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Cybersécurité : le chasseur de bugs Yogosha cherche un repreneur

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Malgré le soutien de Tikehau ou de Jean-Marie Messier, la start-up française spécialisée dans le « bug bounty » vient d’être placée en redressement.

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FRANK RUMPENHORST / dpa Picture-Alliance via AFP

Le chasseur de bugs n’avait sans doute pas décelé celui qui l’a mis KO : la dette. Le 27 février 2026, le tribunal des activités économiques de Paris a ouvert une procédure de redressement judiciaire à l’encontre de la société de Yassir Kazar. Celle qui avait réalisé un chiffre d’affaires de 3,37 millions d’euros en 2024 a déposé le 29 janvier dernier une déclaration de cessation de paiements au greffe de la juridiction parisienne. Elle est placée depuis en période d’observation jusqu’à fin juillet. « L’entreprise est manifestement dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible », détaille la décision consultée par lInformé.

En clair, impossible de faire face à ses dettes exigibles soit 1,12 million d’euros. Cette société, soutenue par le vice-amiral d’escadre Arnaud Coustillière et directeur du pôle d’excellence cyber, a surtout été financée par le fonds Tikehau Capital (2,15 millions d’euros), BNP Paribas (200 000 euros) et la société OneRagtime de Jean-Marie Messier et Stéphanie Hospital (822 000 euros). « Yassir est quelqu’un de très intègre et a développé un produit de qualité avec une équipe sérieuse, explique Arnaud Coustillière. Malheureusement, il a fait face à une série de difficultés menant à la situation actuelle. » Spécialisé dans la traque de failles informatiques, bien souvent exploitées par des criminels ou des services de renseignements, Yogosha permet à des hackers éthiques de dénicher des brèches de sécurité pour que ses clients puissent les colmater rapidement. Leurs sites Internet, applications ou leurs logiciels sont ainsi mieux sécurisés. La concurrente de YesWeHack a déjà travaillé pour les ministères des Armées et de l’Intérieur, L’Oréal, Veolia ou encore les Galeries Lafayette. « Yogosha était en passe d’être vendue, indique un proche du dossier. Mais le processus s’est arrêté brutalement en début d’année. Un acquéreur potentiel n’avait visiblement pas les moyens de ses ambitions. Le processus a duré très longtemps et nous étions en confiance dessus. Yogosha s’est retrouvé à stade où la société a dû être placée en redressement pour protéger son activité ». Le jugement du tribunal de commerce détaille : « Un plan de continuation n’est pas envisageable mais un plan de cession le serait, notamment compte tenu des contacts en cours. » Selon nos informations, deux repreneurs sont déjà sur les rangs.

Le premier, Keyrus, est une société française présente dans une vingtaine de pays et spécialisée dans le secteur du conseil et des nouvelles technologies. Le 25 mars dernier, elle a déjà produit une « manifestation d’intérêt » portant sur le rachat, sur fonds propres, de tout ou partie des actifs de Yogosha, en soulignant « l’intérêt majeur » d’une telle reprise « pour le développement de son pôle cybersécurité ». La société estime que malgré les difficultés, Yogosha « dispose d’atouts considérables, notamment une plateforme technologique de pointe, un savoir-faire unique, un personnel compétent et profondément attaché à l’entreprise ». Son plan prévoit d’ores et déjà de connecter le portefeuille client de Yogosha avec celui de ses deux filiales spécialisées en cybersécurité (Opsky en France et Axon à Dubai) « afin d’accélérer le positionnement de l’offre Pentesting as a Service (test d’intrusion ndlr) et Bug Bounty (chasseur de failles ndlr) » , tout en développant davantage son activité commerciale au Moyen-Orient.

La seconde candidate, Créative Invest 2025 met 25 000 euros sur la table, « à titre provisoire », et souhaite reprendre dix des 22 salariés de Yogosha. Cette antenne du groupe Créative a été créée pour réaliser des investissements en matière de cybersécurité. « Le groupe est accompagné dans son développement depuis 2025 par le fonds TechLife Capital, spécialisé en santé et technologie », peut-on lire dans sa candidature. Elle possède déjà une activité de conseil en cybersécurité avec Systemis et entend elle aussi enrichir son portefeuille d’offres dans le secteur. Pour justifier la reprise de la marque, du code informatique ou encore des fichiers clients et fournisseurs de l’entreprise en difficulté, elle distribue déjà les rôles : Créative s’occuperait avec Systemis du conseil et de la supervision, tandis que Yogosha se concentrerait toujours sur les tests d’intrusion. « Une reprise de ce savoir-faire permettrait d’adresser l’ensemble des demandes en termes de conseil cyber et tests d’attaque de vulnérabilité cyber ».

Contactées, Yogosha, Creative Invest et Keyrus n’ont pas répondu à nos sollicitations au moment de la publication de notre article.

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