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Continuer la lectureRMC reste la machine à cash du groupe BFM
Tandis que la chaîne d’information souffre, la radio a, elle, affiché en 2025 une rentabilité très élevée, malgré le recul de ce média notamment chez les plus jeunes.
Ce lundi 24 août, RMC fait sa rentrée. Toutes les têtes d’affiche font leur retour à l’antenne : Apolline de Malherbe, Vincent Moscato ou encore les Grandes Gueules d’Olivier Truchot et Alain Marschall. Pour une nouvelle saison des plus lucratives ? Car, sans que la station vive ses plus belles heures, c’est bien elle qui sauve actuellement les comptes du groupe RMC BFM. Selon nos informations, si son chiffre d’affaires et son bénéfice se sont effrités l’an dernier, respectivement de 3,4 % et 13,6 %, la fréquence enregistre encore de solides revenus, à près de 70 millions d’euros, et d’importants profits, à 18,1 millions d’euros (selon ses comptes sociaux).
Suite à son rachat par CMA CGM en 2024, RMC a dû financer une quinzaine de clauses de cession suite au départ de journalistes, un surcoût exceptionnel qui a pesé sur ses comptes. Malgré cela, elle affiche encore un taux de marge de 26 % proche de celui d’Apple par exemple. De quoi compenser, en partie, les pertes toujours plus importantes de BFM TV, révélées par l’Informé il y a peu… et confirmer la célèbre maxime du patron de NRJ, Jean-Paul Baudecroux : « mis à part le trafic de drogue, je ne connais pas de métier plus rentable que la radio ! ».
Avec sa grille centrée sur l’information, le sport et la parole des auditeurs, RMC a capté 4,8 % du public lors de la dernière vague Médiamétrie. Sur cette période avril-juin 2026, elle devance Europe 1 (4,5 %) mais reste derrière RTL (8,5 %) dans la liste des radios généralistes dominées par France Inter (12,1 %). Si cette audience s’érode un peu chaque année depuis le plus haut atteint en 2013 à 6,8 %, l’ex-radio monégasque peut se targuer d’attirer un public plus jeune que ses concurrentes, ce que les annonceurs apprécient : elle se classe première ou seconde selon les années sur les 25-49 ans, où sa part d’audience dépassait les 8 % en 2024. Lors de la dernière conférence de rentrée, les dirigeants se vantaient que l’âge moyen des auditeurs était de dix ans moins élevé que chez ses concurrents.
Ces bonnes performances doivent lui permettre d’échapper au plan d’économies décidé par CMA CGM. Les négociations avec les élus du personnel sont prévues en septembre, avec l’objectif de baisser de 5 % les coûts du groupe RMC BFM, soit une coupe de 20 millions d’euros. Outre la vente des neuf chaînes locales de BFM, un plan de départs volontaires d’une cinquantaine de postes va être ouvert. « Les salariés de RMC ne sont pas inquiets, indique un journaliste. La direction leur a confirmé qu’ils n’étaient pas concernés. C’est surtout BFM qui sera dans le viseur et les fonctions supports. » Des propos nuancés par un autre. « Quelques journalistes n’ont pas été reconduits à la rentrée de septembre, mais sinon, la station est effectivement épargnée. »
Les équipes n’ignorent toutefois pas qu’elles évoluent dans un environnement incertain. Alors que le média radio touchait plus de 40 millions d’auditeurs chaque jour en 2020 selon Médiamétrie, ils n’étaient plus que 38 millions en 2025. La concurrence des plateformes de streaming musical comme Spotify bat son plein, avec 59 % des Français qui les utilisent en moyenne chaque mois.
Face à cela, RMC se développe fortement sur le numérique avec la création de radios digitales (RMC Gold l’an dernier) et de podcasts notamment, renforcée d’ici peu par des partenariats avec des influenceurs venus du domaine du sport et du jeu vidéo. « Si un annonceur est prêt à financer une émission autour d’une thématique, elle est créée, ajoute un élu. C’est un peu problématique car même s’ils n’interviennent pas dans le contenu, ils définissent tout de même une partie de notre ligne éditoriale ». Des projets sont aussi en cours avec les équipes de Brut, média racheté par CMA CGM fin 2025.