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Continuer la lectureMeilleurtaux : grosses tensions entre les franchisés et la direction du groupe
Détenue par un fonds américain, la maison mère veut imposer une forte hausse des redevances payées par les agences.
Le torchon brûle entre les 200 franchisés du courtier en crédit immobilier Meilleurtaux et leur tête de réseau. Selon nos informations, le groupe, aux mains du fonds américain Silver Lake, a décidé de faire évoluer les contrats de franchise en alourdissant fortement la redevance que lui versent les agences pour exploiter la marque. Après plusieurs mois d’intenses négociations, les représentants des boutiques ont désormais perdu tout espoir de se faire entendre.
Selon différentes sources internes, la direction a ainsi décidé de facturer la nouvelle redevance à hauteur de 12,5 % HT du chiffre d’affaires dans la limite de 300 000 euros de revenus (les taux étant ensuite dégressifs par palier : 11,5 % entre 300 001 et 400 000 euros de chiffres d’affaires, 9,5 % entre 400 001 et 600 000 euros, 8,5 % au-delà de 600 000 euros). Une revalorisation significative par rapport aux royalties contractuelles qui couraient à ce jour : 8,5 % HT de redevance jusqu’à 200 000 euros de chiffre d’affaires (puis 7,5 % entre 200 001 à 300 000 euros et 6,5 % au-delà de 300 000 euros). « C’est bien simple, nous n’avions jamais subi une telle augmentation, explique un patron d’agence sous couvert d’anonymat. Cela est d’autant plus lourd à supporter, que le marché du crédit commence tout juste à reprendre après plusieurs années de baisse d’activité. »
D’importants surcoûts pour les franchisés du courtier
Les franchisés se verront appliquer ces nouvelles conditions au prochain renouvellement de leurs contrats. D’après leurs calculs, ces augmentations pourraient représenter 25 000 euros de charges annuelles supplémentaires pour une enseigne de taille moyenne, réalisant environ 450 000 euros de chiffre d’affaires, et 50 000 euros de surcoût pour les plus grosses boutiques enregistrant 900 000 euros de revenus annuels.
Le franchiseur a bien fait plusieurs concessions dans la rédaction des nouveaux contrats : la clause de non-concurrence sera réduite de 1 an à 6 mois pour les partants et les partages de revenus sur les primes d’assurance crédit immobilier resteront au bénéfice des franchisés. Mais la hausse de la redevance s’accompagne d’autres augmentations : les frais de renouvellement des contrats - facturés tous les cinq ans - passeront par exemple de 1 000 euros à 5 000 ou 10 000 euros selon les agences. La facturation des leads - les dossiers de clients en provenance du web adressés aux boutiques - augmenteront aussi. Ce n’est pas tout. « Toutes les enseignes vont devoir financer des travaux, estimés à 15 000 euros selon le franchiseur, pour rhabiller les boutiques avec la nouvelle charte graphique adoptée par le groupe », abonde un autre entrepreneur Meilleurtaux.
Cette mise sous tension des franchisés intervient alors que leur activité principale - le crédit immobilier - n’est plus la seule priorité de Meilleurtaux. Depuis plusieurs années maintenant, le groupe ne veut plus reposer entièrement sur ce métier historique mais développer la distribution d’assurances et de produits d’épargne (notamment via sa filiale Meilleurtaux Placements pour ces derniers). « Notre objectif est que chacun de nos grands métiers représente un tiers de nos revenus, expliquait cet été aux Echos, le nouveau président Thomas Vandeville, placé par le fonds fin 2024 suite à l’éviction de Guillaume Autier. Cela passe par de nouveaux objectifs financiers, à savoir un doublement du chiffre d’affaires à horizon trois ans et un doublement des encours dans l’épargne. ». Après avoir réalisé un chiffre d’affaires de 200 millions d’euros en 2024 pour un Ebitda de 62 millions d’euros, le groupe tablait sur une croissance supérieure à 10 % en 2025.
Contactée, la direction du groupe Meilleurtaux n’avait pas répondu à nos sollicitations au moment où nous avons publié.
Le visage de Meilleurtaux a disparu des écrans
Plusieurs cadres dirigeants, actionnaires historiques de Meilleurtaux, ont dernièrement été mis sur la touche par la nouvelle direction. Parmi eux, Maël Bernier, porte-parole de l’entreprise depuis plusieurs années. Cette dernière est arrêtée depuis le mois de juin. Selon nos informations, différentes procédures sont en cours ou en passe de l’être auprès des prud’hommes. Contactée, Maël Bernier n’a pas non plus répondu à nos sollicitations.