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Continuer la lectureCapgemini veut supprimer 85 postes de chercheurs en IA
Selon les syndicats, le groupe français renonce à concurrencer les géants du secteur comme ChatGPT et Claude.
Le géant Capgemini acte-t-il son retard en matière d’intelligence artificielle (IA) ? Le groupe de services informatiques, qui a signé le 29 mai avec trois syndicats majoritaires (CFDT, CFE-CGC et CFTC) un plan de mobilité interne et une rupture conventionnelle collective (RCC) prévoyant la suppression d’environ 2 400 postes, envisage, dans ce cadre, de couper 85 postes de « docteurs chercheurs en data science et IA », dont 80 dans sa filiale Altran, a appris l’Informé. Une intention a priori surprenante, dans la mesure où le géant français a dévoilé fin mai une nouvelle feuille de route stratégique qui fait la part belle à l’IA et aux agents. Les salariés éligibles ont jusqu’au 31 octobre pour déposer leur candidature.
Ces postes, dont la plupart sont basés à Paris et Toulouse, consistent notamment à « créer des modèles d’IA susceptibles de concurrencer les Gemini, ChatGPT ou autres Claude, explique Yacine Baghou, représentant syndical CGT du géant du CAC 40. La direction a reconnu que Capgemini n’était pas capable de rivaliser avec les géants comme Google, OpenAI ou Anthropic et a jeté l’éponge.» Une source de déception pour certains salariés, ce renoncement risquant de renforcer la dépendance aux grands moteurs d’IA qui facturent à la requête.
Comme nous l’avons révélé il y a quelques jours, OpenAI ouvre d’ailleurs à Paris une activité de conseil aux sociétés, qui marche sur les platebandes des entreprises de services numériques (ESN) comme Accenture ou Capgemini. « Les dirigeants ont reconnu avoir loupé le coche de l’IA générative, et veulent désormais prendre à temps le virage des agents », poursuit Yacine Baghou. Contactée par l’Informé, la direction n’a pas donné suite.
Dans un rapport présenté en mai sur les orientations stratégiques, le cabinet Sextant, expert-comptable auprès du CSE, rappelle que « la montée en compétences des salariés sur l’IA est un enjeu majeur de compétitivité dans le secteur numérique » et estime que « les efforts déployés nécessiteraient d’être amplifiés pour disposer d’une vision d’ensemble des compétences existantes et des besoins futurs, notamment sur les thématiques liées à l’IA, et en tirer des plans d’actions RH ». Dans le document que nous avons pu consulter, le cabinet constate que les indicateurs de suivi sur le sujet se limitent au nombre de formations données. Or « les formations sur l’IA générative des niveaux 0 et 1, exigées de tous les salariés, fournissent un vernis de connaissances généralistes qui peut suffire à un commercial mais pas à un consultant, estime Marc Thibout, délégué syndical CGT. Et celles de niveaux 2 et 3 ne vont pas beaucoup plus loin »
Le syndicat dénonce une solution de facilité : selon lui, la direction supprime 2 400 postes et recrute 3 600 personnes en parallèle (dans l’IA, le cloud ou encore la cybersécurité), préférant remplacer du personnel que le former à l’intelligence artificielle. Enfin, la CGT reproche à l’état-major d’avoir introduit l’outil Claude, y compris dans des services ne faisant pas partie du périmètre « pilote ». Et ce, avant même la fin de l’information-consultation sur l’utilisation de l’IA dans l’entreprise.