L'abonnement à l'Informé est à usage individuel
Un autre appareil utilise actuellement votre compte
Continuer la lectureCyril Hanouna, Matthieu Pigasse et Pierre-Antoine Capton ciblés par des lanceurs d’alerte
Dans une démarche qui visait aussi Bernard Arnault, les Pinault ou Xavier Niel, les trois hommes d’affaires sont assignés en justice pour ne pas avoir déposé les comptes de leur holding personnelle.
Ils réclament la transparence pour les puissants. L’association Lanceur d’alerte, cofondée par Alexandre et Maxime Renahy, a décidé de poursuivre en justice les holdings de grandes fortunes ne respectant pas la loi. Selon les textes en vigueur, tous devraient déposer les comptes de leurs structures a...
Mais l’histoire n’est pas terminée puisque trois autres affaires sont encore pendantes a appris l’Informé. Il s’agit des holdings de l’animateur Cyril Hanouna (V2H alias Hanouna Holding), du banquier d’affaires Matthieu Pigasse (Combat Media) et du producteur Pierre-Antoine Capton (Pac Invest). S’y ajoutent Mediawan Holding (structure de tête du groupe de production audiovisuelle) et Holdco Breteuil (entité regroupant les intérêts de Xavier Niel, Matthieu Pigasse et Pierre-Antoine Capton dans Mediawan). Les audiences sont prévues en septembre prochain devant le tribunal des affaires économiques de Paris. « Il existe une impunité judiciaire absolue et inacceptable, estime Me Renaud Portejoie, avocat de Lanceur d’alerte. Les juges sont visiblement mal à l’aise et n’osent s’attaquer à de tels mastodontes. Ils ne sont jamais poursuivis. Dotés de ressources financières importantes, ces holdings sont même prêtes à payer les 1 500 euros d’amende qui ne représentent rien pour eux. »
C’est un vieux combat des Renahy, qui avaient déjà obtenu entre 2018 et 2020 la publication des comptes des viandes Bigard, de Lactalis, de la holding des héritiers Hermès, celles des Arnault, d’Arnaud Lagardère et de Marc Ladreit de Lacharrière, soutenus à l’époque par Fabien Roussel et le site Le Media. Plus récemment, ils s’étaient attaqués au groupe antillais Bernard Hayot.
Leur démarche cherche à alerter l’opinion publique et, surtout, à faire modifier la loi afin de rendre la sanction plus dissuasive pour les grandes fortunes, en portant l’amende entre 3 et 4 % du chiffre d’affaires. Au total, treize procédures ont été lancées, financées, en partie, par des dons. L’association est assitée dans ses démarches par Maître Portejoie et Maître Octave Nitkowski.
Pour Matthieu Pigasse, cette affaire tombe au plus mal. Le banquier d’affaires laisse planer le doute sur son éventuelle candidature à la présidentielle de 2027 et c’est pour cette raison qu’il est d’ailleurs assigné par Lanceur d’alerte. Aucune de ses sociétés ne dépose ses comptes, et cette opacité pourrait jouer contre lui. Combat Media rassemble Radio Nova, le mensuel les Inrocks, ses participations dans le producteur audiovisuel Mediawan et dans le site d’information le Huffington Post ou encore celle dans les festivals Rock en Seine, We Love Green ou Golden Coast. Qui plus est, il est aussi indirectement visé au travers d’autres procédures visant Mediawan Holding et Holdco Breteuil. En revanche, n’est pas concernée à ce stade l’autre holding de Matthieu Pigasse, Combat Holding qui détenait sa participation dans Teract et vient de déposer une offre sur Fibre Excellence.
Plus atypique est le cas de l’animateur de Tout beau tout neuf sur W9, Cyril Hanouna. Baba est ciblé en tant que personnalité « qui a une influence notable dans le débat public » selon les plaignants. Il devra donc faire la lumière sur sa holding V2H. Elle possède des filiales dans l’immobilier, des participations dans le cinéma (Darka movies), les cosmétiques (Blackbox) et plus récemment dans le commerce de l’habillement, les chaussures (Padeltown). Il vient de s’associer à l’entrepreneur Guillaume Guttin dans Mediawin, une agence de communication.
Contactés, Cyril Hanouna et Matthieu Pigasse n’ont pas répondu à nos sollicitations tandis que Pierre-Antoine Capton n’a pas souhaité faire de commentaire.
Les discrets associés de Matthieu Pigasse dans les médias
Dans son groupe Combat Media, Matthieu Pigasse cohabite avec des investisseurs minoritaires. Ainsi, il ne détient que 94,9 % de Radio Nova, le solde étant notamment détenu par JF Bizot et Compagnie, holding de la famille de Jean-François Bizot, le fondateur de la station. Aux Inrocks, la participation du banquier d’affaires s’élève à 79,6 %, le solde étant notamment détenu par un associé venant d’un bord politique opposé. Il s’agit de Jean-Daniel Camus, aujourd’hui âgé de 81 ans. Cet énarque fut conseiller de Valéry Giscard d’Estaing de 1973 à 1979 au ministère des finances puis à l’Élysée, et se présenta à l’époque, en vain, aux législatives et aux municipales à Rambouillet.
Il a ensuite fait fortune dans le private equity, notamment chez LBO France. Cet associé habite aujourd’hui au Maroc après avoir été résident britannique. Actionnaire historique des Inrocks, il avait vendu sa participation en 2009 lors de l’arrivée de Matthieu Pigasse, puis remis au pot 710 700 euros, plus 779 053 euros de prêts - tous dépréciés à zéro. Cet investissement s’est fait via la société française DLB Investissement et par la holding luxembourgeoise Presse et participations SA, elle-même détenue par une autre structure immatriculée au Grand-duché, Bremonhill Investment SA, filiale d’une société immatriculée aux îles Vierges britanniques, Bremonhill Services Ltd.