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Médias - Culture

« Elle profite d’un nom très connu » : Julien Dassault attaque son ex-femme Kelly Santos

Le petit-fils de Serge Dassault reproche à l’artiste entrepreneure de toujours utiliser le patronyme du célèbre avionneur. Il vient toutefois d’être débouté de sa demande en référé.

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BENOIT TESSIER / AFP

« J’ai la chance de porter un très beau nom, inventé après la guerre, un nom chargé d’histoire. » Interrogée en 2023 dans le podcast « Patron.ne mais pas que » de BFM Business, Kelly Santos, à l’époque Kelly Dassault, reconnaissait l’influence positive qu’avait sur sa carrière le nom de famille de so...

Devant le tribunal, Julien Dassault a affirmé que son ex-femme conservait le nom Dassault sur ses papiers d’identité et sur ses réseaux sociaux pour exercer une activité « d’influenceuse », dans le but de « profiter de façon illicite et à des fins mercantiles d’un nom très connu ». Un nom « chargé d’histoire », qu’elle « ternit par ses publications », selon lui. Kelly Santos a répondu qu’étant de nationalité portugaise, elle avait fait des démarches pour modifier ses papiers d’identité mais que cela prenait du temps. Elle a indiqué avoir déjà changé son nom sur LinkedIn, commencé les démarches pour Facebook et X, et n’exercer aucune activité commerciale ou d’influenceuse. Selon elle, la procédure lancée par Julien Dassault visait uniquement à « la discréditer et lui porter préjudice », dans une « volonté aveugle de lui nuire ». Elle demandait 10 000 euros de dommages et intérêts et 1 000 euros d’amende civile à l’encontre de son ex-mari pour procédure abusive, ainsi que 3 000 euros de frais de procédure.

Le juge des référés a finalement donné raison à Kelly Santos. Il a constaté qu’elle avait bien entrepris des démarches pour changer ses papiers d’identité, et que ses publications sur Facebook, X et Tik tok mentionnant le nom Dassault étaient soit antérieures au divorce, soit non datées, ce qui ne permettait pas de démontrer un usage abusif et illicite du nom marital. Il ne lui a cependant pas accordé de dommages et intérêts pour procédure abusive, n’étant pas compétent pour le faire - cela dépend du juge du fond. Il n’a pas non plus condamné Julien Dassault à une amende civile, faute de preuve. Le petit-fils de Serge Dassault devra seulement payer 3 000 euros de frais de procédure à Kelly Santos. Il garde la possibilité de faire appel du jugement, ou d’engager une procédure au fond - mais son avocate Me Céline Cadars Beaufour ne nous a pas répondu sur ce point.

Kelly Santos et Julien Dassault s’étaient mariés en 2015 sous le régime de la communauté de biens réduite aux acquêts, et sont ensuite devenus résidents à Lisbonne. Ils avaient créé une holding à 50/50 baptisée « Maison Julien et Kelly Dassault » (MJKD), à laquelle ils avaient apporté au moins 7,6 millions d’euros. MJKD avait fondé trois filiales : Santos Dassault Renovation, spécialisée dans le bâtiment ; Santos Dassault, consacrée à l’immobilier ; et 27 Films, une société de production qui a notamment produit un clip du musicien Thylacine et édité un recueil de photos de Kelly Santos. Les trois sociétés ont été dissoutes après le divorce des associés. Tout comme le fonds de dotation qu’ils avaient créé en 2022, « Julien et Kelly Dassault », doté de 30 000 euros, et destiné à financer des bonnes œuvres dans la santé, l’éducation, la culture ou l’environnement.

MJKD détenait aussi deux biens immobiliers dans les quartiers du Sentier et de Saint Sulpice à Paris. La holding avait également investi dans plusieurs startups : dans une société qui développe des logiciels, HXN Hexagone (400 000 euros investis) ; dans le lancement de satellites via l’opérateur Kinéis (1 million d’euros) ; dans l’édition de documentaires sur les luttes sociales et les récits féministes, via Soeurcieres et sa plate-forme de streaming « On Suzane » (200 000 euros) ; dans un service de garantie locative avec SmartGarant (425 000 euros) ; et enfin dans une fintech Diversified Finance (175 000 euros d’après nos estimations), liquidée en 2024.

Contactés par le biais de leurs avocats, Me Céline Cadars Beaufour et Me Laurie Colin, Julien Dassault et Kelly Santos n’ont pas répondu à nos sollicitations.

Julien Dassault avait aussi attaqué son frère Adrien
Ce n’était pas la première fois que Julien Dassault saisissait la justice pour régler un différend familial. En 2016, il avait assigné son frère, Adrien, devant le tribunal de grande instance de Nanterre pour un conflit autour d’une villa à Deauville, acquise par leurs grands-parents maternels en 1960. Suite à une donation de leur mère, Tina Bloch, et au rachat des 50% de leurs grands-parents pour 1,35 million d’euros en 2007, les deux frères détenaient chacun, la moitié des parts de la SCI Rolexane, propriétaire de la villa. Mais en 2016, Julien Dassault saisit le tribunal pour obtenir l’autorisation de se retirer de la société. Il obtient gain de cause trois ans plus tard, mais les deux frères ne parviennent pas à se mettre d’accord sur un prix de cession. Adrien saisit alors à son tour la justice pour obtenir la désignation d’un expert. En 2022, ce dernier évalue finalement la villa à 3 millions d’euros. Adrien Dassault rachète les parts de son frère pour 1,5 million.

Contacté, Adrien Dassault n’a pas répondu à nos sollicitations.