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Continuer la lectureLes juteux dividendes d’Hugo Clément grâce à Quelle époque ! et Sur le Front
Les nombreuses commandes du service public ont fait exploser les recettes du journaliste-chroniqueur-producteur. De quoi se verser un joli pécule.
D’un coup, la tension monte d’un cran. Auditionné le 24 février par la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, le journaliste Hugo Clément doit se justifier de ses multiples casquettes. Coproducteur de Quelle époque ! et Sur le front sur France 2, il est également chroniqueur de l’émission de ...
Et le trentenaire démontre en effet ses talents de gestionnaire. Car Winter Productions, sa petite entreprise cofondée à 50/50 avec son associé Régis Lamanna-Rodat en 2019, ne connaît pas la crise. Entre 2021 et 2024, son chiffre d’affaires a été multiplié par sept, pour atteindre 17,7 millions d’euros, a appris l’Informé. Parallèlement, les profits ont doublé (cf. graphe ci-dessous). La marge nette a atteint 4 % en 2024. De quoi distribuer de jolis dividendes. Sur ces trois derniers exercices, sa société a versé 1,7 million d’euros que les deux actionnaires se sont partagés. Rien qu’en 2025, ils se sont alloués un montant record de 768 000 euros.
Cet essor spectaculaire s’explique par des commandes d’émissions de plus en plus nombreuses, essentiellement du service public. Tout cela a commencé en 2019 avec le magazine mensuel Sur le front (France 5) consacré à l’écologie. À la rentrée 2022 s’est ajoutée Quelle époque !, coproduite avec la société de Léa Salamé, Marinca. Deux ans plus tard, l’émission Nos grandes décisions (France 2), coproduit avec Thierry Ardisson, a été lancée mais s’est arrêtée au bout de quelques numéros faute d’audience. Initiée la même année, la Grande semaine, talk-show d’Ophélie Meunier sur M6 n’a duré qu’une saison. Enfin, à la rentrée 2025, le duo a décroché une hebdomadaire sur TV5 Monde, La Grande Galerie francophone, présentée par Ali Baddou. À cela s’ajoutent des opérations spéciales. L’an dernier, Winter Prod a produit la soirée Urgence Océan sur France 2 coanimée avec Léa Salamé, et avec l’intervention d’Emmanuel Macron. Et 2026 devrait être un bon cru également grâce au lancement d’Opération : patrimoine avec Stéphane Bern.
Enfin, Winter a aussi produit des contenus pour des entreprises. En 2024, cette activité a été logée dans une nouvelle filiale, Première saison, dont le directeur délégué est l’ancien journaliste Cyril Blanc, passé précédemment chez Ledger supervisant la production de contenus. Elle compte parmi ses clients des start-ups comme Yuka, Back market, WalletConnect, Lyv, Fairmat, Aria, Rive droite Paris et… Ledger.
En parallèle, le journaliste écolo et le producteur ont aussi lancé en 2022 Vakita, un média numérique traitant de sujets sociétaux et environnementaux, qui peine aujourd’hui à trouver son équilibre financier. Sa page d’accueil explique que le site est « en danger » et propose à l’internaute de le « sauver » en s’abonnant. Dans un récent message vidéo posté en mars, le journaliste explique aux internautes « combien c’est difficile en 2026 de financer un média indépendant qui fait de l’investigation et qui dérange ». Il égrène les coûts de fonctionnement (85 000 euros par mois), en soulignant être actionnaire non rémunéré. À cela s’ajoutent 20 000 euros par mois de frais généraux, et environ 3 000 euros de frais de tournage, sans compter des frais supplémentaires pour des opérations particulières (voyages au Groenland pour Paul Watson). « L’investigation, l’enquête, ça ne peut pas être gratuit », ajoute-t-il, en expliquant rechercher 20 000 abonnés payants à 5 euros par mois pour sécuriser Vakita.
Le site a d’abord levé 1,5 million d’euros en 2023, comme l’avait révélé l’Informé, puis 815 000 euros supplémentaires mi-2024. Le duo a pu compter sur le soutien de Jacques-Antoine Granjon (Veepee), Xavier Niel (fondateur de Free, et actionnaire de l’Informé), Marc Simoncini (Angell, Meetic), Jean-Sébastien Decaux (l’afficheur JC Decaux), la famille Parisot (meubles en kit), mais aussi le groupe audiovisuel Mediawan (qui a apporté 250 000 euros), et Artemis, la holding personnelle de la famille Pinault. « Nous avons aussi le fonds Flora et également Banijay, autre grand groupe de production, a précisé Hugo Clément devant la commission. Nous restons, avec mon associé, actionnaires majoritaires de la société (...). Ce sont des gens que l’on connaît, que l’on apprécie et avec qui nous partageons un certain nombre de valeurs ».
Enfin, si Winter Prod et Vakita sont deux sociétés séparées, elles travaillent parfois ensemble. Ainsi, en 2025, la première a développé une émission pour la chaîne YouTube de la seconde, qui compte 82 000 abonnés. Dans ce programme, 50 degrés, le trentenaire invite des personnalités dans une pièce dont la température ne cesse de monter. L’objectif est alors de sensibiliser les internautes au réchauffement climatique. Mais la promesse d’en faire une chaque mois a tourné court avec seulement deux épisodes, l’un avec McFly et Carlito et le second avec Tibo InShape et Juju Fitcats. Contactés, Hugo Clément et Régis Lamanna-Rodat n’ont pas répondu à nos sollicitations.
Une nouvelle casquette pour Hugo Clément
L’entrepreneur écologiste n’en finit pas de se diversifier. Hugo Clément vient de créer ce mois-ci HC Media, une société qu’il détient à 100 %, qui cible là encore les annonceurs. Son objet est en effet « le conseil, la communication et la stratégie de marque ; les partenariats et collaborations commerciales avec des marques, entreprises et institutions ; l’ambassade de marque et la mise en valeur de produits ou services ; les conférences et événements professionnels ; les contenus à fins commerciales ou promotionnelles ».