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Médias - Culture

Stéphane Bern perd une bataille dans la guerre contre son associé

L’animateur bientôt à l’affiche de Danse avec les stars est en conflit avec Gaël Richard depuis plus d’un an. Il vient d’essuyer une défaite à 232 000 euros.

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ELIOT BLONDET / AFP

Laure Manaudou, Juju Fitcats, Angélique Angarni-Filopon… Depuis deux semaines, l’émission Danse avec les stars officialise le casting de sa quinzième saison. Chanteurs, acteurs, influenceurs… Le programme de TF1 brasse large afin d’attirer le grand public. Parmi les plus belles prises cette année ? Stéphane Bern. L’habitué du classement des personnalités préférées des Français du JDD - il trustait la 48e place dans l’édition 2025 - foulera bientôt le parquet de l’émission culte. À coup sûr, il ne laissera rien transparaître à l’écran mais côté coulisses, l’animateur a des pépins. Depuis plus d’un an, le célèbre présentateur de Secrets d’histoire mène en effet un combat acharné contre son associé, Gaël Richard. Devant la Cour d’appel de Versailles, il vient de perdre une manche.

Pour comprendre leur conflit, il faut remonter à 2016. Les deux hommes, amis de longue date, montent alors la société de production Kisayang. En 2017, celle-ci rentre au capital de Gotha Conseil, la structure historique de Stéphane Bern qui s’occupe notamment des prestations de la vedette. Mais les choses s’enveniment au printemps 2024. Sans qu’on ne connaisse vraiment l’origine du conflit, Stéphane Bern en vient même à attaquer ses propres sociétés devant le conseil des prud’hommes de Chartres. En référé, synonyme de procédure d’urgence. La suite lui donne raison : le 22 octobre 2024, la juridiction condamne les deux entreprises à lui verser solidairement plus de 232 000 euros. La somme comprend des provisions sur salaire, des indemnités compensatrices de congés payés mais aussi le remboursement de frais professionnels. Il la touche via des saisies sur les comptes des entreprises.

Gaël Richard, par la voix des deux sociétés, fait appel de la décision. Mais avant que cet appel puisse être jugé survient un nouveau rebondissement : en avril 2025, Kisayang se retrouve en procédure de sauvegarde, et Gotha Conseil, en redressement judiciaire. En juin suivant, la situation empire et Gotha Conseil est finalement placée en liquidation judiciaire. Le 3 décembre dernier, la cour d’appel de Versailles s’est finalement penchée sur la décision du conseil des prud’hommes de Chartres… et l’a infirmée en tous points. La juridiction n’a pas adhéré à l’argumentaire du comédien star de la série Bellefond, selon laquelle depuis 2018, il ne serait plus qu’un simple employé des deux sociétés et non pas leur gérant, ce qui lui a permis d’agir devant les prud’hommes. Dans le jugement, Stéphane Bern précise qu’il « conteste avoir piloté les sociétés » présidées toutes les deux par Gaël Richard, et explique s’être contenté « de donner son avis ou de formuler des remarques ou observations sur l’aspect éditorial ou artistique des projets, laissant son employeur négocier, rédiger et signer les contrats, et arbitrer quand c’était nécessaire ».

Une théorie réfutée par son ex-partenaire, mais aussi par le mandataire liquidateur de Gotha Conseil, pour qui il s’agirait bien d’un conflit entre associés, relevant du tribunal de commerce. Le régime de la garantie des salaires (AGS), intervenant au procès, a également fait valoir que « c’est par stratégie qu’il (ndlr : Stéphane Bern) a abandonné son statut de mandataire social pour celui de simple salarié ». Dans leur argumentaire pour remettre en cause le jugement rendu par le conseil des prud’hommes en référé, Gaël Richard ainsi que le mandataire liquidateur de Gotha Conseil se sont appuyés sur le fait que le statut de salarié de Stéphane Bern ainsi que son possible « coemploi » entre les deux sociétés étaient fortement remis en doute. Et le juge de référé étant le juge de l’évidence, il n’était selon eux pas possible qu’il se prononce sur l’affaire…

La cour d’appel a donc finalement souscrit à leur vision, indiquant qu’il n’y avait pas « lieu à référé sur l’ensemble des demandes » de Stéphane Bern. Contacté, Gaël Richard s’est satisfait de la décision, indiquant que son ex-ami allait désormais devoir « entièrement rembourser les sommes qu’il a saisies », et que ses avocats allaient « faire le nécessaire pour les récupérer ». Évoquant d’autres « procédures en cours », il ajoute : « Je ne baisserai pas les armes. Normalement, entre amis, on doit toujours pouvoir discuter, mais ça n’a pas été le cas. Cette rupture est brutale et difficile à vivre. » Moins loquace, Stéphane Bern nous a fait parvenir cette réponse : « Il n’y a pas de raison pour moi de m’exprimer sur un référé qui est une décision provisoire et qui ne préjuge pas de la décision que prendront les juges sur le fond de l’affaire. » Une audience sur le fond devrait avoir lieu au début de l’année 2026.