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Continuer la lectureLe journaliste Hugo Clément lève 1,5 million d’euros pour son site Vakita
Ce nouveau média en ligne mettra l’accent sur les sujets sociétaux et environnementaux. Il a réuni de prestigieux investisseurs.
Joli petit pactole pour une modeste échope. Alors qu’Hugo Clément lance un tout nouveau site d’information en ligne, Vakita, le journaliste télé expliquait récemment au Parisien vouloir fonctionner « en petit épicier », sans trop d’argent. Pourtant, selon des documents consultés par l’Informé, le dir...
Lancé mi-novembre, le portail s’appuie aujourd’hui sur une dizaine de personnes, dont six jeunes reporters. Moyennant un abonnement de 5 euros par mois (ou 50 euros à l’année), il donne accès à des reportages vidéos, sur la face cachée du cirque ou les corridas par exemple. Car Vakita - un nom faisant référence à l’animal marin en voie d’extinction- compte bien mettre l’accent sur les sujets sociétaux et environnementaux. Certains s’étonneront alors du profil des actionnaires choisis. Beaucoup d’investisseurs, via une de leur société, disposent notamment d’avions privés, pourtant pointés du doigt par le même Hugo Clément en juin dernier sur Twitter pour leurs émissions de CO2 : « un seul jet privé a un impact infiniment plus important sur le climat que plusieurs centaines de “ Français moyens ” », note-t-il. Le groupe JCDecaux ou François-Henri Pinault détiennent de tels appareils, comme l’a révélé @iflybernard, compte Twitter qui suit les déplacements de ces engins. Mais des sociétés contrôlées par Jacques-Antoine Granjon comme l’a détaillé l’Informé, ou encore par Xavier Niel, selon plusieurs articles de presse, en possèdent elles-aussi. « Xavier, Marc (NDLR : Simoncini) ou Jacques-Antoine, utilisent peut-être parfois des avions privés, c’est leur choix, mais ils mettent leurs réseaux, leur notoriété et leurs moyens financiers au service de nombreux combats environnementaux, souligne Hugo Clément. J’ai notamment lancé avec eux le Référendum pour les animaux, qui a permis de faire bouger les choses concrètement et qui a abouti à un changement législatif. Alors oui, ils ne sont pas exemplaires. Je ne le suis pas non plus. Mais ils changent, et s’engagent, alors qu’ils pourraient décider de ne rien faire ».
Ce n’est pas la première fois que le journaliste jongle avec les paradoxes. De janvier 2018 à mi-2019, il a travaillé pour le site d’informations Konbini. Or, ce média est détenu majoritairement par la famille Perrodo depuis mai 2018, comme l’a révélé la Lettre A en mars 2019. Ce clan a fait fortune dans le pétrole et le gaz avec leur entreprise Perenco, dont les pratiques environnementales ont été dénoncées à de multiples reprises, notamment en République démocratique du Congo, en Colombie, au Guatemala… Interrogé à ce sujet, Hugo Clément assure : « en tant que simple salarié, je n’ai pas été informé de l’entrée au capital des Perrodo. Je l’ai apprise quelques mois plus tard, quand ma décision de quitter l’entreprise était déjà prise. »
Les bons comptes de Winter Productions
Hugo Clément et Régis Lamanna-Rodat sont associés depuis 2019 à 50/50 dans Winter Productions, qui fournit les émissions Sur le front, On est en direct et Quelle époque !, diffusées sur France Télévisions. La société produit aussi des contenus pour l’entrerpise de portefeuilles de crypto-monnaies Ledger, notamment les séries How i got hacked et Down the rabbit hole. En 2021, elle a réalisé un bénéfice de 404.034 euros sur un chiffre d’affaires de 2,5 millions d’euros, permettant de distribuer 100 000 euros de dividendes à chacun des deux actionnaires.