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Médias - Culture

Playboy sanctionné pour avoir dénigré… Playboy

Depuis l’an dernier, deux magazines à l’effigie du célèbre lapin cravaté sont en kiosque. Leurs deux éditeurs se disputent l’exploitation de la marque.

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Le magazine Playboy, édition automne 2025, sera aussi le dernier pour Kanra Publishing. Un lapin pris dans les flammes vient même illustrer la situation dépeinte dans l’édito, pour le moins acide, de Jean-Christophe Florentin, directeur de la rédaction. « Voilà c’est fini. Ceci est notre dernier numé...

La peu flatteuse comparaison avec le canidé cible la société belge Kleverage, détentrice de la licence Playboy pour la France, décrochée auprès de la maison mère américaine en 2019. Alors qu’elle avait délégué ses droits en 2022 à Kanra Publishing, Kleverage a décidé de rompre ce partenariat en avril 2024 « pour faute » et a repris le contrôle de la marque afin d’éditer elle-même le magazine. Pas de quoi décourager Jean-Christophe Florentin qui a continué à diffuser « son » Playboy en laissant les lecteurs face à deux publications avec le même nom. Pourtant, il va l’arrêter aujourd’hui malgré une victoire judiciaire récente contre son ancien partenaire.

La ligne éditoriale du Playboy à la sauce Kanra est à l’origine de la brouille entre les deux sociétés. Le patron de Kleverage, David Swaelens-Kane, n’a pas apprécié la place donnée dans les colonnes du journal à des personnalités classées à l’extrême droite : le chroniqueur de CNews, Ivan Rioufol, le rédacteur en chef adjoint, Éric Naulleau ou encore Simon Collin (plus connu sous le nom de Simon Wauquiez) passé par Causeur et Sud Radio. En reprenant les rênes de la marque, le Belge n’a pas hésité à dézinguer publiquement son ex-partenaire sur le site Internet officiel Playboy.fr et ses réseaux sociaux. Il évoque « des manquements répétés et des fautes graves » de la part de Kanra Publishing. Et d’avertir « ils n’ont plus le droit de créer, publier, imprimer ou organiser quoi que ce soit en rapport avec Playboy et Playboy France et n’ont donc plus de légitimité. Nous avertissons donc nos lecteurs, nos playmates, nos amis photographes, gérants de clubs, journalistes et annonceurs. »

Malgré cela, Jean-Christophe Florentin a donc continué de publier son trimestriel alléguant avoir payé la redevance de marque jusqu’à fin 2025. S’estimant dénigré par la communication de Kleverage auprès des lecteurs mais aussi par des messages adressés à des annonceurs et distributeurs, le Français a saisi la justice en novembre 2024. Après avoir perdu en première instance de référé, Kanra a obtenu gain de cause auprès de la cour d’appel de Paris 4 décembre. Le magistrat a souligné que l’entreprise belge avait diffusé des communiqués de presse contre son partenaire « en dehors de toute décision de justice, ni introduction d’une action ». Il ajoute également que ces publications « portant atteinte aux principes régissant une concurrence loyale entre acteurs économiques » ont été faites « sans base factuelle suffisante, ni mesurer ses propos ».

Kleverage est donc contrainte de retirer de son site Internet et de ses réseaux sociaux (Instagram et X), les publications mettant en cause Kanra Publishing sous astreinte de 1000 euros par jour de retard et de publier la décision de justice dans deux titres de presse choisis par le plaignant. Pour son avocat, maître Kaufman, « cette décision souligne qu’on ne peut se faire justice soi-même ». Et d’ajouter, « la décision de la cour d’appel suit la récente jurisprudence de la cour de cassation. Elle a confirmé que la dénonciation publique d’actes de contrefaçon, en l’absence de décision de justice, est considérée comme un acte de dénigrement. Nous sommes donc raisonnablement optimistes en cas de pourvoi en cassation éventuel de notre contradicteur ». De son côté, Kleverage n’a pas répondu à nos sollicitations.

Il s’agit pourtant d’une victoire à la Pyrrhus pour Kanra puisque le contrat liant les deux ex-partenaires se termine de toute façon fin décembre. Son dirigeant, Jean-Christophe Florentin, préfère se concentrer sur la relance d’un autre magazine de charme, LUI, arrêté en 2020. Le premier numéro, avec pour rédacteur en chef Éric Naulleau, devrait sortir en février ou mars prochain.