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Continuer la lectureComment Canal+ et Vincent Bolloré ont fait naître le cinéma chrétien en France. Partie 1
Depuis 2021, la filiale de Vivendi a financé une dizaine de films d’inspiration catholique, soit la quasi-totalité de la production hexagonale en la matière. Premier volet de notre enquête en trois parties sur le développement de ce nouveau genre en France.
« Une sorte de miracle ». Steven Gunnell n’a pas d’autre mot pour qualifier l’intervention quasi divine de Vincent Bolloré et de son groupe pour sauver son projet. Mi-2024, le réalisateur de Sacré-Cœur peine à réunir les fonds nécessaires pour boucler son film documentaire consacré à une mystique du XVIIe siècle. Dans son téléphone, l’ancien chanteur du boys band Alliage converti au cinéma a le portable du milliardaire catholique depuis qu’un certain « père Guillaume » les a mis en relation. Il tente sa chance. « Il nous manquait plus de 350 000 euros pour réaliser la partie fiction, explique Steven Gunnell à l’Informé. Comme nous étions en contact avec Vincent Bolloré depuis plusieurs années, je l’ai sollicité par SMS, et il m’a demandé de voir cela avec Gérald Brice Viret », le directeur général de Canal+ France. À l’invitation du réalisateur, les deux hommes viennent le voir sur le tournage du film le 7 juin 2024, et acceptent de lui fournir la somme manquante contre le pré-achat les droits de diffusion télé. Un coup de pouce décisif qui leur vaut d’être remerciés au générique. Pourtant, à peine deux mois avant cette visite des plateaux, Vincent Bolloré jurait sous serment, auditionné par des députés, ne jouer aucun rôle dans les programmes de Canal+ : « Je ne suis plus rien dans ce groupe. Je ne mets rien à l’antenne… Je ne suis jamais intervenu dans le choix des contenus du groupe Canal, en aucune façon ».