigé par Marc Courcelle a été préféré à l’intégrateur de solutions technologiques de surveillance Protec Security Systems et à la société spécialisée dans la lutte anti-drones Alta Ares, également retenus par l’administrateur judiciaire.
L’opération permet à Drone Volt de reprendre le « Skeyetech », produit phare d’Azur Drones, qui a séduit des clients comme TotalEnergies ou Amazon. Ce « drone-in-a-box », capable de décoller, d’atterrir et de se recharger automatiquement, sert notamment pour des missions de surveillance ou de routines d’inspection sur des sites sensibles (usines, chantiers...). Il est l’un des rares à bénéficier d’une homologation lui permettant de voler en Europe sous la supervision d’un simple opérateur formé, sans recourir à un pilote détenteur du CATS (certificat d’aptitude théorique de pilote à distance pour les scénarios standards), le sésame reconnu par la DGAC indispensable pour faire circuler un drone sur le continent européen.
« Azur Drones va continuer à opérer comme avant et rester avec sa propre technologie, explique à l’Informé le directeur commercial de Drone Volt Emmanuel Nabet. Il ne s’agit pas de l’intégrer à notre structure mais de la soutenir financièrement et de lui faire poursuivre sa stratégie. Nous allons en revanche développer des synergies avec nos activités et tout en accentuant nos capacités souveraines. » Les deux dronistes partagent d’ailleurs déjà quelques clients communs comme le ministère des Armées ou TotalEnergies.
Créée en 2011 et cotée sur Euronext Growth, Drone Volt a enregistré un chiffre d’affaires de 8,7 millions d’euros sur le dernier exercice pour un résultat net négatif de 13,8 millions d’euros, avec un effectif de 64 personnes. L’effondrement de ses revenus entre 2024 et 2025 (- 73 %) est lié à la fin de son contrat de distribution historique de drones civils du groupe chinois DJI, intervenue au troisième trimestre 2024. Depuis, la société, qui fournit Engie, Bouygues ou encore ADP, s’évertue à se diversifier vers des activités à plus fortes marges allant de la production en propre, à la prestation de services (via Drone Volt Expert) et la formation des pilotes (avec Drone Volt Academy). La PME a par ailleurs doublé ses fonds propres entre les deux derniers exercices, à 21 millions d’euros au 31 décembre dernier.
Avec ce nouvel adossement et l’allègement conséquent de ses effectifs - essentiellement des membres du management -, Azur Drones devrait repartir sur des bases plus saines.
En difficulté sévère depuis plusieurs mois, l’entreprise était à la recherche d’un investisseur depuis l’été 2025. Son actionnaire majoritaire, la holding financière Corely Belgium du magnat nordiste Georges Gaspard, avait procédé à plusieurs recapitalisations mais a fini par jeter l’éponge. L’entreprise s’est retrouvée en état de cessation de paiements mi-mai. Elle avait réalisé un chiffre d’affaires d’un million d’euros pour 5,6 millions d’euros de perte en 2025.