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Continuer la lectureLe Quotidien du Médecin, du Pharmacien… les journalistes de GPS montent au front contre leur nouveau propriétaire
Les rédactions du groupe réclament le paiement des droits d’auteur qui leur sont dus depuis mai. Et protestent contre les méthodes du nouveau patron.
Malgré la période estivale, l’ambiance est loin d’être à la fête au sein du Groupe Profession Santé (GPS), éditeur des titres Le Quotidien du Médecin, le Quotidien du Pharmacien ou encore Infirmiers.com. Selon nos informations, la délégation syndicale du groupement racheté en début d’année par Ficade...
En cause : le non-versement des droits d’auteur 2025, censés être réglés aux journalistes en mai, selon un accord d’entreprise signé en 2022. « Nous constatons ainsi que vous ne respectez pas les obligations qui vous incombent, mentionne la missive consultée par l’Informé. Nous vous rappelons que les droits d’auteur relèvent d’un accord d’entreprise et que celui-ci continue de s’appliquer malgré le changement d’actionnaire. » « Certains comptaient dessus pour partir en vacances, regrette Anne-Hélène Collin, déléguée syndicale SNJ-CGT. Les gens sont très remontés. » Les élus réclament dans leur mise en demeure un versement « sous quinzaine », sans quoi ils menacent de « saisir les juridictions compétentes et de mener les actions syndicales que nous jugerons nécessaires pour obtenir réparation, sans autre préavis ».
« Il n’y a aucune volonté de ne pas payer les droits d’auteur, mais une problématique purement technique : le cédant nous a envoyé les informations nécessaires au calcul des droits d’auteur très tardivement et les salariés ont été informés que cela prendrait plus de temps, justifie pour sa part Gaël Chervet. Les virements sont programmés et auront lieu fin juillet », assure-t-il à l’Informé. « Nous avons bon espoir qu’ils soient réglés, mais on nous dit ça depuis des semaines », indique, prudente, Anne-Hélène Collin. La somme en question représente plusieurs milliers d’euros pour les salariés concernés, et, à en croire la mise en demeure, la direction aurait indiqué lors d’un CSE que les virements seraient effectués « au plus tard le 15 juillet 2026 ». Ce qui n’a donc pas été le cas. Une date que le nouveau patron nie en bloc : « Je n’ai jamais entendu que les droits d’auteur étaient promis à cette date ». En tout état de cause, Gaël Chervet ne semble pas faire grand cas de l’action lancée par les salariés : « Je n’ai pas vraiment lu cette lettre, j’ai dû la parcourir. »
L’affaire intervient dans un contexte particulièrement tendu dans le groupe depuis son rachat. Dans un communiqué diffusé le 1er avril dernier, le CSE, la délégation syndicale et la SDJ de GPS, partageaient déjà « leurs inquiétudes et leurs préoccupations quant aux répercussions des nouvelles directives sur l’ensemble des salarié·es de l’entreprise », et dénonçaient de « nombreuses prises de décision unilatérales qualifiées de brutales par les salarié·es », une « absence de communication claire », des « discours contradictoires » ou encore des « changements récurrents de décisions et de priorités ». Et d’alerter sur « un risque pour la santé mentale et physique de l’ensemble des salarié·es » de GPS ainsi que « des manquements à l’éthique et à la déontologie professionnelle ». « L’ambiance est détestable, abonde aujourd’hui Anne-Hélène Collin auprès de l’Informé. Plus de la moitié des effectifs est déjà partie, on a l’impression de ne plus pouvoir faire notre métier dans de bonnes conditions. »
Le président du groupe Ficade indique pour sa part être « extrêmement déçu de ces départs, avec des journalistes qui utilisent la clause de cession et partent avec des montants énormes. C’est dommage, car cela casse le projet et la dynamique qu’il faut reconstruire. » Interrogé sur la brutalité dénoncée, le chef d’entreprise évoque des mesures nécessaires : « J’ai repris une société qui perdait beaucoup d’argent, sans que rien ne soit fait pendant des années, poursuit le nouveau boss. Alors on peut trouver que c’est brutal, mais aujourd’hui nous sommes sur des projets d’avenir. » Ficade a en effet récupéré une société en bien mauvaise santé financière : de 2021 à 2024, le chiffre d’affaires de l’entreprise avait chuté de près de 33 %, passant de 20,6 millions d’euros en 2021 à 13,9 millions d’euros en 2024. Le groupe ne cessait également de creuser ses pertes, à hauteur de 15,7 millions d’euros en 2023 et de 6,2 millions d’euros en 2024. Pour redresser la barre, Chervet évoque notamment une multiplication par 8 des émissions sur BSmart consacrées à la santé, ainsi que des projets d’évènements comme un sommet sur la santé.