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Continuer la lectureLe combat d’Erik Tegnér pour obtenir la carte de journaliste
Recalé par la commission chargée de l’attribuer, du fait de son statut de directeur, le patron du magazine Frontières a saisi la justice. Pour l’instant en vain.
C’est une question qui revient au gré des polémiques : est-ce que tel ou tel journaliste peut se prévaloir de la carte de presse ? Signe de l’importance symbolique qu’attribue le grand public à ce document professionnel. Et Erik Tegnér l’a bien compris : depuis plus de deux ans, le président du magaz...
Mais selon nos informations, le tribunal administratif de Paris vient de doucher ses espoirs dans un jugement du 7 novembre. Pour cause : si sa demande a été rejetée par la CCIJP, c’est pour une question de statut. Les critères de la commission sont clairs : il est impossible d’avoir le statut de journaliste professionnel lorsqu’on est employeur, avec les mandats de représentation et les responsabilités juridiques induits. Or, au-delà de ses reportages, Erik Tegnér est directeur de la publication, seul gérant de son média. « Il cumule les deux fonctions, et dans ces cas-là, nous avons un principe de prépondérance de la qualité de dirigeant, c’est une décision que l’on prend régulièrement dans ce type de dossiers », affirme Bénédicte Wautelet, présidente de la CCIJP. Celle-ci indique qu’il existe une carte de « directeur - ancien journaliste », « un droit de suite pour des journalistes ayant au moins deux ans de carte de presse à leur actif, et qui évoluent vers des fonctions de directeur ». Mais Erik Tegnér n’a jamais été employé auparavant dans un média où il aurait pu obtenir le sésame de façon classique, selon lui.
« Le cadre réglementaire actuel oblige pour l’obtention de la carte de presse de prouver un lien de subordination avec un supérieur, privant de fait un propriétaire de média de l’obtenir, regrette Erik Tegnér, questionné par l’Informé. C’est un règlement aberrant alors que mon activité journalistique est réelle, et que j’ai pu réaliser notamment de nombreux reportages dans des zones compliquées comme en Mauritanie. » L’homme de presse précise d’ailleurs qu’il passe plus de 4 heures par jour sur Europe 1 et CNews, en plus de son travail à Frontières… et écarte un quelconque rapport entre ce refus de la CCIJP et la ligne éditoriale de son journal, assurant au passage que tous ses journalistes possèdent la carte de presse.
Dans son jugement du 7 novembre, le tribunal administratif précise pourquoi les éléments apportés par le requérant ne l’ont pas convaincu. Erik Tegnér a bien assuré avoir une personne l’assistant pour les questions comptables et de ressources humaines… mais « il a lui-même signé l’attestation employeur le concernant, indiquant qu’il est employé comme directeur de la rédaction, produite à l’appui de son dossier de demande de carte d’identité professionnelle de journaliste », notent les juges. Le tribunal précise d’ailleurs qu’il n’y a pas d’obligation d’avoir la carte de presse pour exercer la pratique journalistique, écartant de ce fait le grief d’une atteinte à la liberté de travailler. Le président de Frontières confie tout de même réfléchir à faire appel de la décision. S’il arrive que des déçus saisissent la justice après s’être vus refuser la carte de presse, la présidente de la CCIJP indique que c’est relativement rare, « environ une ou deux procédures par an ».