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Continuer la lecture« J’ai été trahi » : le conflit s’envenime entre Stéphane Bern et son associé
Depuis 2024, le célèbre animateur et son plus proche collaborateur s’affrontent par tribunaux interposés. L’affaire pourrait bientôt être portée au pénal.
C’est une histoire de confiance perdue, d’amitié qui vole en éclat… et de gros sous. Avec, d’un côté, Stéphane Bern, animateur hyperactif, comédien, créateur d’une ligne de vêtements en partenariat avec la SPA, youtubeur à ses heures perdues et, last but not least, candidat de la dernière saison de D...
Pourtant, force est de constater aujourd’hui que l’histoire est (très) loin d’être jolie. Depuis deux ans, les associés s’affrontent sans relâche devant les tribunaux, comme l’Informé l’a déjà révélé ici ou là. Kisayang, majoritairement contrôlée par Gaël Richard qui détient 51 % du capital (Stéphane Bern en possède 49 %), est désormais en sauvegarde judiciaire. Quant à Gotha Conseil, société historique créée par le présentateur télé en 1996 pour recueillir les fruits de ses prestations d’animateur et dont Gaël Richard est devenu associé en 2017, elle a été placée en liquidation judiciaire. Le dossier, aux nombreuses ramifications, est passé entre les mains de juridictions diverses et variées : tribunaux de commerce de Chartres et de Paris, Cour d’appel de Versailles, Conseil des prud’hommes de Chartres… et pourrait même, selon nos informations, bientôt connaître un volet pénal.
C’est en 2024 que les choses dégénèrent entre les deux hommes. La raison ? Sans surprise, les versions divergent. Selon Gaël Richard, le différend d’origine porte sur le salaire d’une employée de Gotha Conseil. Dans le cadre d’une mise à disposition de personnel, la salariée, en plus de ses missions pour Gotha Conseil, a travaillé pour le bénéfice de Collège Royal. Cette deuxième société gère les produits dérivés du Collège royal et militaire de Thiron-Gardais, racheté par Stéphane Bern en 2013. Pour ses prestations, Gotha Conseil a émis une facture de près de 30 000 euros… que Collège Royal, contrôlée par Bern, aurait tout simplement tenté de faire annuler, accuse le financier : il s’y serait opposé et la brouille aurait ainsi démarré. « Cela revenait à escroquer Gotha Conseil, et j’ai refusé de commettre cet acte illicite », conclut l’homme d’affaires auprès de l’Informé.
Dans cette affaire, le tribunal de commerce de Chartres a condamné Collège Royal à verser à Gotha Conseil le montant de la facture le 28 janvier dernier. Pour récupérer cette somme, une saisie a été effectuée sur les comptes de l’entreprise en avril 2026, mais n’a permis de recouvrer que 640 euros. Un montant qui a mené Gotha Conseil à demander le placement en redressement judiciaire de Collège Royal, estimant que la société était en cessation de paiements. Une audience en ce sens a d’ailleurs eu lieu le 9 juillet dernier.
Interrogé, Stéphane Bern balaie auprès de l’Informé un épisode « totalement accessoire », et propose une toute autre lecture de la situation. « On croit toujours que ça n’arrive qu’aux autres, s’attriste l’animateur. La notoriété attire les regards et expose forcément à des désagréments au rang desquels le plus douloureux est sans doute la trahison. Comme d’autres avant moi, j’ai été trahi par un ami de quarante ans qui a abusé de ma confiance. » Le chouchou des téléspectateurs explique avoir, des années durant, « laissé à Gaël Richard tout pouvoir pour gérer » ses affaires, à tel point que son compère aurait pris « le contrôle de tout, jusqu’à la marque Stéphane BERN, déposée au nom de Kisayang, tout cela au grand dam de [son] entourage et des chaînes ou partenaires pour lesquelles [il travaillait] ». Le présentateur raconte avoir fini par constater que « la situation était totalement déséquilibrée » et qu’il ne percevait « pas les justes fruits de [son] travail dont Gaël Richard s’était octroyé le bénéfice en toute opacité puisqu’iI avait tout pouvoir ». Des circonstances qui ne lui auraient laissé d’autres choix pour « se libérer » que de démissionner en juin 2024. La suite ? « Gaël Richard n’a pas supporté que je mette fin à cette manne et, avec l’argent gagné qu’il a accumulé dans les sociétés, il multiplie les procédures contre moi pour me nuire professionnellement et financièrement », conclut l’amoureux du patrimoine.
Une chose est sûre, les anciens amis ne retiennent plus leurs coups. Stéphane Bern a attaqué Gotha Conseil et Kisayang devant le conseil des prud’hommes de Chartres, espérant, d’abord, être reconnu comme salarié de ces structures, avant de faire requalifier sa démission en licenciement abusif. Après deux jugements en référé puis en appel, la juridiction a statué sur le fond de l’affaire en avril dernier. Et si la star du petit écran réclamait près de 3,9 millions d’euros de rappels de salaire, d’indemnités pour licenciement sans cause réelle et sérieuse ou encore de frais professionnels, il n’a obtenu qu’environ 230 000 euros. Un montant similaire à ce que lui avait accordé le conseil des prud’hommes dans son premier jugement en référé, et qu’il avait par la suite fait saisir sur les comptes de la société. Dans le détail, le tribunal a estimé que Stéphane Bern avait bien un contrat de travail avec Gotha conseil, mais pas avec Kisayang, contrairement à ce qu’il avançait. « Le conseil des prud’hommes a reconnu mes droits bafoués de salarié », se réjouit Stéphane Bern, qui a toutefois fait appel d’une partie de la décision. De même que les AGS, qui estiment, en revanche, pour leur part, qu’aucun contrat de travail ne le rattachait à Gotha Conseil. Selon nos informations, sa proche collaboratrice Ségolène Danton s’est également engagée dans une procédure prud’homale contre les sociétés en question.
Un autre volet judiciaire se jouera bientôt devant le tribunal des affaires économiques de Paris. Il a cette fois-ci été initié par Gaël Richard, via Kisayang, contre Paris Le Perche productions, la nouvelle société créée par Stéphane Bern. Accusé d’avoir détourné à son profit et à celui de sa nouvelle structure les contrats préalablement conclus par Gotha ou Kisayang, l’animateur se voit réclamer plus de trois millions d’euros, en réparation de supposés préjudices financiers et moraux ou encore de « marges manquées » sur les émissions Escapade viennoise, Le Monument préféré des Français ou encore sur la série Bellefond. Gaël Richard reproche à son ancien acolyte d’avoir appelé des clients de Kisayang comme Axa, Paris Match ou encore Morgane Productions pour leur dire qu’il fallait désormais contracter avec lui et sa nouvelle société, et non plus avec Kisayang. De son côté, Stéphane Bern rejette tout comportement déloyal, et « revendique aujourd’hui le droit d’exercer [son] métier d’animateur en jouissant de la pleine propriété des attributs de [sa] personnalité, voix et image ».
En parallèle, Richard et Kisayang ont également lancé des procédures contre certains de ses clients. L’une d’entre elles, jugée en avril dernier, vise l’entreprise Timescope, avec laquelle Kisayang avait signé un contrat prévoyant l’utilisation de la voix de Stéphane Bern dans un film sur le Château de Marly. Mais la brouille entre associés est survenue avant que la collaboration soit terminée et certaines prestations ont été réglées à la nouvelle structure de l’animateur, après qu’il a indiqué qu’il ne travaillait plus avec Kisayang. La juridiction a finalement ordonné à Timescope de verser les 9 000 euros litigieux à Kisayang. De la même façon, la société Financière trésor du patrimoine, qui avait signé un contrat avec la société de production pour pouvoir utiliser la marque Stéphane Bern dans la commercialisation de médailles, a été condamnée en mai dernier à verser 57 000 euros à Kisayang. « J’ai dû, pour protéger les intérêts de Kisayang, lancer des injonctions de payer qui lui ont été accordées par la justice », assume Gaël Richard, interrogé sur ces procédures. De son côté, Stéphane Bern accuse son ancien ami d’avoir « osé faire facturer par ses sociétés, postérieurement à ma démission, mes prestations comme si de rien n’était, alors que j’avais cessé toute collaboration ».
Dans ce conflit qui ne cesse de s’envenimer, les deux parties assurent maintenant étudier de possibles procédures pénales. « J’ai subi pendant deux ans et demi, on m’a traité de traître… L’expression punishment and banishment a pris tout son sens dans mon cas, relate Gaël Richard. Alors, même si je n’ai pas de hargne, j’irai au bout. Je veux juste que justice soit faite. » Il entend même lancer une nouvelle procédure civile, s’estimant lésé en tant qu’associé. En face, Stéphane Bern indique avoir « fait le deuil de cette ancienne amitié », et refuser de « vivre sous la menace d’une personne qui veut continuer à profiter des fruits de [son] travail. »
Droit de réponse de Gaël Richard
L’article du 24 juillet 2026, intitulé « “J’ai été trahi” : le conflit s’envenime entre Stéphane Bern et son associé... », appelle de ma part un droit de réponse (Loi du 29 juillet 1881) pour apporter les précisions factuelles qui suivent. Dans le contentieux opposant la société COLLEGE ROYAL à la société GOTHA CONSEIL dont je suis le président (et non l’associé comme le mentionne l’article), mon intervention n’a visé qu’à mettre cette dernière et moi-même à l’abri de toute éventuelle responsabilité pénale au titre de ce qui aurait pu être qualifié de prêt illicite de main-d’œuvre. S’agissant du contentieux opposant la société PARIS LE PERCHE PRODUCTIONS à la société KISAYANG dont je suis également le président, je précise qu’aucune facturation n’a été émise en violation des droits de qui que ce soit, conformément aux engagements contractuels de cette dernière dont je me suis assuré du respect. Par ailleurs, dans le cadre de mes fonctions de président de la société GOTHA CONSEIL, loin de toute rémunération qui n’aurait profité qu’à moi seul « en toute opacité », je tiens à souligner que, sur les conseils d’avocats et d’experts-comptables, j’ai mis en place de manière concertée et communément acceptée un dispositif d’optimisation fiscale et sociale alliant rémunérations et dividendes qui a permis d’obtenir des rémunérations et avantages fiscaux non négligeables. Enfin, indépendamment de toute « trahison » que je réfute formellement, je précise n’avoir jamais empêché de travailler aucun associé des sociétés engagées dans les litiges évoqués dans l’article. Pour ma part, je souhaite que ces litiges soient tranchés sereinement par la justice, dans le respect des droits de chacun.