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Médias - Culture

Comment Alix Desmoineaux et Kamil Abderrahman se sont embrouillés pour un magasin G20

L’influenceuse accuse son ex-manager - et journaliste - de l’avoir spoliée dans le rachat d’une supérette parisienne. La brigade financière et anticorruption s’est intéressée à l’affaire.

Alix Desmoineaux et Kamil Abderrahman.
Alix Desmoineaux et Kamil Abderrahman. Shootpix - ABACA / Capture d’écran chaîne Youtube Le Média

L’affaire avait fait grand bruit dans le petit milieu de la téléréalité. Fin 2022, l’influenceuse Alix Desmoineaux, 1,6 million d’abonnés au compteur, dénonçait dans une story Instagram, sans le nommer, les agissements supposés de son ex-agent Kamil Abderrahman. L’ancienne candidate des Marseillais vs le reste du monde évoquait alors des « contrats signés en [son] nom », ou encore des « preuves de virements […] sur des comptes qui n’étaient pas les [siens] » commis par son ex-ami, rencontré en 2018 sur le tournage d’une télé-réalité. Abderrahman, connu pour avoir animé l’émission de décryptage de l’actualité Salade Tomates Oignons diffusée sur Le Média, avait alors répondu, lui aussi par de longues stories sur Instagram. Il y assurait alors cela, entre autres : « Elle ment ! Jamais de ma vie je ne lui ai pris quoi que ce soit. On passait notre temps justement à lui dire de ralentir ses dépenses mais elle avait la folie des grandeurs, c’était maladif. »

En septembre dernier, le journaliste média Clément Garin révélait que l’influenceuse avait déposé plainte contre son ancien ami en mai 2024, et qu’une enquête avait été ouverte, notamment pour des faits d’abus de confiance. Selon nos informations, la brigade financière et anticorruption de la police judiciaire parisienne s’est en effet penchée sur le sujet, et a clôturé son enquête en décembre. L’Informé vous révèle les dessous de la brouille, les conclusions des enquêteurs, mais aussi le tournant inattendu qu’a pris l’affaire.

Pour tout comprendre, retour en septembre 2020. Alix Desmoineaux et Kamil Abderrahman créent ensemble une société, qu’ils appellent AK Club, dans le but d’acquérir le fonds de commerce d’une supérette G20 du boulevard Montparnasse, dans le 6e arrondissement de Paris. Le protocole de cession prévoit un paiement en plusieurs échéances. Mais au fil des mois, la relation se tend entre les deux compères. En avril 2022, l’ex-candidate de La villa des cœurs brisés explique à son associé qu’elle ne veut plus poursuivre le projet et qu’elle souhaite vendre ses parts. Mais en novembre, elle apprend que son partenaire, à son insu, a rétrocédé au vendeur initial la totalité du magasin* pour une bouchée de pain : 123 500 euros, loin des 573 200 euros déjà injectés par AK Club dans l’affaire. Pire encore : alors qu’elle avait apporté l’essentiel des fonds - 329 287 euros - c’est Kamil Abderrahman qui a récupéré 100 % du fruit de cette revente à vil prix.

Devant les enquêteurs, l’intéressé a reconnu les faits, tout en tentant de les justifier. D’abord, il indique qu’il n’avait « plus les moyens de continuer de payer (...) pour acquérir le supermarché G20 », que le conflit avec son ex-amie « les empêchait d’avoir une discussion rationnelle à ce sujet », et, qu’enfin, le gérant du supermarché lui aurait évoqué une clause du protocole d’achat stipulant la « perte de ’tout ce qu’ils avaient payé’ » si lui et son associée « ne remplissaient plus les conditions du protocole ». En clair, par cette vente, le journaliste suivi par plus de 100 000 followers sur Instagram et X aurait tenté de « limiter la casse » autant que possible.

Suite à ces faits, l’ex-agent d’influenceurs a été convoqué devant le tribunal judiciaire de Paris le 21 janvier dernier, via une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC). Cette procédure, également appelée « plaider-coupable », permet de juger rapidement l’auteur d’une infraction qui reconnaît sa culpabilité. Mais il semblerait que les juges aient considéré le dossier plus complexe qu’il n’y paraît : l’affaire n’a pas été plaidée puisque le parquet a demandé un supplément d’information, annulant toute poursuite contre Kamil Abderrahman. « Nous accueillons avec beaucoup de satisfaction et de soulagement la réouverture de l’enquête, indique à l’Informé le conseil du journaliste, Me Nabil Boudi. La justice déterminera notamment si mon client a pu être également victime, notamment d’autres acteurs autour du dossier. » De leur côté, les avocats d’Alix Desmoineaux, Céline Bekerman et Antoine Cadeo, nous ont fait parvenir cette réponse : « La réussite de notre cliente a suscité des convoitises. Elle en a payé le prix. Il est temps que les responsables répondent devant la justice ». Les deux parties ont également été invitées à se rapprocher afin de trouver un accord.

*Le protocole d’achat du G20 par AK Club prévoyait que l’essentiel du prix de vente soit versé sous la forme d’un apport en compte courant d’associé. C’est ce compte courant d’associé, assimilable à une créance, que le propriétaire initial du magasin a racheté pour 123 500 euros.

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