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Continuer la lecturePiratage : l’Arcom démarre sa Coupe du monde du blocage des adresses IP
Après un premier test lors de Roland-Garros, le régulateur a demandé ce lundi soir à Orange, Bouygues, Free et SFR d’empêcher l’accès à 55 adresses par lesquelles transitaient des diffusions en IPTV du match Espagne-Cap-Vert.
Une petite révolution dans la lutte anti-piratage s’est déroulée ce lundi soir, peu avant 18 heures. À quelques minutes du coup d’envoi du match Espagne-Cap-Vert, l’Arcom, l’Association pour la Protection des Programmes Sportifs (APPS) et les quatre grands fournisseurs d’accès à Internet (FAI) frança...
Cette initiative a été préparée de longue date par les différents protagonistes. Le 27 mai 2025, l’APPS (qui compte parmi ses membres beIN Sports, Canal+, Eurosport, La Chaîne L’Équipe, TF1, France Télévisions ou encore la Ligue de Football Professionnel) a signé un accord secret avec les principaux FAI français. L’objectif est d’accompagner le déploiement de cette technologie, notamment dans ses volets opérationnel et financier, mais aussi de fixer les responsabilités dans l’hypothèse d’un surblocage, ces cas où des sites licites sont les victimes collatérales d’un blocage car hébergés sur le même serveur. Lors du premier test réalisé le 28 mai dernier à l’occasion du tournoi de tennis de Paris, l’opération a été un succès selon tous les intervenants contactés. « Nous avons testé 10 adresses IP dont on a programmé le blocage à 11 h 15 » indique l’Arcom. À cette occasion, plusieurs expériences techniques ont été effectuées comme des levées de blocage programmées en cours de route ou encore une simulation de « problème serveur » suivie d’un « déblocage automatique ». Une « opération réussie », insiste l’autorité indépendante. Du côté des FAI, SFR n’a pas répondu à nos sollicitations et les autres fournisseurs n’ont pas souhaité commenter officiellement, mais dans leur entourage, les langues se délient pour confirmer ce bon déroulé.
Sur le terrain juridique, le blocage de ces 55 premiers serveurs durant la Coupe du monde 2026 a été rendu possible grâce à l’assignation en mai dernier par beIN Sports des principaux fournisseurs d’accès (Orange, SFR, SFR Fibre, SFR Réunion, Free, Free mobile et Bouygues Telecom, et les FAI ultramarins Outremer Télécom, Dauphin Télécom, Canal+ Télécom, Digicel Antilles françaises Guyane, Telco OI, Zeop, United Télécommunication Services Caraïbe, Nautile et Offratel). Le 3 juin, la chaîne a obtenu du tribunal judiciaire de Paris le blocage de cinq sites et services d’IPTV (19912-zoo.dn-4kott.com, 40489-wage.dn-4kott.com, bjbiqkcw.icebok.net, sports-rope.top et xuperlive.com). C’est à partir de ce jugement qu’elle a pu dans un second temps se retourner vers l’Arcom, comme le lui autorise l’article L333-10 du Code du sport. Elle lui a donc demandé l’extension de ces premières mesures de restrictions à une liste noire d’adresses IP.
Durant toute la Coupe du monde, qui durera jusqu’au 19 juillet 2026, le grand test du blocage IP va se poursuivre, en association avec une arme beaucoup plus traditionnelle, celle visant les seuls noms de domaine le blocage des DNS (Domaine Name System, système de nom de domaine). Et selon nos informations, quelque 200 noms ont déjà été bloqués depuis le début de la compétition. En attendant le vote de la loi relative à l’organisation du sport, qui doit accélérer considérablement les procédures, l’APPS est encore et toujours tenue de faire transiter ses listes entre les mains de l’Arcom pour vérification, avant transmission chez le FAI. Pour l’occasion, l’autorité a mis 12 agents sur le coup, travaillant en roulement, puisque les matchs de foot n’ont pas lieu durant les heures de bureau.