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Gilles Pélisson, Thomas Reynaud, Pierre-Antoine Capton... Royaltiz en déroute malgré de nouveaux investisseurs prestigieux

Depuis des mois, de nombreux utilisateurs de cette « Bourse aux célébrités » se plaignent de ne pas recevoir l’argent qui leur est dû. Pourtant, l’entreprise n’a cessé de lever des fonds depuis sa création, jusqu’à il y a peu.

Gilles Pélisson, Thomas Reynaud et Pierre-Antoine Capton, investisseurs de Royaltiz.
Gilles Pélisson, Thomas Reynaud et Pierre-Antoine Capton, investisseurs de Royaltiz.

Après Aurélien Tchouameni, Fianso ou encore Cyril Hanouna, une énième célébrité entrait officiellement au capital de Royaltiz en octobre dernier : l’horloger Richard Mille. « En tant qu’entrepreneur, j’aime soutenir des fondateurs passionnés. C’est pourquoi j’investis de manière significative dans Ro...

Un renouveau salvateur pour l’entreprise ? Pas tellement : début 2026, la plateforme a cessé son activité initiale en France, et proposé un « plan de remédiation » à ses utilisateurs. Interpellé par de nombreux clients mécontents des options de sortie qui leur étaient proposées, le collectif d’aide aux victimes d’influenceurs (AVI) s’est mêlé de l’affaire, entrant en médiation avec la société, comme l’Informé le racontait en mars dernier. La jeune pousse a donc revu sa copie, et promis de faire le maximum pour les utilisateurs. Pourtant, à ce jour, les principaux concernés n’ont toujours pas reçu les sommes promises, et leur colère continue de monter. « On devait avoir le versement en juillet, on est fin août, aucun délai d’annoncé, s’agace un utilisateur sur le Discord de la start-up. La seule chose qu’on nous dit, c’est de patienter. » Si ce chat permettait, un temps, aux membres de la communauté Royaltiz d’échanger régulièrement avec les équipes, ils peinent à y obtenir des réponses désormais : « Beaucoup se sentent méprisés par ce silence assourdissant ». regrette un utilisateur lésé. Pour lui, les causes de la déroute sont claires : « Royaltiz pensait se relancer avec les États-Unis pour nous payer, mais ça n’a pas fonctionné, analyse-t-il. Ma conviction, c’est qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses, que nous ne toucherons jamais notre dû et que la société partira en redressement judiciaire. »

Un avis partagé par beaucoup de ses compères. Plusieurs dizaines d’entre eux préparent d’ailleurs une plainte au pénal pour escroquerie, a appris l’Informé. De son côté, le collectif AVI reste dans son rôle de médiateur, mais pense déjà à la suite : « Si nous voyons que les promesses faites ne sont pas tenues, nous ne nous interdisons pas d’aller plus loin », met en garde Jean-Baptiste Boisseau, cofondateur du site Signal Arnaques et membre du AVI. Un nouveau déboire que de nombreux salariés n’attendent même pas pour quitter le navire : l’entreprise se vide de ses effectifs ces derniers mois. « Ils racontent toujours de nouvelles belles histoires, mais le modèle de Royaltiz ne fonctionne plus du tout, tranche un ancien. C’est la fin. »

Les caisses de la société, présentée par ses fondateurs à son lancement comme une « révolution sociale », seraient-elles déjà vides ? Difficile à dire : son patron Christophe Vattier n’a pas souhaité répondre à nos sollicitations. Mais une chose est sûre : au fil des ans et depuis notre premier tour d’horizon de ses actionnaires mené en juillet 2024, la plateforme a continué d’attirer une kyrielle d’investisseurs. Dès mi-2024, la structure Solhan Finances, dirigée par un certain Fabrice Abtan, commissaire aux comptes et expert-comptable de formation, a injecté 1,5 million d’euros. Puis de nombreuses célébrités ont encore afflué. À lui seul, Richard Mille a pris pour 2 millions d’euros de participation en 2025. La même année, Ru Weerasuriya, célèbre designer de jeux vidéo, a misé 1 million d’euros. Certains investisseurs historiques ont également accepté de remettre au pot, comme le banquier de Rothschild Jean-Charles Richier, le président fondateur de Be-ys Laurent Carreda ou encore le cofondateur de AR24 Guillaume de Malzac. En décembre 2025, le cofondateur du concept hôtelier Emerald Stay, Laurent Lacourt, a investi 104 000 euros.

Plus récemment, en mars dernier, la société mère de la plateforme, Manse international, a levé plus d’1,3 million d’euros auprès de quatre hommes d’affaires chevronnés. Christophe Mianné, ex-banquier star de la Société Générale, a ainsi misé 502 900 euros. Le directeur général de Free Thomas Reynaud a pour sa part mis 310 300 euros sur la table. L’ancien PDG de TF1 et actuel président d’Unifrance Gilles Pélisson a pour sa part acquis 24 actions, pour 256 800 euros. Une somme dont s’est également acquitté le très médiatique patron de Mediawan Pierre Antoine Capton. En se basant sur la valeur des actions souscrites lors de cette dernière levée de fonds (10 700 euros), la valorisation de la société monterait à 154 millions d’euros…

Interrogés sur ces tickets, la quasi-totalité des investisseurs ont préféré ne pas répondre à l’Informé. Thomas Reynaud a simplement expliqué être un « petit actionnaire » de Royaltiz, quand Pierre-Antoine Capton a confirmé « un petit investissement via [sa] holding perso ». Quant à Cyril Hanouna, actionnaire historique de Royaltiz, il a assuré ne pas connaître le sujet : « mes équipes sont sur ce dossier et je ne suis absolument pas au courant. » Pour rappel, l’animateur était devenu actionnaire pour 3,4 millions d’euros via deux compensations de créances et avait fait la promotion de la plateforme sur ses réseaux en 2024 : « Je peux vous dire, et j’en suis sur et certain : Royaltiz, c’est la nouvelle licorne. C’est une société qui va cartonner », s’était enthousiasmée la vedette.

@cyrilhanouna_officiel

J’arrive sur la bourse de talents @Royaltiz 🔥🔥🚀🚀🚀 #carriere #tpmp #padel

♬ son original - Cyril Hanouna