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Médias - Culture

La Ligue 1 sur Amazon, une martingale pour l’Équipe

Grâce à la retransmission sur Prime Video de la Ligue 1 de football, la filiale 21 Production de l’Équipe touche près de 1 million d’euros par mois. Avec un joli bénéfice à la clef.

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JEAN CATUFFE / DPPI via AFP

C’est ce qui s’appelle un contrat en or. Alors qu’Amazon diffuse maintenant 80% de la Ligue 1, le géant américain a choisi une entité du groupe L’Equipe, la société 21 Production, pour commenter et animer les matchs en multiplex. Une vache à lait pour ce prestataire : l’entreprise a encaissé 5,86 mil...

21 Production a trouvé le moyen de satisfaire ses clients sans dépenser trop. À chaque match (il y en a huit par semaine environ), la société envoie une équipe de cinq personnes pour couvrir localement la rencontre. « Les chaînes de télévision n’ont jamais fait cela et préféraient suivre certains matchs depuis Paris, explique un collaborateur. Les clubs sont ravis de ce changement. » Émissions d’avant et d’après match, interviews, animation à la mi-temps… l’entreprise gère la présentation des événement avec des consultants stars comme l’ancien international Thierry Henry, et le directeur sportif du Havre, Mathieu Bodmer. À leur côté, des journalistes comme Thibault Le Rol, Julien Brun ou encore Karim Bennani, assurent les commentaires. Mais tout cela se fait à moindre coût : sur un effectif total de 35 têtes, plus de 20 personnes ont le statut de pigistes ou d’intermittents du spectacle.

Pour Amazon en revanche, l’affaire reste onéreuse… Pour quelle audience ? Mystère. La plateforme se garde bien de partager la moindre information sur le nombre de spectateurs. Seul indice : en février 2022, le cabinet NPA estimait dans son baromètre OTT à 1,8 million le nombre d’abonnés à cette offre. Une autre inconnue concerne l’implication de l’Américain dans le football français à long terme. En 2021, après le retrait en catastrophe de l’espagnol Mediapro, le groupe de Seattle avait obtenu les droits de diffusion sur 80% des matchs de Ligue 1 et de Ligue 2 jusqu’en 2024, pour 259 millions d’euros par an. Mais rien ne dit qu’il candidatera à nouveau lors du prochain appel d’offres prévu cet automne ou qu’un autre diffuseur ne vienne rafler la mise.

Un risque de taille pour 21 Production qui, afin d’anticiper, cherche à diversifier ses clients. La société s’occupe depuis la rentrée des matchs de l’EuroLeague et de l’EuroCup de basket pour la plateforme en ligne par abonnement Skweek. Créée par Fedcom Media, filiale du spécialiste des engrais et céréales, également actionnaire majoritaire de l’AS Monaco Basket, le service propose 450 rencontres en direct ainsi que leurs résumés sur sa chaîne YouTube. Fedcom est détenu par l’homme d’affaires russe Alexeï Fedorychev.

Contacté, le groupe l’Equipe indique « ne pas détailler les résultats financiers de ces différentes activités ou filiales » et rappelle que, toutes entités confondues, il « a été bénéficiaire de plus de 4 millions d’euros en 2021. Le bilan financier 2022 sera communiqué au montant de la publication des comptes au printemps prochain. » Il sera alors intéressant de scruter les résultats de la maison mère de 21 Production, l’Equipe 24/24. En 2020, cette structure qui regroupe les activités numériques et la chaîne télé du groupe perdait 14,5 millions d’euros en 2020. En 2021, elle n’affichait déjà plus que 4,65 millions d’euros de déficit. En partie grâce à Amazon…