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Médias - Culture

Plan de transformation à L’Équipe : le CSE encaisse une défaite face à la direction

Les représentants des salariés du quotidien sportif sont vent debout contre le projet de réorganisation de l’entreprise porté par Rolf Heinz.

Rolf Heinz, directeur général du groupe L’Équipe.
Rolf Heinz, directeur général du groupe L’Équipe. FRANCK FIFE / AFP

Sale temps à L’Équipe. Depuis plusieurs mois, Matthias Gurtler, le nouveau directeur des rédactions nommé en février 2025 par le DG du groupe Rolf Heinz est en arrêt maladie, et le quotidien est dirigé par un triumvirat nommé en intérim, le temps de lui trouver un remplaçant. Le dirigeant avait encai...

Le CSE s’est donc engagé dans une bataille juridique contre sa direction, comme l’avait révélé La Lettre. Les représentants des salariés ont notamment assigné la direction devant le tribunal judiciaire de Nanterre, dans le cadre d’une procédure en référé. Dans le détail, lors de l’audience qui s’est tenue le 14 janvier dernier, le CSE, soutenu par une intervention du Syndicat national des journalistes (SNJ), demandait la suspension du projet de réorganisation tant que L’Équipe n’avait pas procédé à l’évaluation de la charge de travail et des risques professionnels générés par le projet, ainsi qu’à la mise à jour du document unique d’évaluation des risques professionnels (Duerp) et du programme annuel de prévention des risques professionnels et d’amélioration des conditions de travail (Papripact).

Devant le tribunal, le CSE a notamment argumenté que « le projet litigieux [menaçait] la santé et la sécurité des travailleurs en l’absence d’évaluation de la charge de travail et des risques psychosociaux induits ». Il s’est également appuyé sur le rapport rendu par le cabinet Apex Istat qu’il avait missionné pour s’intéresser à l’affaire. L’expert y avait notamment conclu que « des risques spécifiques à certains métiers mais aussi transverses, dont la majorité de nature psychosociale, en lien avec ce projet, [avaient] été identifiés » au cours de sa mission. De son côté, la direction du journal a joué sur « l’irrecevabilité des demandes », arguant que l’action du CSE aurait dû être introduite à l’encontre de l’ensemble des sociétés composant l’union économique et sociale, et pas seulement l’Équipe. Dans une décision rendue ce 28 janvier, le tribunal a souscrit à ce point de vue, jugeant que la demande était bien irrecevable. Il a aussi indiqué que « seules les organisations syndicales » étaient recevables à invoquer « la méconnaissance par l’employeur de ses obligations en matière de sécurité et de santé des salariés ». En clair, pour le juge, ce n’est pas le CSE qui aurait dû attaquer, mais plutôt les syndicats du journal.

Dans un message envoyé aux salariés ce jour, les représentants syndicaux ont dénoncé une décision « pas cohérente », et ont insisté sur le fait que le juge ne s’était pas prononcé sur le fond de l’affaire. S’ils réfléchissent encore à la suite à donner à cette décision, les élus ont en tête leur prochaine bataille : le 11 février, ils affronteront à nouveau leur direction dans le cadre d’une procédure accélérée au fond. Elle portera sur ce que le CSE considère comme un « manque d’informations essentielles que n’a pas présenté la direction pendant la consultation ». Dans le détail, l’organe réclame des donnés sur les effectifs cibles, les organigrammes, le devenir des pigistes, les suppressions d’emplois et les formations prévues, mais aussi sur les outils d’IA et leurs effets sur l’emploi, ainsi que sur le conducteur de production.

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