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Continuer la lectureLe mariage raté de Flora Ghebali dans le conseil aux entreprises
En 2023, la « Grande gueule » de RMC avait annoncé la fusion de sa société avec le cabinet Brainswatt de Nicolas Beretti. Mais celle-ci a échoué et l’affaire s’est même terminée devant les tribunaux.
« La rencontre entre Coalitions et BrainsWatt est précisément de celles qui forgent une nouvelle destinée pour nos deux sociétés » : en mai 2023, les deux boutiques de conseil spécialisées dans la transition écologique et la RSE ne manquaient pas d’emphase pour annoncer leur fusion, sur LinkedIn. Brainswatt, fondée par Nicolas Beretti en 2015 et habituée à travailler pour de grands comptes comme Air France KLM, OVH ou encore Oracle, était censée basculer sous le nom de « Coalitions », l’agence fondée par Flora Ghebali en 2019, après un passage à la communication de l’Élysée. Mais les choses sont loin de s’être passées comme prévu. L’affaire s’est même envenimée au point de finir devant le tribunal de commerce : le 13 octobre dernier, les deux sociétés ont été condamnées à se verser mutuellement de l’argent.
Pour tout comprendre, retour en 2022. Les deux boutiques commencent alors à collaborer de façon informelle autour de divers projets. En juin 2023, le rapprochement s’intensifie : Flora Ghebali est nommée cogérante de Brainswatt, pour un salaire mensuel de 5 000 euros. En échange, la dirigeante, également essayiste et chroniqueuse aux Grandes Gueules de RMC-BFM doit apporter des clients à l’agence, et donc du chiffre d’affaires. L’idée étant, à terme, qu’elle devienne associée de l’entreprise. Mais la fille de Daniela Lumbroso est révoquée de ses fonctions dès février 2024. Et le mois suivant, Brainswatt assigne son ex-employée. La société l’accuse de tous les maux et lui réclame 175 000 euros : 37 000 euros d’impayés, 108 000 euros de préjudice financier suite à des actes de concurrence déloyale et 30 000 euros de préjudice moral. Dans les faits, Brainswatt accuse Flora Ghebali d’avoir téléchargé avant son départ les fichiers clients de l’entreprise, d’avoir tenté de détourner des clients, mais aussi d’avoir dénigré la boutique auprès de prospects…
De son côté, Coalitions réfute ces faits et assure avoir été victime du comportement de Brainswatt lors de leur rupture. Elle accuse l’agence d’avoir bloqué illégalement l’accès à son adresse mail professionnelle (de Coalitions), ce qui lui aurait fait perdre de nouvelles missions et aurait nui à son image. Au total, l’ex-conseillère de François Hollande réclame 55 000 euros à la structure de Nicolas Beretti, qui n’aurait pas respecté leur partenariat prévoyant sa nomination en tant qu’associée. Selon elle, sa révocation a été « brutale et unilatérale », et elle n’a « même pas pu terminer les missions qui étaient en cours ». Au global, l’essayiste estime que « l’action engagée par BW repose sur une volonté de nuire à un concurrent ».
Finalement, le tribunal a rendu ce qui ressemble à un jugement de Salomon. D’un côté, il a condamné Flora Ghebali à verser près de 18 000 euros à son ex-employeur pour sa contribution à un projet réalisé pour Amex. De l’autre, il a contraint la société fondée par Nicolas Beretti à verser 10 000 euros à son ancienne salariée « en raison du préjudice généré par le blocage des données et courriels appartenant à Coalitions ». Contacté, Nicolas Beretti nous a fait parvenir cette réponse : « Je suis très mécontent du jugement, même si la partie adverse a été condamnée, car nous avons été condamnés pour quelque chose que nous n’avons pas commis - une histoire d’informatique. Nous avons pourtant fourni toutes les preuves. » L’ex-patron indique également avoir cédé ses parts de la société, étant aujourd’hui touché par une maladie incurable. De son côté, Flora Ghebali nous a partagé sa vision de l’histoire : « Lorsque nous avons envisagé des synergies, ils avaient en apparence une volonté d’impact et puis j’ai découvert que leur seul objectif était financier alors nos chemins se sont séparés naturellement. Je ne m’attendais pas à ce qu’ils décident de me bloquer les données de l’entreprise, ce qui a d’ailleurs été reconnu par le tribunal. »