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Immobilier

L’AMF saisie de multiples plaintes suite au rachat de Keys REIM par Atland

Une soixantaine d’investisseurs de ces fonds immobiliers, dont les participations ne valent parfois plus rien, s’estiment lésés. Keys REIM avait déjà été épinglée par l’Autorité des marchés financiers.

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Atland est dans l’œil du cyclone. Le groupe fait actuellement l’objet de multiples saisines du médiateur de l’Autorité des Marchés Financiers, a appris l’Informé de sources concordantes. Créée en 2003, cette société de gestion spécialisée dans l’immobilier gère environ 10 milliards d’euros d’encours ...

Tous s’interrogent sur les décisions de gestion concernant les fonds repris auprès de Keys REIM . De nombreux particuliers se sont vus en effet signifier soit l’effondrement de leur participation - jusqu’à zéro dans le cas des fonds KVA 2 et 3 - soit la suspension de tout rachat, c’est-à-dire l’impossibilité pour eux de récupérer leur mise, pour les fonds Keys Selection.

« Nous allons répondre à toutes les requêtes des investisseurs ; je dois reconnaître que nous n’avons pas suffisamment communiqué jusqu’à maintenant » admet Georges Rocchieta, président et cofondateur d’Atland.

La société a envoyé, début septembre, un « document d’éclairage » aux sociétés de gestion de patrimoine, par lesquelles passent souvent les particuliers, dans lequel elle assure que le rachat de Keys REIM a permis « d’assurer la continuité de la gestion des fonds et de poursuivre autant que possible leur redressement ». Atland y explique les pertes en capital par le retournement du marché, et notamment la hausse des taux d’intérêt qui renchérit le coût des opérations comportant une large part de dette, ce qui était le cas des fonds « Value Added » de Keys REIM (40 % à 60 % de dette). « Je pense que sur le temps long on peut limiter la casse, et valoriser des actifs dont la valeur est aujourd’hui affichée à zéro dans les portefeuilles » affirme le dirigeant.

L’AMF connaît déjà bien le dossier. Lors d’un précédent contrôle, deux inspecteurs de l’AMF s’étaient intéressés à la gestion de Keys REIM sur une période de 3 ans, entre 2019 et 2022, et avaient remis en mai 2023 un rapport édifiant à la commission des sanctions de l’Autorité. Dans 41 % des choix d’investissements, les instances dirigeantes de Keys REIM n’avaient pas respecté la réglementation notamment sur les limites de risques encourus. Les limiers de l’AMF avaient aussi estimé que la société avait échoué à empêcher que des intérêts contradictoires n’affectent négativement les intérêts des clients ou des fonds gérés. Ils s’étaient notamment étonné que Keys REIM ait alloué la gestion des fameux fonds KVA II et KVA III, dont la valeur est tombée à zéro, à un prestataire « dénué des compétences requises », B&C Management, et dont le bénéficiaire était par ailleurs associé avec le dirigeant de Keys REIM, Pierre Mattei, dans une autre affaire. Enfin Keys REIM n’avait pas fait état de plusieurs autres conflits d’intérêts concernant directement son dirigeant, selon le rapport.

Malgré cette longue liste de griefs, l’AMF avait conclu un simple « accord de composition administrative » avec Keys REIM et son dirigeant, plutôt que de les sanctionner. Par la suite, l’actionnaire de référence de Keys REIM , Naxicap (groupe BPCE) a revendu sa participation à Pierre Mattei en 2024, lui reprochant de lui avoir caché des éléments. Et ce dernier l’a cédée au printemps 2025 à Atland, qui a négocié avec les débiteurs pour reprendre la dette. Le prix de cession « correspondait au remboursement de la dette existante, et n’a généré aucun produit pour les actionnaires » assure aujourd’hui Atland. Pour l’instant, Atland n’a pas l’intention de se retourner contre les précédents actionnaires de Keys REIM , affirmant qu’il ne dispose d’aucun élément pour le faire.