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Médias - Culture

Le fonds Montefiore renfloue Federation Studios (Lucky Luke, BRI, le Bureau des légendes…)

La cession totale ou partielle du studio de production français à un nouvel investisseur prend plus de temps que prévu. En attendant cette opération, la société avait besoin de cash pour ses projets, avec plus de 60 séries et films attendus cette année.

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Il n’a pas réussi à tirer plus vite que son ombre. L’an passé, Federation Studios, coproducteur de la toute nouvelle série Lucky Luke sur Disney + (et avant cela du Bureau des Légendes ou de BRI), s’était mis en quête d’investisseurs prêts à investir 250 millions d’euros pour financer son développement et rivaliser avec Mediawan ou Banijay. La banque Morgan Stanley avait même été mandatée pour mener à bien cette opération d’envergure, pour une valorisation attendue autour de 500 millions d’euros. Mais les ambitions du cofondateur et président, Pascal Breton, ont été contrariées par un contexte économique difficile. Les plateformes diminuent leurs investissements dans les films et séries, les chaînes de télévision font la chasse aux coûts, l’heure est à la consolidation dans le secteur(Paramount racheté par Skydance et cession en cours de Warner) : les prétendants à un rachat de Federation comme All3Media (détenu par Redburn IMI basé à Abou Dhabi) et l’américain North Road ont finalement été absorbés par des groupes européens, Banijay pour le premier et Mediawan pour le second. « Cela va prendre plus de temps que prévu, mais on espère que tout se débloquera cette année », confie toutefois un proche du dossier. L’ouverture du capital est désormais prévue au second semestre 2026.

En attendant, pour financer la soixantaine de productions à son programme cette année (27 films et 29 séries dont Dustfall et Grandiose), l’entreprise a pu compter sur le coup de pouce de Montefiore, propriétaire de 35 % du capital depuis 2021 au côté de Bpifrance (5 %) et BNP Paribas (2,5 %) et Pascal Breton (43 %). Selon nos informations, le fonds français a prêté 10 à 15 millions d’euros à Federation, et négocié au passage un nouveau pacte d’actionnaires avec le président-fondateur de la société. L’accord prévoit que Montefiore puisse être co-décisionnaire dans le choix d’un nouveau dirigeant opérationnel amené à prendre à moyen terme la suite de Pascal Breton (qui fête cette année ses 67 ans). « Il s’agit d’un plan de transmission pour préparer l’avenir car Breton reste pleinement impliqué dans la société », croit savoir un proche. Le fonds n’avait jusqu’à présent que des droits d’actionnaires minoritaires. Désormais, le contrôle est détenu conjointement par Pascal Breton et Montefiore. Un changement qui nécessite une approbation de l’Autorité de la concurrence, même si cela ne doit être qu’une formalité.

Présente dans plusieurs pays (États-Unis, Italie, Espagne, Royaume-Uni, Allemagne ou encore Israël), la société regroupe une trentaine de studios de production et réalise un chiffre d’affaires supérieur à 250 millions d’euros en 2025 et vise 300 millions d’euros cette année. Avec un niveau record de production en 2026, Federation prévoit une croissance en volume de l’ordre de 10 % en 2027.

Contactés par l’Informé, Montefiore et Federation n’ont pas souhaité faire de commentaires.