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Continuer la lectureTour CIT Montparnasse : la résistance des petits copropriétaires face au trio Niel-Rozenberg-Sadoun
Forcés de le quitter pour un chantier de désamiantage, de nombreux occupants du « cube » situé au pied du plus haut gratte-ciel de la capitale critiquent l’attitude des actionnaires majoritaires de l’immeuble. Et se demandent quand ils pourront revenir.
Un quartier dans le flou. ll y a une semaine, on apprenait que la dernière assemblée générale de la Tour Montparnasse avait tourné au fiasco, le principal propriétaire - La Financière Patrimoniale d’Investissement (LFPI) - ayant refusé de voter le méga-projet de rénovation à 800 millions d’euros init...
Ces derniers jours, tous ont fini par quitter les lieux ou par faire évacuer leurs locataires pour laisser place à un vaste chantier de rénovation, rendu inéluctable par la présence d’amiante dans le bâtiment. Mais ces sorties ne se sont pas faites sans difficultés : selon nos informations, une vingtaine de copropriétaires du « cube » (comme il est aussi surnommé) ont continué à occuper leurs bureaux en juin et une dizaine encore en juillet contre la décision de l’immeuble. Ces derniers contestaient la tournure prise par les opérations… « Nous avons été poussés manu militari vers la sortie sans même savoir quel projet sera finalement mené dans l’immeuble, ni quand nous pourrons réintégrer nos locaux », peste l’un d’eux qui s’insurge par ailleurs contre le fait que les derniers occupants aient vu leurs badges démagnétisés et la clim’ coupée.
Projet Lacaton & Vassal ou Renzo Piano ?
Lors d’une assemblée générale extraordinaire qui s’est tenue fin mai, la copropriété présidée par Lionel Rozenberg - ancien d’Iliad qui détient près de la moitié des droits de vote de l’immeuble aux côtés du patron de foncière Eric Sadoun et de Xavier Niel (actionnaire de l’Informé) - avait effectivement acté le début des travaux de désamiantage à compter du 1er juin. Mais cette réunion - ô combien charnière - pour l’avenir du CIT n’avait pas rassemblé plus de la moitié des propriétaires en nombre. Surtout, le devis à 7,4 millions d’euros de la société de désamiantage Neom aurait, aux dires de quelques-uns, suscité une défiance, beaucoup se plaignant de ne pas avoir pu consulter le contrat et les garanties proposées, comme ils l’avaient demandé. Autre sujet de discorde : plusieurs propriétaires n’ont pas non plus digéré l’idée que l’enseigne C&A, locataire au rez-de-chaussée de la société NRS de Xavier Niel, Lionel Rozenberg et d’Eric Sadoun, soit la seule à être autorisée à continuer à occuper ses bureaux au 3e étage, une fois les travaux de désamiantage lancés…
Pour envenimer un peu plus la situation, l’ambiguïté continue de planer sur le projet de rénovation qui sera finalement retenu pour le CIT. Il y a huit ans, alors que Niel, Rozenberg et Sadoun n’étaient pas encore dans l’immeuble, les copropriétaires avaient donné leur aval aux plans de l’agence d’architecture Lacaton & Vassal. Cette vaste transformation, à 81 millions d’euros, qui prévoyait notamment de recouvrir la tour d’une serre bioclimatique, est toujours à l’ordre du jour. Mais l’AG de mai dernier a aussi adopté la possibilité de basculer vers un autre projet, celui de Renzo Piano, présenté en novembre 2025 et poussé par les nouveaux investisseurs, englobant le plan de rénovation du centre commercial et du parking. Problème : le permis de construire lié aux plans de l’architecte italien est toujours en cours d’instruction… À ce stade, nul ne sait encore quand il sera validé par les services de l’urbanisme. Contacté, le maire du 15e arrondissement Philippe Goujon se veut confiant soulignant que « le projet Renzo Piano a été voté par le Conseil de Paris. » De son côté, la Ville nous a toutefois répondu qu’elle « ne commentera pas ce sujet pour le moment. » En attendant, un doute persiste donc : « la remise en question du projet initialement prévu sur la Tour Montparnasse aura peut-être aussi un impact sur les plans de rénovation du CIT et du Centre commercial », souffle un autre connaisseur du dossier.
Au sein du « cube » le climat est d’autant plus tendu que certains copropriétaires commencent à ne plus régler leurs charges. Ce qui pèse sur la trésorerie de l’immeuble. Lors de la dernière assemblée générale annuelle qui s’est tenue fin juin, le syndic - Atrium Gestion - a ainsi été autorisé à lancer des procédures de saisies immobilières à l’encontre de 9 sociétés détentrices de 17 lots au sein de la copropriété. Du jamais vu dans l’histoire de l’immeuble. Selon les différentes résolutions votées, les bureaux ont été mis aux enchères pour des prix allant de 43 000 euros pour 1 lot à 310 000 euros pour 2 lots.
Contactés, Lionel Rozenberg et Xavier Niel n’avaient pas répondu à nos sollicitations au moment où nous avons publié notre article.