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Continuer la lectureLes influenceurs Thibault Garcia et Shanna Kress redressés par le fisc
Bercy reprochait aux deux stars de la téléréalité de n’avoir pas payé d’impôts sur une partie du chiffre d’affaires de leur société de blanchiment dentaire, Bbryance.
« Rends mon argent ». Il y a deux semaines, l’influenceuse Shanna Kress - de son vrai nom Alicia Cres - sortait sur sa chaîne YouTube la version complète de sa chanson adressée à son ex-conjoint, Thibault Garcia. Les deux stars de la téléréalité, qui s’étaient fait connaître lors de la première saiso...
Surtout, depuis 2019, le fisc exige lui aussi qu’on lui rende son argent. Bbryance a été épinglée par Bercy pour avoir reversé 25 300 euros à une société américaine de Shanna Kress, Just Kress LLC, basée à Miami. Une somme destinée à rémunérer l’ex gogo-danseuse pour les publicités qu’elle avait réalisées en 2017 sur ses réseaux sociaux pour la marque aux kits de blanchiment dentaire. Le fisc estimait que cette somme aurait dû être imposée en France, ou, comme le disent les fiscalistes, « retenue à la source », un dispositif qui s’applique aux opérations entre une société française et une société étrangère, pour des prestations réalisées ou utilisées en France. Il réclamait un peu plus de 14 000 euros à Bbryance, qui a contesté son redressement fiscal devant le tribunal administratif de Toulon.
Les influenceurs ont soutenu que Just Kress, bien que basée aux Etats-Unis, était une sorte de coquille vide, dirigée en réalité depuis la France. Une défense à front renversé pour justifier que le dispositif de retenue à la source ne s’appliquait pas à leur cas. Peut-être espéraient-ils échapper à toute imposition sur les sommes en question ? Les juges de première instance leur ont en tout cas donné raison, annulé le redressement fiscal et condamné l’Etat à verser 1 500 euros de frais de procédure à Bbryance. Mais le fisc a fait appel… et obtenu gain de cause. Le 16 avril dernier, la cour administrative d’appel de Marseille a considéré que rien ne prouvait que la société Just Kress disposait d’une structure stable en France, et a finalement validé le redressement fiscal.
Thibault Garcia est sous le coup d’une deuxième procédure face aux services fiscaux, comme l’a révélé Nice-Matin. Elle concerne à nouveau Bbryance, mais aussi plusieurs sociétés qu’il détient avec l’influenceuse Jessica Thivenin, avec qui il s’est marié à Dubaï en 2018 : la marque de parfums Bianochy, la société de cosmétiques Magiko App, et la SCI Jesslee avec laquelle ils détiennent des biens immobiliers à Six-Fours-les-Plages (Var). Sont également concernées deux sociétés de Thibault Garcia, Stylo invest et Le club des insolents (radiée en 2023), ainsi qu’une société civile immobilière que Jessica Thivenin détient avec sa mère. Dans cette seconde procédure, Thibault et Jessica ont contesté une décision du fisc devant la cour d’appel d’Aix en Provence, puis la cour de cassation, mais en vain. Aucun détail n’est connu, mais cela pourrait concerner un contrôle fiscal en cours, par exemple concernant la résidence fiscale du couple. Officiellement, les deux influenceurs déclarent résider à Dubai depuis 2018 environ, et Thibault a aussi lancé une marque de mode, Erroné, via une société basée dans l’émirat voisin d’Ajman, Inkorrect Trading FZE. Mais Bercy pourrait considérer qu’ils exercent des activités dans l’Hexagone, et donc qu’ils devraient y être imposés.
Le couple est l’un des plus influents du milieu de la téléréalité : Jessica Thivenin compte 6,1 millions d’abonnés sur Instagram, Thibault Garcia 4,7 millions. Les influenceurs ont annoncé leur divorce en octobre 2025. Ils restent à l’affiche de l’émission « C’est la famille », diffusée sur M6 depuis 2022. Contactés, Shanna Kress, Jessica Thivenin et Thibault Garcia n’ont pas répondu à nos sollicitations. L’avocat de Bbryance, Me Peltier-Féat, n’a pas donné suite.
Des démêlés dans l’immobilier
Jessica Thivenin et Thibault Garcia ont aussi eu des démêlés avec un propriétaire immobilier. En septembre 2017, à travers leur société immobilière JTS Immo, ils avaient signé un compromis de vente avec l’agence Paris Mer pour acheter un bien à Bandol, dans le Var. Son prix ? 650 000 euros. Le couple avait alors versé 35 000 euros à son agence en guise d’indemnité d’immobilisation. Pour que la vente soit bel et bien conclue, il devait obtenir un prêt dans les 45 jours, avec des conditions strictes : 650 000 euros maximum, sur moins de 20 ans, et à un taux inférieur à 2 %.
Un mois plus tard, les influenceurs demandent à leur banque un prêt de 945 000 euros sur 15 ans. Soit bien plus que ce qui était convenu dans leur compromis de vente. Le prêt est refusé par la banque, et la vente n’aura finalement jamais lieu.
Le propriétaire a donc assigné JTS Immo et l’agence Paris Mer devant le tribunal de grande instance de Toulon, pour récupérer l’indemnité de 35 000 euros entre les mains de l’agence. Il réclamait aussi 5 000 euros de dommages et intérêts pour « résistance abusive ». En 2020, la société de Jessica Thivenin et Thibault Garcia et l’agence immobilière ont été condamnés à verser 35 000 euros au propriétaire, ainsi que 2 500 euros de frais de procédure. Le tribunal a considéré que JTS Immo était bien responsable de l’échec de la transaction et ne pouvait donc pas récupérer son dépôt de garantie. Il a estimé que l’agence immobilière avait quant à elle commis une faute contractuelle, en n’indiquant pas au propriétaire que la demande de prêt reçue ne correspondait pas aux conditions fixées dans le compromis de vente. La demande pour résistance abusive a quant à elle été rejetée.
L’agence immobilière a fait appel, arguant ne pas être responsable du non-respect des engagements de JTS Immo. En février 2025, la cour d’appel d’Aix-en-Provence lui a donné raison, et a seulement condamné la société des influenceurs, qui devra payer 3 000 euros de frais de procédure supplémentaires. Les 35 000 euros, qui étaient immobilisés jusqu’à présent, seront bien versés au propriétaire.